Unic (entreprise)

Création | 1905 [1] |
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Dates clés |
1952 : rachat par Simca 1958 : intégration dans Simca Industries 1966 : intégration dans Fiat V.I. 1975 : intégration dans Iveco |
Disparition | 1984 Absorption complète dans Iveco |
Fondateurs | Georges Richard |
Forme juridique | SA |
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Siège social |
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Produits | Automobiles & Véhicules industriels |
Société mère | Fiat V.I. |
Unic était un constructeur français de voitures de tourisme et de camions très réputé. Unic a également produit des autocars.
Malgré le succès rencontré sur le marché français (il n'y avait quasiment aucun produit exporté à cette époque), la société UNIC doit son équilibre financier aux bons vouloirs du baron Henri de Rothschild. Son décès en 1947 survient alors que le redressement indispensable après les dommages causés par la Seconde Guerre mondiale aurait nécessité de lourds investissements. Fragilisé comme ses concurrents français — Saurer France et Talbot — la direction d'Unic doit se résoudre à céder la société.
Unic est racheté, tout comme Saurer France et Talbot en 1952 par Henri Théodore Pigozzi, alors patron de Simca, qui a toujours été soutenu financièrement par la famille Agnelli. Unic S.A. sera ensuite intégré dans Fiat V.I. en 1966 puis dans le groupe Iveco lors de sa création en 1975. La marque commerciale disparait en 1984.
En 1984, l'usine de Trappes qui assurait la fabrication depuis 1975 des véhicules spécifiques Unic et des modèles Fiat pour le marché français sera transformée en magasin de pièces de rechange à la suite du rejet de la participation d'Iveco Unic à un appel d'offres de l'armée française, car celle-ci ne souhaitait pas de moteurs (Fiat) produits à l'étranger sur ses camions.
Histoire

En 1893, Georges Richard commença par fabriquer des bicyclettes puis des chariots motorisés.
Au 3ème Salon du Cycle, Georges Richard expose une voiturette baptisée "Poney" mue par un moteur Benz de 3,5 Ch. Elle sera produite jusqu'en 1902 sous les carrosseries les plus variées, comme cela était de coutume à l'époque. Georges Richard se passionne pour les courses de voitures. En 1898 il participe à Marseille-Nice qu'il remporte dans la catégorie voiturette.
En 1900, la société devient "Sté des Anciens Etablissements Georges Richard". Peu après, un jeune et brillant ingénieur fait son apparition : Henri Brasier. Une nouvelle voiture de course de 14 Ch est présentée. En 1903, Georges Richard prend le départ de la course Paris-Madrid. Marcel Renault y perdra la vie à la suite d'une sortie de route et Georges Richard sera gravement blessé quand sa voiture se retourne dans un fossé.
En juin 1904, à la suite d'une rencontre avec le baron Henri de Rothschild, Georges Richard obtint les fonds nécessaires pour fonder à Puteaux la société anonyme "Georges Richard & Cie". Le but était de construire des véhicules simples et fiables, de cylindrée moyenne pour toucher une très large clientèle. Les véhicules ne devant pas être que des automobiles particulières mais aussi des utilitaires, c'est ce qui donnera l'idée de la marque Unic. La construction de la première usine, quai National à Puteaux est lancée[2], afin de fabriquer des véhicules « Unique » pour différentes utilisations. Au début, l'entreprise ne fabriqua que des voitures légères et des taxis. Tous les modèles recevront des organes communs sous un même capot radiateur, allumage, carburation, boîte de vitesses... Un avant goût de la rationalisation des productions !
La gamme s'étoffe rapidement et compte pas moins de 4 modèles en 1918. Une importante commande de châssis 16/20 HP carrossés en taxis est passée par la Principauté de Monaco. Ce modèle sera aussi vendu à 417 exemplaires à Londres.
En 1922, la firme introduit un camion de 3 tonnes du nom de M5C. Le fondateur de la marque Unic, Georges Richard, meurt à Rouen. C'est son principal collaborateur, Georges Dubois qui lui succède à la tête de la société.
En 1930, la demande de véhicules utilitaire s'accroit fortement. Unic présente au salon de l'automobile son premier gros moteur diesel fabriqué en France. C'est un moteur Mercedes OM5, 6 cylindres en ligne de 90 Ch fabriqué dans l'usine de Puteaux sous licence.
En 1931, la firme inaugure un modèle de camion, le CD3, un porteur six-roues à capot propulsé par un moteur diesel Mercedes-Benz 6 cylindres de 8,6 litres. Il est construit sous licence par Diesel Rapides qui a l'exclusivité pour la France et vendu sous le nom de Codra.
