Zoophyte
Ce taxon est aujourd'hui obsolète.
En histoire naturelle, certains animaux inférieurs qui ressemblent à des plantes étaient dits Zoophytes (Zoophyta). Ce terme n'est plus utilisé dans la biologie moderne.
Par exemple, on mettait les éponges, le corail et les anémones de mer ou une partie des infusoires au nombre des zoophytes.
Éléments de définition et histoire des sciences
Si la plupart des Métazoaires ont toujours été indiscutablement placés parmi les animaux, certains Métazoaires inférieurs étaient encore au XIXe siècle placés dans une catégorie particulière nommée "Zoophytes" (étymologiquement : animaux-plantes). Ce groupe comprenait traditionnellement les Spongiaires, les Cnidaires, les Cténophores et les Bryophytes. Linné classait dans cette catégorie des Mollusques comme la Seiche, l'Aplysie, l'Holothurie, mais aussi les Échinodermes (oursins et étoiles de mer)[1].
Après qu'il eut découvert, en 1725, la nature animale du corail vivant sur les côtes de Barbarie, Peyssonnel, médecin à Marseille, avait adressé à l'Académie des Sciences, en 1726, une Dissertation sur le corail et sur les coquillages marins. Après avoir opposé des difficultés en 1727, Réaumur (1683-1757) eut le mérite de mettre hors de doute en 1742[2] ce qui avait été entrevu par Peyssonnel (1694-1759), à savoir que les coraux et les madrépores ne sont pas des plantes, mais le travail d'une classe d'animalcules ayant de l'analogie avec les acalèphes ou orties de mer.
Dans la première édition (1735) du Systema Naturae, Linné plaçait l'ordre des Zoophyta, qui contenait des organismes macroscopiques marins comme les étoiles de mer et les méduses et regroupait tous les organismes microscopiques connus de son temps, dans la classe des Vermes du règne animal.
Ce n'est qu'en 1744 que Jean André Peyssonnel reconnut le corail comme un animal ; de même, les Spongiaires ne furent reconnus comme animaux qu'en 1825[3].
Linné envisagera en 1767 le « Règne chaotique » (Regnum chaoticum ou Chaos) pour classer les « animaux-plantes ».
Treviranus, au tout début du XIXe siècle, les nommera « zoophytes » et les classera dans un règne spécifique à côté des règnes des Plantes et des Animaux. Le règne des Zoophytes de Treviranus (1802) contenait deux classes : la classe des Zoophyta pour les zoophytes proprement dits ou « Animaux-plantes » incluant les holothuries, oursins et étoiles de mer, les pennatules, les méduses, anémones de mer, hydres et vorticelles, les coraux, les gorgones, les infusoires, ainsi que la classe des Phytozoa pour les « Plantes-animaux » comprenant les Champignons, les Lichens, les Hépatiques, les Mousses, les Fougères, les Confervae (algues filamenteuses), les Fuci (algues diverses) et les Najadales (plantes aquatiques)[4].
Dans son ouvrage sur le Règne animal publié en 1817, Cuvier admet l'embranchement des Zoophytes (ou Rayonnés) qui comprend les Échinodermes, les Intestinaux, les Acalèphes, les Polypes et les Infusoires.
En 1824, Bory de Saint-Vincent créa le règne des Psychodiaires (pour les zoophytes, les Vorticellidés et les diatomées).
Grant reconnaît l'appartenance des Éponges au règne animal en 1825.
Notes et références
- ↑ Valmont de Bomare (1775) Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle, Brunet, Paris, tome IX, p 474
- ↑ René Antoine de Réaumur, Préface du Tome Sixième des Mémoires pour servir à l'histoire des Insectes, Imprimerie Royale, Paris, 1742, p.lxxiii-lxxiv.
- ↑ Collectif, Grande encyclopédie alpha des sciences et techniques, Zoologie tome I (1974), Grange Batelière, Paris.
- ↑ (de) Gottfried Reinhold Treviranus, Biologie oder Philosophie der lebenden Natur für Naturforscher und Aerzte, Vol.I, Johann Friedrich Röwer, Göttingen, 1802, p.399-425.
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