Formation territoriale de la France métropolitaine
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Formation territoriale de la France métropolitaine
Statut | Historique des gouvernements de la France |
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Capitale | Paris |
Langue | Français |
Monnaie | Listes des monnaies de la France |
Population |
~ 6 000 000 hab. (en 987) ~ 39 660 000 hab. (en 1945) |
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Superficie |
~ 426 000 km² (en 987) 551 500 km² (en 1945) |
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843 | Naissance de la France et de l'Allemagne |
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1312 | Intégration de Lyon |
1349 | Première acquisition au-delà du Rhône : le Dauphiné |
1481 | Intégration de la Provence |
1526 | Perte de la suzeraineté sur la Flandre |
1601 | Acquisition de la Bresse en échange de Saluces dernière position en Italie |
1648 | La frontière de la France sur le Rhin |
1659 | Annexion du Roussillon : frontière des Pyrénées fixée |
1668 | Annexion de Lille et Douai |
1678 | Annexion de la Franche-Comté |
1766 | Annexion de la Lorraine |
1768 | Achat de la Corse |
1815 | Délimitation de la frontière de la mer du Nord à Genève |
1860 | Rattachement par plébiscite de la Savoie et du comté de Nice |
Entités précédentes :
Entités suivantes :
La formation territoriale de la France métropolitaine est le processus qui a conduit à la construction du territoire de la France métropolitaine comme nous le connaissons aujourd'hui.
La Francie occidentale issue du traité de Verdun de 843 reste longtemps stable : les premiers rois capétiens sont trop occupés à établir leur autorité dans leur royaume. Ils exploitent habilement les dissensions entre leurs turbulents vassaux et s’appuient contre eux sur l’Église et les villes. Les grands conflits avec les rois d’Angleterre sont les occasions majeures dans lesquelles le pouvoir royal s’affirme. Le rattachement au XIIIe siècle de la Normandie et du Languedoc au domaine royal sont deux étapes importantes vers l'unification du royaume.
La France perd rapidement le comté de Barcelone (Catalogne), dès la fin du IXe siècle. Le débordement au-delà du Rhône, qui reste longtemps la frontière, ne débute qu'au XIVe siècle, avec l'achat du Dauphiné. Louis XI récupère l'héritage des deux plus puissants apanages confiés à des branches cadettes de la dynastie: Bourgogne et Anjou y compris la Provence dans le Saint-Empire romain germanique (1481-1482).
Le mariage d'Anne de Bretagne avec les rois Charles VIII puis Louis XII a pour conséquence ultérieure l'union effective en 1532 de la Bretagne, considérée par les rois de France dans leur mouvance mais en pratique puissance politique autonome.
Richelieu puis Louis XIV entreprennent de 1635 à 1748 le report vers le nord et vers le Rhin des frontières du royaume. Ils cherchent à mettre en échec l’aspiration de la maison d’Autriche à l’hégémonie en Europe alors que la perte de la Flandre a dangereusement rapproché les frontières de Paris. Alsace, Artois et Franche-Comté sont annexés entre 1648 et 1697. Le duché de Lorraine reste un temps une enclave dans le royaume avant d’être lui aussi incorporé en 1766, ce qui permet, tout comme l'achat de la Corse en 1768, de consolider le territoire.
La France s'accroît temporairement sous la Révolution française et le Premier Empire de la rive gauche du Rhin. Les frontières du nord-est suscitent un débat : elles étaient restées globalement stables de 1697 à 1789 alors qu’elles ne suivaient aucune géographie particulière. Elles sont rétablies à peu près dans ses anciennes limites en 1815 par le congrès de Vienne : la France perd même quelques places fortes comme Landau ou Sarrelouis. Ces pertes stratégiques et la construction d’un puissant État allemand alimentent la réflexion des diplomates et militaires. Mais, même après sa victoire de 1918, la France ne pourra obtenir de nouveaux gains de ce côté.
Au XIXe siècle, le territoire ne connaît que quelques évolutions. Le duché de Savoie et le comté de Nice sont définitivement rattachés à la France par plébiscite en 1860. L'Alsace-Lorraine est annexée par l'Allemagne en 1871, puis redevient française en 1918.
Le Moyen Âge (843-1492) : l'unification du royaume
Les frontières entre royaume de France et Saint-Empire
La naissance de la France et de l'Allemagne
Le traité de Verdun marque en 843 l'apparition sur la carte de la France et de la Germanie. Conçu comme un partage patrimonial temporaire entre les héritiers de Charlemagne, il scelle la création définitive de deux États qui connaîtront chacun leur propre évolution[1]. Leur frontière commune se situe à l’époque approximativement du nord au sud sur l'Escaut, la Meuse, la Saône et le Rhône.
D'un côté, la première monarchie germanique s'affaiblira à vouloir reconstituer l'empire carolingien sans en avoir les moyens. En 962, le couronnement d'Otton Ier marque la création du Saint-Empire romain germanique qui comprend, outre la Germanie, le Nord de l'Italie.

De l'autre côté, la monarchie française s'affirmera lentement à partir de bases modestes pour prendre ultérieurement la première place en Europe occidentale. En 987, les Carolingiens sont évincés en France par l'élection de Hugues Capet qui impose sa dynastie. Le domaine royal des premiers capétiens se limite d'abord à une partie de l'Île-de-France[2], entre Paris et Orléans, qui en sont les villes principales. Ailleurs, ce sont les grands seigneurs qui exercent leur autorité, notamment les six pairs laïcs[2] : les ducs d'Aquitaine, de Bourgogne et de Normandie, ainsi que les comtes de Champagne, de Flandre et de Toulouse.