En 1933, Unic est le premier constructeur français à présenter une gamme complète de véhicules industriels de 3 tonnes à 15 tonnes.
En 1934, Kégresse présente le P107 comme successeur au P17. Pour des raisons financières propre à ces temps de crise (déjà !),la production en série n'a pas lieu chez Citroën mais chez Unic qui a, entre temps, acheté la licence. Près de 3.300 exemplaires de chenillettes et tracteurs d'artillerie seront produits jusqu'au début du conflit armé.
En 1935, les camions U4D et U6C sont lancés. Une nouvelle série de camionettes est lancée, la série "S". Elle restera en fabrication jusqu'en 1939. Ce sera la dernière production de camionettes de la marque qui se consacrera ensuite uniquement aux les camions.
En 1937, Unic fabrique son propre moteur diesel, un 6 cylindres de 10,3 litres très étroitement dérivé du moteur Mercedes.
En 1938, Unic abandonne la fabrication des automobiles de tourisme pour se consacrer exclusivement aux véhicules industriels.
En 1940, Unic propose un intéressant véhicule à chenilles qui ne sera produit qu'à 236 exemplaires. Il n'en existe plus aucun exemplaire de nos jours.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement français décide de regrouper les industriels du secteur automobile pour mieux répartir les matières premières contingentées car rares et sauver ce qui peut l'être encore. Les sociétés Camions Bernard, Delahaye, Laffly et Simca, feront partie du "Groupement Français de l'Automobile - GFA" qui sera démantelé en 1951. Durant cette période, des liens étroits seront noués entre Unic, Simca et Delahaye.
En 1945, Unic lance les camions à capot de la série ZU. La cabine arrière recevra quatre projecteurs intégrés dans les ailes avant en 1955 sur la série Vosges de petit tonnage.
En 1947, le baron Henri de Rotschild décède. L'année suivante, Georges Dubois décède à son tour. C'est René Copin qui prend la direction de la société. En pleine crise financière et technologique, il fait appel à Henri Théodore Pigozzi, le patron de Simca qu'il avait bien connu au GPA, qui participe à une grosse augmentation de capital pour financer la construction de nouveaux ateliers et l'achat de machines outils.
En 1952, Unic est racheté par Simca et constitue la branche poids lourds de la prochaine Simca Industries.
En 1954, un camion à capot est introduit avec la nouvelle cabine Longchamp entièrement métallique d'abord appelée Etrave ou Equipage. Le ZU 100 possède un moteur 6 cylindres de 9,84 litres et 135 ch avec une boîte de vitesses à 8 rapports. Ce modèle est disponible en configuration 4x2 porteur et tracteur.
En fin d'année 1955, une nouvelle fait grand bruit. Les petits constructeurs de camions Renault, Somua et Latil fusionnent pour donner naissance à Saviem. Unic se trouve ainsi repoussé à la 3ème place dans le classement des constructeurs français.
En 1956, Unic absorbe la filiale française des camions Saurer fabriqués à Suresnes[3]. La cabine Longchamp reçoit un nouveau parechocs renforcé équipé d'une calandre en deux parties avec quatre projecteurs[4] et un marquage latéral qui rend officiel la « série des cols français ».
En 1958, une version Unic du Simca Cargo à quatre projecteurs est fabriquée et motorisée par la marque, parallèlement au Simca.

À partir du printemps 1960, les nouveaux Vosges reçoivent la cabine semi-avancée Saint-Cloud issue des Fiat C40/50N ou la cabine avancée Auteuil fabriquée par le carrossier Genève. La boîte de vitesses est synchronisée.
Pour étoffer sa gamme, Unic distribue les camions de la marque italienne OM (filiale de Fiat V.I. à partir de 1968) et une partie de la gamme Fiat V.I., notamment les Fiat 615 N1 puis Fiat 616 sous l'appellation Unic-service[4]. Très vite elle deviendra importateur de toute la gamme des camions Fiat en France.
En 1962, la cabine avancée large Vincennes est lancée sur la gamme haute.
En 1963, le moteur est reculé et le capot est plongeant sur la cabine semi-avancée Longchamp tandis qu'un groupe à 5 cylindres apparaît[5].
À l'automne 1964, Unic est l'un des premiers constructeurs à lancer un moteur V8 diesel. Le MZ 62 de 225 ch SAE équipe l'Izoard V8[6].
En juin 1966[7], Unic devient la division véhicules industriels de Fiat France S.A. (F.F.S.A.). En conséquence, les réseaux Unic-OM et Fiat-Someca s'unifient[4].
