Anémone de mer
Actiniaria


planche des Kunstformen der Natur d’Ernst Haeckel (1904), montrant plusieurs anémones de mer
Règne | Animalia |
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Embranchement | Cnidaria |
Classe | Anthozoa |
Sous-classe |
Zoantharia selon ADW |
Actiniaria
Hertwig, 1882
Les anémones de mer, orties de mer ou actiniaires (Actiniaria) sont un groupe d'animaux marins vivant fixés à un support. Ils forment l'ordre des cnidaires anthozoaires.
Description et caractéristiques



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Ce sont des polypes solitaires sans stade méduse, dépourvus d'exosquelette et dont la taille atteint de 1,25 cm à presque 2 m de diamètre. Les tentacules, habituellement nombreux, ont des nématocystes au poison urticant - mais seules certaines espèces sont douloureuses pour l'Homme.
Leur anatomie montre un pied qui s'ancre dans le sable ou s'attache sur des substrats durs par adhésion comme une ventouse, surmonté d'un corps d'où rayonnent des tentacules lisses, pointus ou arrondis, disposés en cercles concentriques autour de la bouche, qui se trouve en position centrale[1]. Aucune n'a de squelette calcaire, contrairement aux coraux[2], et leur symétrie fondamentale est hexaradiaire (symétrie centrale d'ordre 6)[1].
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Une anémone caractéristique, avec les tentacules entourant la bouche.
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Une anémone plus complexe (Actinoscyphia aurelia)
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La grosse anémone tropicale Heteractis magnifica peut se refermer comme un sac pour protéger ses organes des menaces.
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Actinia equina est une des espèces les plus fréquentes du littoral français métropolitain.
Malgré des ressemblances certaines, les anémones ne doivent pas être confondues avec les autres groupes de cnidaires sessiles mous : coraux mous, zoanthides, corallimorphes...
Biologie et comportement
Les anémones sont pour la plupart sédentaires, mais peuvent aussi se déplacer par glissement sur le fond et certaines peuvent même se déraciner brusquement et nager en cas d'attaque. En cas d'agression, certaines anémones de mer sont capables de projeter des filaments blancs urticants, appelés aconties. Ces filaments ont des effets semblables à ceux des méduses pour l'homme.
Les anémones de mer hébergent dans leurs tentacules des algues unicellulaires, des zooxanthelles endosymbiotiques, qui métabolisent l'énergie lumineuse en énergie exploitable par l'organisme (comme le corail) : une grande partie de leur énergie est d'origine solaire. De façon opportuniste, elles complètent leur menu à l'aide de plancton, de crevettes ou de petits poissons attrapés grâce à leurs tentacules, lesquels apportent ensuite la proie à l'orifice buccal pour la digestion, dans une cavité stomacale centrale. Les excréments sortent du corps par le même orifice[2].
On connaît relativement peu de prédateurs des anémones de mer, les plus voraces étant sans doute les tortues de mer. Cependant, certains mollusques comme le nudibranche Aeolidia papillosa sont aussi spécialisés dans la consommation d'anémones.
Les anémones de mer se reproduisent sexuellement ou par multiplication asexuée.
Symbioses et mutualismes
Comme de nombreux autres cnidaires, les anémones de mer ont développé une symbiose avec les zooxanthelles de leurs tentacules, les zooxanthelles assurant la majorité des apports énergétiques nécessaires à la croissance et à la survie de leur hôte, notamment en sucres.
Quelques anémones de mer vivent également en mutualisme avec d'autres organismes, protégés contre leurs cellules urticantes par une carapace épaisse ou un mucus protecteur (notamment les poissons-clowns[3]). On y trouve ainsi des bernard-l'hermite (comme le « pagure à anémones » Dardanus deformis), les poissons-clowns, ou certaines petites crevettes, telle la Thor amboinensis[4]. Des symbioses plus complexes peuvent aussi avoir lieu, comme avec le crabe boxeur Lybia tessellata, qui porte en permanence une anémone (Boloceractis prehensa) dans chacune de ses pinces, et qu'il agite devant lui pour se défendre[5].
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Le crabe porcelaine (Neopetrolisthes maculatus) vit dans les anémones.
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Le poisson-clown des Maldives (Amphiprion nigripes) vit en association exclusive avec l'anémone Heteractis magnifica.
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Le bernard-l'ermite à anémones (Dardanus deformis) cultive des anémones toxiques sur sa coquille pour décourager les prédateurs.
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Le crabe-boxeur (Lybia tessellata) impressionne ses prédateurs grâce aux anémones venimeuses qu'il brandit.
Classification