La limitation de la France et de la Germanie par les quatre fleuves Escaut, Meuse, Saône et Rhône reste longtemps inscrite dans les esprits. Ainsi, lorsque Louis VIII soumet le Comté de Toulouse, il cède le Comtat Venaissin à la papauté (1229). Plus tard, Philippe Le Bel soucieux de formaliser ses prérogatives, est porté à émettre des prétentions sur le Vivarais à l'ouest du Rhône ou encore sur le Barrois mouvant à l'ouest de la Meuse[3].
L'expansion du royaume de France au-delà du Rhône vers les Alpes
À la suite de l'échec de Frédéric II du Saint-Empire face à la papauté, le Saint-Empire romain germanique sombre définitivement dans l'anarchie politique au XIIIe siècle, ouvrant la possibilité aux rois de France de toutes sortes d'empiétements.
Philippe IV Le Bel rattache au royaume la ville de Lyon, ancienne capitale des Gaules et important carrefour commercial européen (1312).
Philippe VI achète le Dauphiné le , par le traité de Romans (1349).
Son petit-fils et frère de Charles V, Louis, est investi du duché d'Anjou. Il est adopté par ailleurs comme héritier par la comtesse de Provence et reine de Sicile Jeanne. Il réalise la conquête de la Provence en 1383-1384. Son petit-fils le roi René ne peut cependant se maintenir en Italie et transmet ses possessions au roi de France Louis XI : Anjou en France et Provence dans le Saint-Empire (1481).
Louis XI a la sagesse de ne pas reprendre à son compte les prétentions de René en Italie. Ce n'est pas le cas de son fils Charles VIII qui nourrit l'ambition de son rêve de domination Italienne. Pour cela non seulement il entreprend une expédition à Naples qui ne donnera aucun résultat mais abandonne préalablement à ses éventuels compétiteurs plusieurs conquêtes de son père : Artois, Franche-Comté et Roussillon.
L'affirmation du pouvoir royal face aux rois d'Angleterre
Le premier objectif des rois capétiens est de consolider leur autorité régionale autour de leur fortes positions en Ile-De-France, ce qu'ils s'efforceront de faire au cours des XIe siècle et XIIe siècle. Le principal agrandissement du domaine royal au cours de cette période est l'achat de la vicomté de Bourges en 1101 qui deviendra le duché de Berry [2].
L’extension à l’ouest contre les Plantagenêt

La lutte contre les rois d’Angleterre est l'occasion pour les rois de France d’étendre leur autorité. Ils doivent en effet faire face au formidable défi qui se présente à eux. Le duc de Normandie Guillaume le Conquérant est devenu roi d’Angleterre en 1066 par sa victoire de Hastings sur les Saxons. À l'extinction de sa lignée masculine, son héritier est le comte d'Anjou, Henri Plantagenêt, petit-fils par sa mère du roi Henri Ier d'Angleterre. Le futur Henri II va épouser, deux mois avant son accession au trône, Aliénor, duchesse d'Aquitaine, la plus riche héritière du royaume et ex-épouse du roi de France Louis VII.
Le nouveau roi d'Angleterre est donc devenu en titre le maître des deux tiers du territoire français de l'époque. Les rois de France bénéficient cependant d'atouts : le prestige et les prérogatives de leur fonction, les dissensions au sein des Plantagenêt et la difficulté de ceux-ci à se faire obéir dans le Sud-Ouest[4].
Jean Sans Terre, fils d’Henri II, crée la confusion parmi ses vassaux par son comportement irrégulier et violent. Le roi de France Philippe Auguste en profite pour lui enlever la Normandie par la prise de la forteresse de Château Gaillard en aval de Paris (1204). La conquête de cette province est primordiale, puisqu'elle accroît substantiellement les revenus de la Couronne de France. Le succès de Philippe Auguste est confirmé par sa victoire à Bouvines sur l'empereur germanique en 1214[5].
La soumission des provinces méridionales
Philippe Auguste est en fait le premier roi dont l'autorité dépasse le cadre de l'Île-de-France par l'étendue de son champ d'action et par son efficacité. Le roi soumet notamment le Vermandois, la Touraine et l'essentiel du comté d'Auvergne, les comtes se retrouvant isolés à Vic-le-comte.
Peu de temps après, le roi de France Louis VIII le Lion exploite la croisade contre les cathares [6] du Midi de la France pour imposer son autorité sur le comté de Toulouse (1229).
Cette nouvelle conquête deviendra la province du Languedoc qui comprendra jusqu'à la Révolution l'essentiel de huit des actuels départements du midi. À la faveur des troubles de la fin du Moyen Âge, le Languedoc obtiendra la mise en place de ses propres institutions : un Parlement (cour souveraine de justice) et des États (assemblée qui vote l'impôt et qui décide d’investissements collectifs).
L'accumulation des conquêtes est l'occasion pour les rois de France de doter leurs fils cadets en territoires : les apanages. Cette politique va permettre de soumettre progressivement des provinces à l’autorité royale. Car les apanages vont revenir bien souvent sans difficulté à la couronne :
- le Poitou (1271 puis 1416) et l'Anjou (1328 puis 1481), deux provinces conquises sur les Anglais par Philippe Auguste et Louis VIII Le Lion;
- l’Auvergne (1271 puis 1531).
