Royaume zoulou

28° 17′ 51″ S 31° 25′ 18″ E / -28.2975, 31.42167
Wene wa Zulu zu
1816 – 1897
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Le Zoulouland en 1878 avant la guerre anglo-zouloue
Statut | monarchie |
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Capitale |
kwaBulawayo (en), uMgungundlovu (en), Ulundi |
Langue | zoulou |
Religion | Religion zouloue |
Monnaie | Bétail |
Population 1828 | 250 000 (estimation) |
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Densité 1828 | 8,4 /km2 |
Superficie 1828 | 29 785 km2 |
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1816 | Accession de Chaka |
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1818 | Mort de Dingiswayo |
1818 | Bataille de Gqokli Hill |
1820 | Bataille de la rivière Mhlatuze |
1879 | Guerre anglo-zouloue |
1887 | Annexion britannique |
1887 | Annexion au Natal |
1816–1828 | Shaka kaSenzangakhona |
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1828–1840 | Dingane kaSenzangakhona |
1840–1856 | Mpande kaSenzangakhona |
1856–1884 | Cetshwayo kaMpande |
1884–1887 | Dinuzulu kaCetshwayo |
Entités précédentes :
- Confédération Mthethwa
Entités suivantes :
République de Natalia
Nieuwe Republiek
Colonie du Natal
Le Royaume zoulou, parfois désigné sous le terme Empire zoulou (ou assez imprécisément Zoulouland) était un territoire d'Afrique australe dominé par les Zoulous, situé originairement le long de la côte de l'océan Indien entre la rivière Tugela au sud et la rivière Pongola au nord, au nord-est de l'actuelle province du KwaZulu-Natal en Afrique du Sud.
Organisé selon un système monarchique, le petit royaume domina au XIXe siècle une grande partie de l'Afrique australe, principalement l'actuelle province du KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, avant d'entrer en conflit avec les Voortrekkers dans les années 1830 puis avec l'Empire britannique dans les années 1870. Défait durant la guerre anglo-zouloue, le royaume est ensuite annexé à la colonie du Natal, constitutive de l'Union sud-africaine en 1910.
À l'origine une tribu majeure du groupe Nguni, fondé vers 1709 par Zulu kaNtombhela, le Royaume zoulou a connu son apogée durant le règne de Chaka, devenu une des grandes figures épiques de l'Afrique précoloniale.
Fondation et apogée
La création du royaume Zoulou par Chaka

Chaka est le fils illégitime de Senzangakona, alors chef des Zoulous. Il nait en 1787. Lui et sa mère, Nandi, sont bannis par Senzangakona et trouvent refuge chez les Mthethwas. Chaka sert en tant que guerrier sous Dingiswayo (en), chef des Mthethwa. Lors de la mort de Senzangakona en 1816, Chaka accède au trône du peuple zoulou avec l'aide de Dingiswayo.
Chaka est à l'initiative de diverses réformes militaires, sociales, culturelles et politiques, en centralisant les pouvoirs au sein de l'État zoulou et en y pratiquant une véritable hiérarchie. Ses réformes les plus importantes furent celle de son armée, grâce à ses tactiques innovantes et les nouvelles armes qu'il conçut et son bras de fer avec les chefs spirituels, en coupant les ailes et les griffes des sorciers-guérisseurs il assure efficacement la soumission de l '"Église Zulu" à l'État.
Une autre réforme importante fut d'intégrer les clans battus dans le peuple zoulou, sur la base d'une égalité totale, les promotions dans l'armée et les services civils devenant la conséquence du mérite plutôt que de l'ascendance.
Après le décès du roi du peuple voisin des Mthethwas Dingiswayo dans les bras du roi des Ndwandwes Zwide, vers 1818, Chaka devient le chef de l'alliance zoulou-Mthethwa. En réussissant à vaincre les Ndwandwes à la bataille de Gqokli Hill en 1818, puis à la bataille de la rivière Mhlatuze en 1819 il réussit à briser leur alliance. À ce moment a lieu le Mfecane où un grand nombre de tribus fuient devant les restes des Ndwandwes, eux-mêmes fuyant les Zoulous. Le royaume de Chaka assimile les tribus conquises, mais surtout les femmes et les enfants. En 1825, Chaka possède un important empire couvrant un large territoire de l'océan à l'Est aux montagnes du Drakensberg à l'Ouest, et d'East London au sud à la rivière Pongola au Nord, couvrant presque 30 000 km2.
Chaka, qui a des relations avec les nouveaux explorateurs anglais, réalise que les Blancs constituent une menace pour les locaux, par conséquent il met en place un programme intensif d'éducation pour permettre au peuple de rattraper son retard sur les Européens.