En 1966, les cabines avancées Auteuil et Vincennes deviennent basculantes.
À partir de 1969, les modèles Vosges reçoivent le moteur OM[8].
En 1970, l'Izoard V8 T340 A à moteur V 85 S de 14,9 litres et 340 ch SAE inaugure la cabine Fiat[9]. Celle-ci rendue basculante remplace le modèle Vincennes. Les dernières cabines d'origine Unic disparaissent en 1974.
À partir de 1972, l'usine Fiat-Someca de Bourbon-Lancy fabrique des moteurs pour les camions Unic.

En 1973, après 68 ans de production à Puteaux, les véhicules sont fabriqués à Trappes en collaboration étroite avec Fiat Italie. Unic contribue à la dimension internationale du groupe Fiat aux côtés de Fiat V.I. et OM. En 1974, la raison sociale devient Unic-Fiat S.A. et le logo sur les calandres reprend les lettres inclinées des modèles Fiat. Unic figure en lettre argent sur fond noir tandis que Fiat est en lettres noires sur fond argent.
En 1974, l’armée de Terre française envoie un cahier des charges aux deux principaux constructeurs de poids-lourds français afin de réaliser un camion tout terrain capable de transporter quatre tonnes de charge utile, avec à la clé, un contrat portant sur plus de 15.000 unités. Berliet et Saviem sont sollicités. Unic demande également à pouvoir participer à cet appel d'offres puisque l’entreprise est une société française qui, sous la marque Simca, a déjà été un fournisseur apprécié des armées avec les Simca Cargo puis Simca Marmon. Le besoin de l'armée de terre était de remplacer les Simca Cargo ! Les services centraux de l'armée, pressés par le gouvernement de l'époque, hésitent beaucoup à ajouter Unic à la liste des candidats. Des bruits insistants courent pour que l’Etat-Major refuse ce véhicule pour deux raisons :
- le moteur Diesel qui équipe le XU 4×4 est d’origine Fiat V.I.,
- Unic est une filiale du groupe Italien Fiat.
Il fallait surtout protéger les intérêts nationaux et s’assurer que toutes les pièces de rechange seraient fabriquées en France, le nationalisme étant encore très marqué à cette époque. Officieusement et à ce titre, la candidature d'Unic aurait pu être rejetée.
Officiellement, Unic sera admis à présenter une offre (que le gouvernement avait refusée d'avance) après que le constructeur ait fait valoir que certes le moteur vient d'Italie mais le camion est fabriqué en France, à Trappes, comme des dixaines de milliers de camions Unic chaque année.
L’exclusion pilotée d'Unic à cet appel d'offres, confirmée quasi officiellement, sera très lourd de conséquences. Fiat décidera de replier toutes les productions de camions en Italie et une partie des usines françaises du constructeur seront transformées en magasin de pièces de rechange.
Début 1975, la création d'IVECO - (Industrial VEhicles COrporation) regroupe les marques Fiat V.I., OM, Lancia V.I., UNIC et Magirus-Deutz (Klockner Humboldt Deutz). Seul le logo I d'Iveco apparait discrètement sur les calandres.
En 1976, Unic-Fiat S.A. devient Iveco Unic S.A.
En 1982, le nom Iveco apparaît en entier à l'avant des camions, celui d'Unic subsiste jusqu'en 1984 en bas des calandres.
En 1985, la marque Unic n'apparait plus sur aucune calandre de camion.
En 1992, Iveco Unic S.A. devient Iveco France S.A..
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Unic M9A
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La cabine Longchamp (jouet).
Les autocars

Depuis le début, les autocars Unic étaient basés, comme tous ses concurrents, sur des châssis de camions adaptés. Dans un premier temps ce n'étaient que des carrosseries pour le transport de personnes puis, les châssis ont été modifiés et abaissés. Les derniers châssis Unic pour autocars sortent de l'usine de Puteaux en 1955. La marque est passée dans le giron de Fiat V.I. depuis 1952. Ce sont désormais des châssis Fiat-OM en provenance d'Italie qui serviront de base aux nouveaux modèles Unic.
Les carrossiers indépendants ont été sévèrement pénalisés par la généralisation des châssis d'autocars à caisse-poutre livrés complètement finis par les constructeurs français Berliet, Chausson ou Saviem. Les utilisateurs leur reprochait la rigidité de leurs réalisation qui ne pouvait répondre aux besoins spécifiques des transporteurs. C'est ainsi que le carrossier français Gandolff persuade M. Pigozzi qu'il lui fallait assurer la succession des fameux autocars Saurer.