Difficultés du royaume de France et éviction des Anglais d’Aquitaine
La politique des apanages est parfois source d’affaiblissement du pouvoir royal. Le duc de Bourgogne Philippe Le Hardi, investi par son père Jean II de France, est également comte de la très riche Flandre et utilise sa position de premier pair de France pour constituer un État puissant. Sa politique est favorisée par l’émiettement du pouvoir à la fin du Moyen Âge en France et en Allemagne. Le duché de Bourgogne donnera naissance aux Pays-Bas bourguignons (précurseurs de la future Belgique)[7]. Son fils Jean Sans Peur entre en conflit avec Louis d'Orléans frère du roi Charles VI. Il tente par une série de coups de force de s'imposer au gouvernement et s'attire progressivement l'hostilité de l'ensemble des autres princes de la famille royale : il finit par être évincé. Il s'empare en 1418 de Paris par un coup de main, forçant l'héritier du trône, le futur roi Charles VII, à s'enfuir à Bourges [8].

Philippe le Bel avait eu trois fils de Jeanne de Champagne qui avait apporté la Champagne (1284) au domaine royal. Pourtant à la mort du roi de France, c'est finalement son neveu Philippe VI de Valois qui monte sur le trône. Une nouvelle série de conflits, appelée guerre de Cent Ans, est provoquée par la prétention d'Édouard III d'Angleterre, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère et duc d'Aquitaine, à devenir roi de France. Les armées françaises subissent de lourdes défaites à Crécy et Poitiers puis plus tard à Azincourt. Amputé temporairement par le traité de Brétigny (1360), le royaume est à nouveau divisé par le traité de Troyes (1420).
Mais un nouvel élan s'incarne en Jeanne d'Arc qui oblige les Anglais à lever le siège d'Orléans (1429) : après avoir été couronné à Reims, Charles VII rentre à Paris. La Rochelle s'était d'elle-même soumise au roi de France (1371), Bayonne puis Bordeaux sont enlevées par la force aux Anglais en 1451 et 1453. La prise des points d'appui du roi d'Angleterre sur la côte Atlantique permet à Charles VII d'établir de façon exclusive sa souveraineté sur l'ensemble du Sud-Ouest.
L'Époque moderne (1492-1789) : les conflits avec les Habsbourg d'Autriche
L'intégration des derniers domaines féodaux
La Bourgogne et l'évolution des frontières suivant un axe nord-est
La succession de Bourgogne d'une part, et la volonté de prendre pied en Italie d'autre part, sont la cause d'une première série de conflits avec la Maison d’Autriche : les Habsbourg. À la mort de Charles le Téméraire, les possessions du dernier duc de Bourgogne sont partagées. Sa fille Marie de Bourgogne hérite des Pays-Bas bourguignons et du comté de Bourgogne (Franche-Comté), tandis que Louis XI reprend le Duché de Bourgogne et la Picardie (1482). Le petit-fils de Marie, l'empereur germanique Charles Quint de Habsbourg, entre en conflit avec François Ier pour la possession de la Bourgogne et par ailleurs du Duché de Milan. Cette première phase est interrompue par les guerres de religion en France, et elle n'est pas décisive pour la monarchie française.
Après sa défaite à Pavie en 1526, François Ier conserve la Bourgogne mais renonce pour toujours à sa suzeraineté sur le comté de Flandre. Les Pays-Bas bourguignons dont avait hérité Charles Quint étaient jusque-là composés de territoires français et germaniques. Par la Pragmatique Sanction, ils constituent désormais une entité politique distincte. Henri II consolide cependant les frontières du royaume de France, grâce à:
- la reprise de Calais aux Anglais (1558);
- l'occupation en 1552 des villes de Metz, Toul et Verdun qui vont constituer la province des Trois-Évêchés et une ouverture vers l'est.
L'extinction des maisons féodales
Le mariage de Charles VIII puis Louis XII avec Anne de Bretagne, puis celui de la fille de ces deux derniers Claude avec François Ier en 1514, préparent l'Union de la Bretagne à la France (1532). Cette politique permet d'éviter le rattachement du duché de Bretagne à l'empire des Habsbourg par le mariage d'Anne de Bretagne avec Maximilien Ier (qui provoque l'occupation de Nantes et le siège de Rennes par les troupes françaises), ou celui de Claude avec Charles Quint (négocié par Anne mais annulé par les États généraux). L'Empire aurait alors disposé d'un relais pour mieux assurer les liaisons entre les Pays-Bas et l'Espagne, complétant l'encerclement de la France.
Par ailleurs, l'extinction de la branche aînée des Bourbons donne l'occasion à François Ier d'intégrer au domaine royal le Bourbonnais et le Forez.
Lors de son avènement au trône en 1589, le roi Henri IV de France apporte au domaine royal les (vi)comtés sises dans le Sud-Ouest dont sa mère Jeanne d'Albret était l'héritière à l'issue de l'extinction progressive des lignées masculines de la région :
- Béarn,
- Armagnac, Bigorre, Marsan en Gascogne
- Limoges, Périgord et Rodez aux confins de la Guyenne
- Foix
Ayant développé une forte identité, les provinces de Béarn, Bourgogne et Bretagne conserveront jusqu'à la Révolution leurs propres institutions à l'image du Languedoc : États et Parlement.
L'expansion à l'est : la frontière sur le Rhin
Vers de nouveaux conflits avec la Maison d'Autriche
La Maison d'Autriche manifeste une volonté de suprématie en Europe, présentant l'image du bastion militant du catholicisme face à l'émergence d'États protestants. La royauté française est d'autant plus inquiète que cette prétention rencontre des échos dans les milieux catholiques en France. Par ailleurs, les possessions des Habsbourg encerclent le territoire : Espagne, Pays-Bas, Franche-Comté et plus loin Milan.