L’ascension sanglante de Dingane
Chaka fut tué en 1828, par ses deux demi-frères, Dingane et Mhlangana. Après l’assassinat, Dingane tua Mhlangana et s’empara du trône. L’une de ses premières mesures fut d’exécuter l’ensemble de la famille royale. La seule exception fut un autre demi-frère, Mpande qu’il considérait trop faible pour être une menace. Durant plusieurs années, il condamna à mort la plupart des anciens partisans de Chaka dans le but d’assurer sa suprématie. Dingane organise l'exécution de Piet Retief et de nombreux trekboers en 1838. Il sera à son tour assassiné en 1840 par Zulu Nyawo, Sambane et Nondawana près d'Ingwavuma.
Affrontement avec les Voortrekkers et l’ascension de Mpande

En octobre 1837, le chef des Voortrekkers, Piet Retief rendit visite à Dingane dans son kraal royal pour négocier une terre pour les Voortrekkers. En novembre, environ mille chariots voortrekkers descendirent des montagnes du Drakensberg dans ce qui est aujourd’hui le KwaZulu-Natal.
Dingane demanda que Retief et ses hommes rendent le bétail volé par les voortrekkers à un chef local. Retief obtempéra le .
Les chefs boers tentèrent alors de négocier un traité de coexistence pacifique avec le roi Dingane stipulant par ailleurs la cession aux voortrekkers par le roi Zoulou de terres au sud de la rivière Tugela jusqu’à la rivière Mzimyubu. Le 6 février 1838, Piet Retief, son fils et 70 de leurs compagnons acceptèrent l'invitation du Roi zoulou à son Kraal pour un banquet. Ils acceptèrent de venir sans armes en vertu des coutumes locales. C'est au milieu d'une danse zouloue que Dingane s’écria : « Bambani aba thakathi ! » (« Tuez ces sorciers ! »). Les voortrekkers furent tous massacrés à coup de pierres et de bâtons, leurs corps empalés et livrés aux charognards sur la colline kwaMatiwane. Retief assista à la mort de son fils et de tous ses compagnons avant d'être abattu en dernier.
L’armée de Dingane attaqua et massacra ensuite plusieurs groupes de boers. À Blaauwkrans et Boesmanspruit, 280 Boers et 200 métis, hommes, femmes et enfants furent ainsi massacrés par les armées zoulous tout comme à Weenen (« soupirs » en afrikaans) où 500 femmes et enfants voortrekkers subissaient le même sort.
Alertés par des survivants, les familles boers se rassemblèrent autour d'Andries Pretorius, un riche fermier venant de Graaff-Reinet, et de Sarel Cilliers.
Le 16 décembre 1838, la grande confrontation a lieu entre 15.000 Zoulous et 470 Boers (accompagnés de leurs 340 métis) repliés derrière leurs chariots rangés en cercle (laager). Elle se termina par une véritable hécatombe pour les Zoulous (3 000 tués) dont le sang colora de rouge la rivière Ncome qui fut dorénavant appelé Blood River.
Après cette défaite, Dingane brûla son kraal royal et s’enfuit au nord.
Mpande, le demi-frère épargné de Dingane, fit défection et s’allia à Pretorius. Ensemble, ils entrèrent en guerre contre Dingane. Celui-ci fut assassiné près de l’actuelle frontière du Swaziland. Mpande prit alors la tête de la nation zouloue.
L’avènement de Cetshwayo

Après la campagne contre Dingane, les Voortrekkers formèrent la république boer de Natalia, au sud de Thukela et à l’ouest de la colonie britannique de port Natal (aujourd’hui Durban). Mpande et Pretorius maintinrent des relations amicales. Cependant en 1842, la guerre éclata entre les Britanniques et les Boers, ce qui se solda par l’annexion de Natalia par les Britanniques. Mpande fit allégeance aux Anglais et garda de bonnes relations avec eux.
En 1843, Mpande ordonna la chasse aux Zoulous accusés de dissidence. Il en résulta un nombre très important de morts et la fuite de milliers de réfugiés dans les pays voisins (y compris dans la colonie du Natal). La plupart des réfugiés s’enfuirent avec le bétail. Mpande fit des raids dans les terres alentour, en résulta l’annexion du Swaziland en 1852. Cependant, les Britanniques exigèrent qu’il se retire, ce qu’il fit aussitôt.
À cette époque, une guerre de succession faisait rage entre les deux fils de Mpande, Cetshwayo et Mbuyazi. Elle se termina en 1856 avec la bataille qui laissa Mbuyazi pour mort. Dès lors, Cetshwayo se mit à usurper l’autorité de son père. En 1872, Mpande mourut de vieillesse et Cetshwayo s’empara du trône.