À partir de janvier 1960, Unic confie à sa filiale Someca l'importation des châssis OM fabriqués à Brescia en Italie. La gamme OM est riche et très moderne car de nouvelle conception. Les châssis sont équipés de moteurs Fiat-OM à injection directe. La gamme proposée est la suivante :
Modèle | Nb places | Empattement (mm) | Type moteur | Puissance ch DIN | Emplacement moteur |
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OM Lupetto AI | 12-20 | 2 600 | OM - CO1K | 60 à 2 200 tr/min | avant |
OM Tigrotto AI | 23-27 | 3 000 | OM - CO1D | 75 à 2 400 tr/min | avant |
OM Tigrotto AIL | 23-27 | 3 600 | OM - CO1D | 75 à 2 400 tr/min | avant |
OM Tigrotto AIP | 23-27 | 3 400 | OM - CO1D | 80 à 2 400 tr/min | arrière |
Tigre AISP | 43-50 | 4 950 | OM - DFL2 | 170 à 2 200 tr/min | arrière |
Titano | 48-52 | 5 650 | OM - DGL | 230 à 2 200 tr/min | arrière |
Ce n'est que le 1er mai 1968 qu'Unic devient importateur direct des châssis d'autocars et autobus Fiat-OM. Les opérateurs apprécient les qualités des autocars Unic sur châssis OM : agrément de conduite, sécurité, fiabilité et brio de la mécanique. Ces qualités sont remarquées par le carrossier charentais Heuliez qui devient le 4e carrossier partenaire de OM en France. Heuliez réalisera une version grand tourisme sur un châssis Leoncino destiné à l'origine pour équiper le châssis Citroën 350.
À partir de 1966, Fiat présente le châssis Fiat 343 et commercialise en France en 1971 son modèle de série usine, comme en Italie. Les carrosseries réalisées en France sont dues aux carrossiers Amiot et Heuliez notamment. Tous les autocars Fiat italiens sont commercialisés en France sous la marque Unic.
En 1976, Unic présente le Fiat 370 sous sa propre marque pour ne pas heurter les collectivités locales avec une marque étrangère qui n'aurait aucune chance de remporter un marché.
Le dernier autocar Unic sera le Lorraine, conçu à la fin des années 1970 et commercialisé en mai 1981. La direction du groupe Iveco profite du regroupement de Saviem et de Berliet, qui formera R.V.I., pour recruter des cadres transfuges de Berliet. Après le demi échec de franciser le Fiat 343 en lui greffant une carrosserie française, Unic récupère le modèle-phare du géant turinois : le Fiat 370, lancé en 1976 et très répandu en Italie et en Allemagne sous le label Magirus 2000, pour créer le dernier modèle de la marque, le Lorraine.
Conçu spécifiquement pour le marché français, le châssis Fiat-Iveco est habillé d'une coque retouchée à l'avant, plus arrondie et aérodynamique, par rapport à la version originale italienne, due à l'intervention de la CIMT2. Comme sur le Fiat 370, elle fait appel, à divers niveaux, à des éléments en aluminium et polyester. La carrière du Lorraine prend fin en 1993, remplacé par l'Iveco 380 qui sera commercialisé avec le logo Iveco.
Implantations
Sites industriels français :
- Trappes : assemblage des camions de la gamme moyenne.
- Suresnes : assemblage des camions de la gamme haute.
- Fourchambault : assemblage des autocars.
- Bourbon-Lancy : assemblage des moteurs.
Les véhicules produits par Unic
Voir Liste des véhicules UNIC par date.
Références
- ↑ Gazoline n°185 Revue mensuelle
- ↑ Gazoline n°185, décembre 2011.
- ↑ Jacques Rousseau, Simca, un appétit d'oiseau, Jacques Grancher éditeur.
- 1 2 3 Jean-Gabriel Jeudy, Les camions de chez nous en couleurs, éditions E.T.A.I.
- ↑ Charge-Utile n°190, Les camions Unic à capot, octobre 2008.
- ↑ Charge-Utile n°60, Les Unic à moteur V8, décembre 1997.
- ↑ Michel G. Renou, Simca, de Fiat à Talbot, éditions E.T.A.I.
- ↑ L'argus, 13 mars 1969.
- ↑ Charge-Utile n°62, Les Unic à moteur V8, février 1998.
Bibliographie
- Peter J. Davies, L'Encyclopédie mondiale des camions, éditions Manise, 2003. (ISBN 2-84198-214-9)
- L'Atlas des camions français, éditions Atlas, 2007. (ISBN 978-2-7234-5924-2)
- Charge Utrile Magazine no 222 - 223 - 224 année 2011.
Voir aussi
Les camions français Berliet et Saviem.
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