Henri IV a hérité d'un contentieux avec l'Espagne. Il est par sa mère l'héritier des rois de Navarre dépossédés par les rois d'Espagne, qui ne leur ont laissé que la Basse-Navarre. Désormais les rois de France porteront également le titre de roi de Navarre.
Avant de reprendre la lutte, Henri IV solde l'aventure française en Italie. En 1601, il intervient contre le duc de Savoie qui avait soutenu des complots contre lui. La France acquiert par le traité de Lyon les territoires correspondant à l'actuel département de l'Ain (Bresse, Bugey, Valromey et Pays de Gex) en échange du marquisat de Saluces, dernière place détenue en Italie. La France avait pris possession en 1548 du marquisat de Saluces à la mort du dernier marquis, alors qu'elle le revendiquait depuis l'achat du Dauphiné.
Mais la perspective d'un conflit avec la Maison d'Autriche heurte une grande partie des catholiques de France, notamment à la cour Marie de Médicis et le duc d'Epernon. C'est dans ce contexte qu'Henri IV est assassiné par un fanatique, Ravaillac.
Les guerres du XVIIe siècle
Le roi de France Louis XIII, conseillé par son premier ministre Richelieu, reprend l'offensive en 1635 dans le cadre de la guerre de Trente Ans, après avoir définitivement soumis La Rochelle (1629) et occupé le Duché de Lorraine (1632)[9].
Une première guerre décisive contre la Maison d'Autriche est marquée par la victoire de Rocroi en 1643. L'expansion à l'est a pour objectif de couper les lignes de communication de l'ennemi et d'établir le contact avec les alliés de la France en Allemagne.
Les guerres contre se suivent les unes après les autres, et les traités successifs aboutissent à la mainmise de la France sur plusieurs provinces du Saint-Empire romain germanique [2]:
- Les traités de Westphalie (1648) traduisent l'annexion par la France du margraviat de Haute-Alsace, possession jusque là des Habsbourg, et de la Décapole, fédération de 10 villes alsaciennes. Ils entérinent également l'annexion des Trois-Évêchés de Metz, Toul et Verdun, occupés depuis 1552.
- Le traité des Pyrénées (1659) permet l'annexion de territoires luxembourgeois et la récupération de l'Artois (sauf Aire et Saint-Omer), et du Roussillon : la frontière des Pyrénées avec l'Espagne est définitivement fixée.
- Le premier traité d'Aix-la-Chapelle en 1668 met fin à la guerre de Dévolution : Louis XIV enlève à l'Espagne les villes de Lille, Douai et Armentières, permettant ainsi à la France de reprendre pied en Flandre.
- Le traité de Nimègue, signé le , met fin à la guerre de Hollande. Le grand perdant de la guerre est l'Espagne qui cède à la France la Franche-Comté, les places fortes d'Aire et Saint-Omer, ainsi que Cambrai, Valenciennes, Maubeuge, dans le Hainaut.
Les acquisitions de la France en Flandre (1668) et en Hainaut (1678) constitueront à partir de la Révolution le département du Nord.
De 1680 à 1697, Louis XIV, enhardi par ses premiers succès, mène une politique unilatérale d'annexions et de réunions : on assiste même à la conquête temporaire du duché du Luxembourg de 1684 à 1697. Mais par le traité Rijswijk en 1697 qui conclut la guerre de la Ligue d'Augsbourg, il doit finalement renoncer à la plupart de ses prises, notamment sur la rive droite du Rhin (Freiburg, Breisach, Kehl) mais conserve cependant Sarrelouis ainsi que la Basse-Alsace avec la ville de Strasbourg. L'essentiel de l'Alsace est désormais entièrement française, à l'exception de la République de Mulhouse et de quelques territoires tenus par des princes allemands.
La consolidation du territoire
À la fin du règne de Louis XIV, un équilibre semble atteint. Les autres puissances européennes ne sont plus disposées à accepter une nouvelle expansion et sont prêtes à s'allier pour s'y opposer. Les frontières ont été repoussées loin de la capitale et sont de plus désormais défendues par un réseau de forteresses modernes construites par Vauban. Deux lignes de places fortes protègent la frontière au nord sur un front qui s'étend de Dunkerque à Charleville [2].
Plus à l'est, une série de forteresses (Montmédy, Thionville, Longwy et Sarrelouis) isole le duché de Lorraine des autres États de l'Empire germanique, ce qui affaiblit l'indépendance de son duc. Depuis 1632, la France a régulièrement occupé la Lorraine en période de guerre sans l’annexer. Le duc Charles IV de Lorraine, allié aux Maisons d’Autriche et de Bavière, a fait le choix d’une politique hostile à la France : lui-même puis son neveu Charles V de Lorraine ont exercé des commandements dans l’armée impériale (autrichienne).
Ce n'est que plus tard que se présentent pour la France à la fois le motif décisif et l'occasion favorable de l'annexion : le mariage en 1736 de François de Lorraine avec l'héritière de la Maison d'Autriche, l'archiduchesse Marie-Thérèse, à un moment où l’Autriche est affaiblie. Le traité de Vienne (1738) attribue la Lorraine à Louis XV qui la donne en viager à son beau-père, Stanislas Leszczyński : elle sera formellement annexée par la France en 1766 à la mort de ce dernier. En compensation, le duc François III reçoit le grand-duché de Toscane qui est alors vacant.