La fin du Royaume
Guerre anglo-zouloue
Le 11 décembre 1878, Bartle Frere (gouverneur de la Colonie du Cap), sans l'approbation du gouvernement britannique, fait délivrer un ultimatum aux 14 chefs représentant Cetshwayo. Les clauses de l’ultimatum étant inacceptables pour le roi zoulou, il ne répond pas et le 11 janvier 1879 les forces britanniques envahissent le Zoulouland. Le 22 janvier 1879, les zoulous défirent les Britanniques à la bataille d'Isandhlwana mais ils furent à leur tour sévèrement défaits le lendemain à Rorke's Drift. La guerre se termina par la défaite zouloue du 4 juillet 1879 à la bataille d'Ulundi.
Division et la mort de Cetshwayo
Cetshwayo fut capturé un mois après sa défaite et exilé à la ville du Cap. Les Britanniques léguèrent les pouvoirs à treize sous-rois (ou roitelets), chacun ayant son propre royaume. Rapidement, des conflits apparurent entre ces royaumes. En 1882, Cetshwayo fut autorisé à se rendre en Angleterre, où il obtint audience auprès de la reine Victoria et d’autres importantes personnalités, puis il retourna dans le Zululand pour y être réinvesti.
En 1883, Cetshwayo fut fait roi d’un territoire tampon, bien moindre que le royaume d’origine. À la fin de l’année 1883, Cetshwayo fut attaqué à Ulundi par Zibhebhu, l’un des treize roitelets, soutenu par des mercenaires boers. Cetshwayo fut blessé et s'enfuit. Il mourut en février 1884, probablement empoisonné. Son fils Dinuzulu, alors âgé de quinze ans, fut intronisé.
Dinuzulu et l'alliance avec les Boers du Transvaal
Après leurs défaites aux batailles de la Msebe et d'oNdini et la fuite puis le décès du roi Cetshwayo, ses partisans appelés les uSuthu, dirigés désormais par son fils Dinuzulu, s'allient avec les Boers du Transvaal [1]. Ceux-ci lui envoient une troupe d'une centaine d'hommes commandés par Lukas Meyer et qui se font appeler les volontaires de Dinuzulu (le futur général et homme politique Louis Botha sert dans cette unité). Les alliés prennent l'offensive et remportent la bataille décisive du conflit aux pieds des pentes du mont Tshaneni le .
La victoire des uSuthu est toutefois chèrement payée: le , Dinuzulu, honorant ainsi les promesses faites à ses alliés boers, leur donne d'une part d'importantes terres au Zoulouland où ils fondent la Nouvelle République (Nieuwe Republiek) et leur concède d'autre part une sorte de protectorat sur une grande partie du reste de son royaume [2].
Par la suite Dinuzulu fut impliqué dans divers conflits avec ses rivaux. En 1906, Dinuzulu fut accusé par les Anglais d’être à l’origine de la révolte de Bambatha. Il fut arrêté et fut condamné à dix ans d’emprisonnement à l’île Sainte-Hélène. Quand l’Union sud-africaine fut formée, Louis Botha en devint le premier ministre, et il s’arrangea pour que son vieil allié puisse vivre en exil dans une ferme dans le Transvaal, où Dinuzulu mourut en 1913.
L’exil de Solomon et sa descendance
Son fils, Solomon ne fut jamais reconnu comme roi zoulou par les autorités sud-africaines, mais seulement comme chef local. Cependant, il fut de plus en plus considéré comme roi par les chefs, le peuple zoulou et des intellectuels politiques comme John Langalibalele Dube. En 1923, Solomon créa l’organisation Inkatha YaKwaZulu pour promouvoir ses aspirations royales, qui tomba dans l’oubli avant d’être ravivée dans les années 1970 par Mangosuthu Buthelezi. En décembre 1951, le fils de Solomon, Cyprian Bhekuzulu fut officiellement reconnu comme le suprême roi des Zoulous, mais le réel pouvoir sur le peuple zoulou était détenu par des fonctionnaires blancs sud-africains qui travaillaient avec des chefs locaux qui pouvaient être destitués s’ils refusaient de coopérer.
Bantoustan du KwaZulu
En 1970 fut créé, dans le cadre de l'apartheid, le bantoustan KwaZulu. La région fut, en 1994, réintégrée dans l'Afrique du Sud et compose aujourd'hui la province du KwaZulu-Natal.
Notes et références
- ↑ John Laband, The Atlas of the Later Zulu Wars, 1883-1888, University of Natal Press, 2001, ISBN 0-86980-998-9, page 69
- ↑ John Laband, The Atlas of the Later Zulu Wars, 1883-1888, University of Natal Press, 2001, ISBN 0-86980-998-9, page 79
Bibliographie
- J.F.A. Ajayi, dir., Histoire générale de l'Afrique, VI, Le XIXe siècle jusque vers les années 1880, UNESCO, 1996
- L'Empire de Chaka Zoulou, L'Harmattan, coll. « Études africaines », 2002, 218 p. (ISBN 2-7475-1920-1)
Articles connexes
- Zoulous
- Chaka
- Première Guerre des Boers
- Seconde Guerre des Boers
- Guerre anglo-zouloue
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