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Selon World Register of Marine Species (15 décembre 2014)[6] :
- Ordre Actiniaria
- sous-ordre Endocoelantheae Carlgren, 1925
- famille Actinernidae Stephenson, 1922
- famille Halcuriidae Carlgren, 1918
- sous-ordre Nyantheae Carlgren, 1899
- infra-ordre Athenaria Carlgren, 1899
- famille Andresiidae Stephenson, 1922
- famille Andwakiidae Danielssen, 1890
- famille Edwardsiidae Andres, 1881
- famille Galatheanthemidae Carlgren, 1956
- famille Halcampidae Andres, 1883
- famille Halcampoididae Appellöf, 1896
- famille Haliactiidae Carlgren, 1949
- famille Haloclavidae Verrill, 1899
- famille Ilyanthidae
- famille Limnactiniidae Carlgren, 1921
- famille Octineonidae Fowler, 1894
- infra-ordre Boloceroidaria Carlgren, 1924
- famille Boloceroididae Carlgren, 1924
- famille Nevadneidae Carlgren, 1925
- infra-ordre Thenaria Carlgren, 1899
- super-famille Acontiaria Stephenson, 1935
- famille Acontiophoridae Carlgren, 1938
- famille Actinodendronidae Haddon, 1898
- famille Actinoscyphiidae Stephenson, 1920
- famille Aiptasiidae Carlgren, 1924
- famille Aiptasiomorphidae Carlgren, 1949
- famille Bathyphelliidae Carlgren, 1932
- famille Diadumenidae Stephenson, 1920
- famille Discosomidae
- famille Exocoelactiidae Carlgren, 1925
- famille Haliplanellidae Hand, 1956
- famille Hormathiidae Carlgren, 1932
- famille Isophelliidae Stephenson, 1935
- famille Metridiidae Carlgren, 1893
- famille Nemanthidae Carlgren, 1940
- famille Paractidae
- famille Sagartiidae Gosse, 1858
- famille Sagartiomorphidae Carlgren, 1934
- super-famille Actinioidea Rafinesque, 1815
- famille Aurelianidae Andres, 1883
- famille Iosactiidae Riemann-Zürneck, 1997
- famille Stoichactidae Carlgren, 1900
- super-famille Endomyaria Stephenson, 1921
- famille Actiniidae Rafinesque, 1815
- famille Aliciidae Duerden, 1895
- famille Condylanthidae Stephenson, 1922
- famille Homostichanthidae
- famille Liponematidae Hertwig, 1882
- famille Minyadidae Milne Edwards, 1857
- famille Phymanthidae Andres, 1883
- famille Stichodactylidae Andres, 1883
- famille Thalassianthidae Milne Edwards, 1857
- super-famille Mesomyaria Stephenson, 1921
- famille Actinostolidae Carlgren, 1932
- famille Exocoelactinidae Carlgren, 1925
- famille Isanthidae Carlgren, 1938
- super-famille Acontiaria Stephenson, 1935
- infra-ordre Athenaria Carlgren, 1899
- sous-ordre Protantheae Carlgren, 1891
- famille Gonactiniidae Carlgren, 1893
- sous-ordre Ptychodacteae Stephenson, 1922
- famille Preactiidae England in England et Robson, 1984
- famille Ptychodactiidae Appellöf, 1893
- sous-ordre Endocoelantheae Carlgren, 1925
- Actiniaria incertae sedis
- famille Actinodendridae Haddon, 1898
- famille Actinoscyphiidae Stephenson, 1920
- famille Antheidae Gosse, 1860
- famille Antheomorphidae Hertwig, 1882
- famille Capneidae Gosse, 1860
- famille Iosactiidae Riemann-Zürneck, 1997
- famille Metridiidae
- famille Oractiidae Riemann-Zürneck, 2000
- famille Sarcophinanthidae Andres, 1883
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Condylactis gigantea, une Actiniidae
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Actinodendron arboreum, une Actinodendronidae
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Actinoscyphia aurelia, une Actinoscyphiidae
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Actinostola sp., une Actinostolidae
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Aiptasia mutabilis, une Aiptasiidae
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Alicia pretiosa, une Aliciidae
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Boloceroides mcmurrichi, une Boloceroididae
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Diadumene cincta, une Diadumenidae
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Edwardsia claparedii, une Edwardsiidae
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Protanthea simplex, une Gonactiniidae
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Haliplanella lineata, une Haliplanellidae
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Peachia quinquecapitata, une Haloclavidae
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Amphianthus sp., une Hormathiidae
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Isanthus capensis, une Isanthidae
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Telmatactis cricoides, une Isophelliidae
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Liponema brevicorne, une Liponematidae
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Metridium farcimen, une Metridiidae
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Nemanthus annamensis, une Nemanthidae
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Phymanthus pulcher, une Phymanthidae
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Preactis millardae, une Preactiidae
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Sagartia elegans, une Sagartiidae
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Heteractis aurora, une Stichodactylidae
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Thalassianthus aster, une Thalassianthidae
Annexes
Bibliographie
- (de) R. Hertwig, Die Actinien der Challenger-Expedition, Jena, Gustav Fisher, (lire en ligne)
Références taxinomiques
- Référence World Register of Marine Species : taxon Actiniaria (en) (+ liste familles + liste genres)
- Référence Fossilworks Paleobiology Database : Actiniaria (en)
- Référence ITIS : Actiniaria (fr) ( (en))
- Référence Tree of Life Web Project : Actiniaria (en)
- Référence Animal Diversity Web : Actiniaria (en)
- Référence Catalogue of Life : Actiniaria (en)
- Référence NCBI : Actiniaria (en)
- Référence uBio : Actiniaria (en)
Notes et références
- 1 2 « Anémones », sur DORIS.
- 1 2 Joël Ignasse, « Anémone de mer : moitié animal, moitié plante ».
- ↑ « Poisson-clown et anémone de mer », sur aquarium-portedoree.fr.
- ↑ Thor amboinensis, sur Aquaportail.com
- ↑ Philippe Bourjon, « Lybia tesselata », sur SousLesMers.
- ↑ World Register of Marine Species, consulté le 15 décembre 2014
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