Par animosité contre les Habsbourg, la France se laisse encore entraîner dans la guerre de Succession d'Autriche. Cependant, après la victoire de Fontenoy, Louis XV renonce à toutes ses nouvelles conquêtes dans les Pays-Bas : le traité d'Aix-la-Chapelle met fin en 1748 à la rivalité des monarchies française et autrichienne. Au sud, Louis XV renforce la position de la France en Méditerranée en achetant à la République de Gênes l'île de Corse en échange d'une annulation de dette génoise (1768).
À la veille de la Révolution, l'Hexagone est donc dessiné[10] ; mais la complexité du cadre féodal qui définit l'organisation politique sous l'ancien régime explique la survivance d'un certain nombre d'enclaves étrangères, tout particulièrement dans la zone d'expansion récente : Alsace, Franche-Comté et Lorraine.
L'Époque contemporaine : le territoire national
La période révolutionnaire (1789 à 1815)
La transformation issue de la Révolution française
C'est à la Révolution que la notion de territoire change fondamentalement. La France cesse d'être une juxtaposition de principautés, chacune d'elle ayant un lien de subordination particulier au roi qui en contrepartie garantit ses privilèges et ses droits. Le territoire est désormais considéré comme un tout indivisible dont dispose la nation, la collectivité souveraine des citoyens. Dans cette logique les provinces sont supprimées et le territoire est découpé en unités administratives dotées d'un statut juridique uniforme : les départements.
Dans le même esprit sont supprimées les enclaves étrangères dans le royaume de France. La Convention nationale les rattache définitivement à la France, malgré les droits des princes possessionnés ou par de nouveaux traités :
- le Comtat Venaissin, propriété du Saint-Siège depuis 1274, annexé unilatéralement en 1791, formant le département de Vaucluse ;
- la République rauracienne, annexée le 21 mars 1793, qui avait été une éphémère République sœur (depuis avril 1792) et qui s'était constituée sur la base de territoires de l’évêché de Bâle. Cette extension fut organisée en département du Mont-Terrible (1793-1800), ultérieurement absorbé par le département du Haut-Rhin ;
- La Principauté de Montbéliard rattachée à la Haute-Saône (novembre 1793) ;
- un certain nombre d'autres enclaves en Alsace et en Lorraine :
- Le bailliage de Harskirchen et le bailliage de Neuf-Sarrewerden, composant ensemble le comté de Sarrewerden et la prévôté de Hertzheim répartis entre les départements du Bas-Rhin, de la Moselle et de la Meurthe[11]
- Les comtés de Hanau-Lichtenberg et de la Petite-Pierre rattachés au Bas-Rhin, ainsi que Riquewihr et le comté d'Horbourg, rattachés au Haut-Rhin (1793) ;
- Le Bas-Office (c'est-à-dire la partie inférieure de l'ancien bailliage de Schambourg), Créhange-Pettelange, le comté de Dabo, une partie du bailliage de Lemberg qui faisait partie du comté de Hanau et la seigneurie de Lixing, réunis au département de la Moselle (1793-1795) ;
- La principauté de Salm-Salm, rattachée aux Vosges (1793) ;
- La République de Mulhouse, alliée militairement à la Confédération suisse depuis 1515 et enclavée dans le territoire du Haut-Rhin, vote sa réunion à la France en 1798 ;
- Le Comté de Créhange.
La domination française en Europe
Les frontières naturelles : Alpes, Jura, Pyrénées et Rhin (1789-1799)
L'instauration d'un régime révolutionnaire amène la plupart des monarchies européennes à se coaliser contre la France. Les succès militaires des armées de la Première République contribuent à considérablement agrandir le territoire national, Danton justifiant que « les limites de la France sont marquées par la nature, nous les atteindrons des quatre coins de l'horizon, du côté du Rhin, du côté de l'Océan, du côté des Pyrénées, du côté des Alpes. Là doivent finir les bornes de notre République. » La plupart des annexions effectuées à cette époque seront reconnues par les puissances européennes à la suite de différents traités de paix, en particulier lors du traité de Lunéville (9 février 1801) et de la paix d'Amiens (25 mars 1802). Ces acquisitions seront perdues par la suite, au congrès de Vienne en 1815 :
- le duché de Savoie est incorporé à la République française et est érigé en département du Mont-Blanc le 27 novembre 1792[12] ;
- le comté de Nice est réuni le 31 janvier 1793[13] et, le 4 février suivant[14], son territoire est érigé en département des Alpes-Maritimes ;
- la principauté de Monaco est réunie le 14 février 1793[15] et son territoire incorporé au département des Alpes-Maritimes ;
- les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège en 1795, reconnus à la France lors des traités de Campo-Formio (1797) puis de Lunéville (1801) ;
- les États allemands situés sur la rive gauche du Rhin en 1797, annexion confirmée en 1801 et qui provoque le Recès d'Empire de 1803 pour dédommager les princes allemands dépossédés ;
- Genève en 1798.
Les conquêtes de guerre de Napoléon Bonaparte (1799-1815)
Les nouveaux agrandissements sont principalement motivés par l'objectif de contrôler les côtes européennes, dans le cadre de la lutte contre le Royaume-Uni et du blocus commercial qui est imposé à celui-ci. Sont ainsi annexés :
- le Piémont le 11 septembre 1802, par Sénatus-consulte du Sénat conservateur[16]. Le roi de Sardaigne, prince de Piémont, s'était réfugié dans son île depuis l'occupation du Piémont par les troupes françaises et leur victoire à Marengo. Le Piémont avait été amputé du Novarais le 7 septembre 1800 au profit de la République cisalpine ;
- la République ligurienne, le 4 juin 1805 ;
- les îles Ioniennes (Corfou, Paxos, Leucade, Céphalonie, Ithaque, Zante et Cythère), par le traité de paix de Tilsit du 7 juillet 1807 ;
- le Royaume d'Étrurie et les duchés de Parme et de Plaisance, le 24 mai 1808, par Sénatus-consulte[17]. L'Étrurie avait été cédée à Napoléon par son souverain Charles-Louis selon l'article 9 d'une convention secrète associée au traité de Fontainebleau, tandis que les duchés de Parme et de Plaisance étaient administrés depuis 1802 par la France ;
- les États pontificaux, par décret du 17 mai 1809 signé par Napoléon à Schönbrunn, suivi d'un Sénatus-consulte organique daté du 17 février 1810 ;
- les Provinces illyriennes, constituées par la réunion des régions cédées par l'empire d'Autriche au traité de paix de Schönbrunn (la Haute Carinthie (Villach), la Carniole, la Croatie au sud-ouest de la Save, Gorizia et Trieste), des territoires de la Dalmatie et des bouches du Cattaro, jusqu'alors au Royaume d'Italie et du territoire de l'ex-république de Raguse, occupée depuis 1808 par les troupes françaises, à la fin de l'année 1809 ;
- le Royaume de Hollande, en deux étapes : d'abord les territoires de ce royaume situés au sud du Rhin, à savoir la Zélande et le Brabant septentrional, par Sénatus-consulte organique du 24 avril 1810, et ensuite l'ensemble du royaume au nord du Rhin, par décret portant réunion de la Hollande à l'Empire, du 9 juillet 1810 (avec la Frise orientale, rattachée à la Hollande depuis 1807), confirmé par le Sénatus-consulte du 13 décembre 1810 ;
- le Valais, par le décret du 12 novembre 1810 qui est transformé en département du Simplon, confirmé par un premier Sénatus-consulte du 13 décembre 1810 ;
- les régions côtières allemandes de la mer du Nord[18] (le duché d'Aremberg, la principauté de Salm[19], le duché d'Oldenbourg, les parties septentrionales du grand-duché de Berg et du royaume de Westphalie), et les villes hanséatiques de Brême, Hambourg et Lübeck déjà occupées depuis la fin de 1806, par un deuxième Sénatus-consulte du 13 décembre 1810 ;
- la Catalogne, par le décret du 26 janvier 1812 qui la détache du royaume d'Espagne et l'organise en quatre départements, sans que cela soit validé par un Sénatus-consulte.
Le bilan en 1815 : annexion des enclaves et affaiblissement des frontières

Par le traité de Paris, toutes les conquêtes depuis la Révolution française, à quelques exceptions près, sont restituées à leurs anciens propriétaires. La France est pratiquement ramenée à ses frontières de 1791, mais elle conserve les territoires qui constituaient des enclaves : le Comtat Venaissin avec Avignon, Mulhouse et Montbéliard.
Les autres puissances européennes veillent à ce que la France ne puisse plus jamais prendre le contrôle de la rive gauche du Rhin :
- l'essentiel des territoires allemands sur la rive gauche du Rhin est rattaché à la Prusse malgré l'éloignement géographique et la différence de cultures ;
- un nouvel État est créé, le Grand-Duché de Luxembourg, dont la citadelle devient un avant-poste de l'armée prussienne ;
- la France perd plusieurs places fortes qui couvraient ses frontières : Bouillon (Ardennes), Sarrelouis (Sarre), Landau (Rhénanie)…
Plus au sud, la ville de Genève est définitivement intégrée dans la confédération suisse et la France doit céder six communes du canton de Gex pour assurer la continuité territoriale du nouveau canton suisse de Genève avec les autres cantons suisses.
Par une déclaration commune de 1827 et une convention de 1829 entre la Prusse et la France, la Prusse cède à la France notamment les actuelles communes de Merten, Manderen, Heining-lès-Bouzonville et Villing. Comme le montre la carte ci-dessus, les départements de l'est sont dans leurs limites antérieures au traite de Francfort (1871): la Meurthe n'est pas devenue la Meurthe-et-Moselle et le territoire de Belfort n'a pas été dissocié du Haut-Rhin.
La France et l'émergence des autres nations
Tant par la propagation de l'idéal révolutionnaire que par l'exercice de sa domination sur ses voisins, la France a attisé le besoin chez les peuples européens de s'identifier en tant que nation et de constituer leur territoire.
Napoléon III souhaite remettre en cause les équilibres issus du Congrès de Vienne afin d’une part de rompre l’isolement de la France, d’autre part de redéfinir la carte politique de l’Europe suivant le principe de l’adhésion des nationalités à l’Etat de leur choix. Il répond donc positivement à la demande d’aide du Piémont-Sardaigne contre l’Autriche pour réunir les Etats italiens.
Il accueille de même favorablement l’action de la Prusse pour réunir les Etats allemands. La politique de la Prusse affaiblit cependant la position de la France face à un nouveau puissant voisin, comme le dénonce une partie de l'opinion publique française dont Adolphe Thiers se fait l'avocat. Et c'est d'ailleurs l'opinion publique manipulée par Bismarck qui va pousser le gouvernement français à engager une guerre contre la Prusse, entraînant l'adhésion des Etats allemands au deuxième Reich.
L'unification de l'Italie (1860) : l'intervention française
Le rattachement de la Savoie et du Comté de Nice (1860)
À la suite de l'entrevue de Plombières, le , le ministre des États de Savoie Camillo Cavour promet à Napoléon III le duché de Savoie et le comté de Nice, en échange de l'appui français à la politique d'unification de l'Italie – Risorgimento – menée par le roi Victor-Emmanuel II de Savoie. Cette proposition est officialisée par un traité à Turin en (il est antidaté et est signé en fait en ).
Après les victoires sur l'Autriche en 1859 (Magenta et Solferino), l'armistice de Villafranca puis la cession par l'Autriche de la Lombardie à la France, qui la rétrocède au Piémont, Napoléon III réclame la Savoie et Nice. Par le traité de Turin, le , le roi Victor-Emmanuel II consent à céder le duché de Savoie et le comté de Nice, après consultation des populations, qui se déroule en avril 1860 : le roi délie ses sujets savoyards.
À partir de cette date, le « comté de Nice » redevient le département des Alpes-Maritimes connu sous la Révolution. Il est divisé en un arrondissement de Nice et un arrondissement de Puget-Théniers et augmenté de l'arrondissement de Grasse détaché du département du Var. Dans le traité de Turin, l'Italie conserve dans son giron les localités de Tende, La Brigue, Mollières parce qu'elles sont des réserves de chasse favorites du roi Victor-Emmanuel II (quoi qu'on ait suspecté à cela des objectifs militaires, la nouvelle frontière étant difficilement défendable par la France). Toutes ces localités finiront par devenir françaises à l'issue de la Seconde Guerre mondiale par le traité de Paris (1947), dernier ajout majeur au territoire national français et au département des Alpes-Maritimes.
Modifications de frontières avec Monaco (1861)
Dès 1848, Menton et Roquebrune, alors partie intégrante de la principauté de Monaco, se déclarent villes libres et sont occupées par une garnison sarde. À la suite de la cession par le royaume de Piémont-Sardaigne du duché de Savoie et du comté de Nice à la France en 1860, les habitants de Roquebrune et de Menton, villes considérées dans la circonstance comme faisant partie du comté de Nice, optent par référendum pour leur rattachement à la France.
Le , le prince Charles III et l'empereur Napoléon III signent à Paris un traité par lequel moyennant une somme de quatre millions de francs, le prince renonce à perpétuité, tant pour lui que pour ses successeurs, en faveur de Sa Majesté l'Empereur des Français, à tous ses droits directs ou indirects sur ces deux communes.
Les sujets originaires de Menton et de Roquebrune ou domiciliés dans ces communes, qui entendent conserver la nationalité de Monaco, jouissent alors, pendant un an à partir de l'échange des ratifications du traité, de la faculté de transporter leur domicile dans la principauté et de s'y fixer ; en ce cas, leur ancienne nationalité sera maintenue.
La France face à l'unification par la Prusse de l'Allemagne
La neutralisation du Luxembourg
L'Alsace-Moselle : le contentieux franco-allemand (1871-1945)
À la suite de la guerre franco allemande de 1870 et en vertu du traité de Francfort du , toute l'Alsace, à l'exception du Territoire de Belfort, et une bonne partie de la Lorraine[20], correspondant à l'actuel département de la Moselle, sont annexées par l'Allemagne. Ces territoires, qui représentaient 1 447 000 ha, 1 694 communes et 1 597 000 habitants, réintégreront la France après la Première Guerre mondiale et le Traité de Versailles du (art. 27).
L'Alsace et la Moselle sont annexées de facto au Troisième Reich nazi le . Les Allemands ne se contentent pas d’occuper ces régions, mais les intègrent à leur territoire, revenant ainsi sur les termes, ratifiés par la république de Weimar, du traité de Versailles de 1919, en invoquant un diktat selon les termes d'Adolf Hitler, qu'il justifie par le fait que l'Allemagne n'a pas été conviée à la négociation du traité. Si les principales villes d'Alsace et de Lorraine sont libérées au cours de l'automne 1944, après la bataille de Metz, les combats font rage jusqu'au dans la poche de Colmar et jusqu'à la mi-mars dans l’extrême nord de l'Alsace et de la Lorraine.
Le territoire national depuis 1945
Le traité de Paris avec l’Italie (1947), dernière révision globale d'une frontière
En 1947, au traité de Paris, la France gagne environ 700 km2, par cinq extensions du territoire national sur les départements des Alpes-Maritimes, des Hautes-Alpes et de la Savoie :
- le val de Tende, resté italien lorsque le comté de Nice devint français en 1860, suivant la crête maîtresse des Alpes : le département des Alpes-Maritimes voit alors sa surface s'étendre de 560 km2 ;
- la haute vallée de la Roya (soit les communes de Tende et de La Brigue) ;
- les hameaux de Libre, de Piène-Basse et de Piène-Haute (commune de Breil-sur-Roya) ;
- le hameau de Mollières (commune de Valdeblore) ;
- les hautes vallées de la Vésubie et de la Tinée ;

- une partie du versant italien du massif du Mont-Cenis, soit une surface de 81,8 km2, sur les communes de Lanslebourg et Sollières-Sardières (Savoie). La frontière n'est plus désormais la ligne de crête (le barrage du Mont-Cenis, construit par la suite sur ses pentes, se trouve donc en territoire français ; de même pour son lac de retenue) reprenant les frontières du duché de Savoie antérieur à son annexion[21] ;
- le sommet du mont Thabor et ses pentes côté est, notamment le bassin supérieur de la Vallée étroite, sur la commune de Névache (Hautes-Alpes) (47 km2) ;
- le mont Chaberton (17,1 km2), sur la commune de Montgenèvre (Hautes-Alpes) ;
- la partie ouest du col du Petit-Saint-Bernard suivant la ligne de partage des eaux (3,22 km²), au bénéfice de la commune de Séez (Savoie).
Des ajustements mineurs sont encore intervenus par la suite : modifications de frontières avec l’Andorre (2001), le Luxembourg (2006) et la Suisse (1945-2002).
L'aménagement de l'espace français : la formation de nouveaux territoires
Sous la Cinquième République est décidé un nouveau découpage du territoire en régions. Ces dernières sont dans un certain nombre de cas définies à partir des anciennes provinces. Cependant d'autres sont nouvellement créées autour de grandes métropoles : Rhône-Alpes avec pour capitale Lyon, Midi-Pyrénées (Toulouse), Pays de la Loire (Nantes).
La taille de certaines de ces régions est parfois estimée trop petite. À la suite des recommandations d'un comité animé par Édouard Balladur, la loi de réforme des collectivités de 2010 autorise le regroupement des collectivités locales par consensus. Dans ce cadre, les Alsaciens rejettent le 7 avril 2013 par référendum le projet de fusion des conseils généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, le scrutin ayant mobilisé une participation insuffisante et les votants du Haut-Rhin ayant donné une majorité au non.
En novembre 2014, Manuel Valls fait adopter par le parlement un nouveau découpage du territoire métropolitain par regroupement des régions existantes deux à deux :
- le Limousin rejoint une nouvelle région constituée avec les Poitou-Charentes et Aquitaine
- l'Alsace est incluse dans une nouvelle région constituée avec la Champagne et la Lorraine
- Bretagne et Corse restent inchangées
Par ailleurs la loi permet le développement des formules pragmatiques d'intercommunalité qui sont effectivement de plus en plus nombreuses.
Voir aussi
Notes et références
- ↑ Pierre Riché, Les Carolingiens, une famille qui fit l’Europe, Hachette, (ISBN 9782012788510)
- 1 2 3 4 5 Grand Atlas de l'Histoire de France aux Éditions Autrement
- ↑ Léonard Dauphant, Le Royaume des Quatre Rivières, L'espace politique français (1380-1515), Champ Vallon, (ISBN 978-2876735941), p. 170
- ↑ Martin Aurell, L’Empire des Plantagenêt 1154-1224, Éditions Perrin, (ISBN 978-2-262-02282-2)
- ↑ John W. Baldwin (trad. Béatrice Bonne, préf. Jacques Le Goff), Philippe Auguste et son gouvernement. Les fondations du pouvoir royal en France au Moyen Âge, Fayard, (ISBN 9782213026602)
- ↑ Michel Roquebert, Histoire des Cathares, éditions Perrin, (réimpr. Collection de poche Tempus 2002) (ISBN 2-262-01894-4)
- ↑ Bertrand Schnerb, L'État bourguignon, Perrin, (ISBN 978-2-262-02360-7)
- ↑ Armagnacs et Bourguignons par Bertrand Schnerb aux Éditions Perrin
- ↑ Michel Carmona, Richelieu, Fayard, (ISBN 978-2-213-01274-2)
- ↑ Christophe Brun, « La mesure de la superficie de la France au XVIIIe siècle : construction d’un savoir », Historiens & Géographes, « Histoire des sciences et des techniques », no 409, janvier 2010, p. 233-252 ; idem, « Comment l’usage de la mesure de la superficie de la France s’est-il imposé au XVIIIe siècle ? », Histoire & Mesure, VIII-3/4, 1993, p. 417-440.(lire en ligne)
- ↑ Décret du 14 février 1793, qui réunit à la République française la ci-devant principauté de Monaco et plusieurs autres communes.
- ↑ Décret du 27 novembre 1792, qui réunit la Savoie à la France.
- ↑ Décret du 31 janvier 1793, qui réunit le ci-devant comté de Nice à la France.
- ↑ Décret du 4 février 1793, portant que le ci-devant comté de Nice formera un quatre-vingt-cinquième département, sous la dénomination des Alpes-Maritimes.
- ↑ Décret du 14 février 1793 précité
- ↑ Voir texte du Senatus-Consulte : http://www.histoire-empire.org/docs/bulletin_des_lois/organisation_empire/annexion_piemont_11_09_1802.htm#_edn3
- ↑ Cf. Bulletin des lois no 193 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4453604/f344.image
- ↑ Article 1er du Sénatus-consulte du 13 décembre 1810 : "La Hollande, les villes anséatiques [sic], le Lauembourg, et les pays situés entre la mer du Nord et une ligne tirée depuis le confluent de la Lippe dans le Rhin, jusqu'à Halteren, de Halteren à l'Ems au-dessus de Telgel ; de l'Ems au confluent de la Verra dans le Weser, et de Stozenau sur le Weser à l'Elbe, au-dessus du confluent de la Steckenitz, feront partie intégrante de l'empire français."
- ↑ Cette principauté, créée en 1802, appartenait conjointement aux deux branches princières de Salm (Salm-Salm et Salm-Kyrburg). Son territoire corresponds à peu près à l'arrondissement (Kreis) de Borken, avec la ville de Bocholt (cf. Fürstentum Salm, article Wikipédia en allemand)
- ↑ En Lorraine, les arrondissements de Metz, Thionville, Forbach, Sarreguemines, Sarrebourg, Boulay-Moselle, Château-Salins, Forbach, 11 communes de l'arrondissement de Briey et les cantons de Saales et Schirmeck dans les Vosges sont annexés par l'Allemagne.
- ↑ Collection de cartes anciennes des Pays de Savoie, 1562-1789, Archives départementales de la Savoie
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