Grottes de Gargas
Grotte(s) de Gargas (ou grotte des mains mutilées) | |||||||||||||||
![]() vue intérieure de la grotte(avant 1910)- Félix Régnault |
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Coordonnées | 43° 03′ 19″ N 0° 32′ 10″ E / 43.055278, 0.53611143° 03′ 19″ Nord 0° 32′ 10″ Est / 43.055278, 0.536111 | ||||||||||||||
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Pays | ![]() | ||||||||||||||
Région | Midi-Pyrénées | ||||||||||||||
Département | Hautes-Pyrénées | ||||||||||||||
Massif | Pyrénées | ||||||||||||||
Vallée | Vallée de la Neste | ||||||||||||||
Localité voisine | Aventignan | ||||||||||||||
Voie d'accès | RD 26 | ||||||||||||||
Type de roche | calcaire | ||||||||||||||
Signe particulier | grotte ornée | ||||||||||||||
Température | 11°C | ||||||||||||||
Occupation humaine | gravettien ancien | ||||||||||||||
Protection | ![]() | ||||||||||||||
Géolocalisation sur la carte : Hautes-Pyrénées
Géolocalisation sur la carte : Midi-Pyrénées
Géolocalisation sur la carte : Pyrénées
Géolocalisation sur la carte : France
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La grotte de Gargas (ou « grottes » au pluriel car elle possède deux entrées), appelée parfois grotte des mains mutilées, est située dans le département français des Hautes-Pyrénées, est l'une des plus célèbres grottes ornées du Paléolithique supérieur en Europe.
Situation et historique
Cette grotte est située sur la commune d'Aventignan dans le département français des Hautes-Pyrénées, en région Midi-Pyrénées, à la limite de la Haute-Garonne, tout près de Saint-Bertrand-de-Comminges.
Histoire
Durant toute la préhistoire, l'homme n'est pas le seul à utiliser la grotte : bauges creusées dans le sol, griffades sur les parois ou encore polissages de certains passages étroits témoignent de la présence d'ours des cavernes à Gargas. Après le départ des Gravettiens, il semble que la galerie inférieure de la grotte n'ait plus été accessible pendant une très longue période, le porche d'entrée s'étant comblé. Les traces de nouvelles incursions humaines dans la grotte datent du XVe siècle!
Après une longue période où la grotte semble avoir été inaccessible, des graffitis datant du XVe siècle attestent à nouveau de la visite humaine dans la grotte.
Les parois de Gargas conservent ainsi de nombreuses traces dont la date précise n'est pas connue : graffitis, dessins de croix et d'arbalètes, formule chrétienne d'imploration accompagnée d'un nom...
Connue par la tradition populaire locale probablement depuis la fin du Moyen-Age, la grotte est mentionnée pour la première fois en 1575 par François de Belleforest, puis décrite de manière explicite et détaillée en 1758 par Marc-François de Lassus. À partir des premières années du XIXe siècle, Gargas est un point de visite des excursionnistes parcourant les Pyrénées, dans un mouvement précoce d'exploitation touristique du site.
Occupation préhistorique
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mains négatives, réalisées par la technique du pochoir -
Incisive de bovidé percée – Gravettien - Ancienne collection Félix Régnault – Muséum de Toulouse -
Industrie lithique – Gravettien - Ancienne collection Félix Régnault – Muséum de Toulouse -
Poinçon sur os abrasé – Gravettien - Ancienne collection Félix Régnault – Muséum de Toulouse
La grotte de Gargas a livré des indices d'occupations (ossements, industrie lithique, art mobilier) allant du Moustérien au Moyen Âge mais elle est surtout célèbre pour ses peintures et gravures du Paléolithique supérieur.
Les peintures comportent de très nombreuses mains négatives réalisées par la technique du pochoir. Ces mains sont rouges (ocre) ou noires (oxyde de manganèse), des deux sexes, allant du nourrisson à l'adulte. Dans près de la moitié des cas, tous les doigts sont réduits à une phalange (à l'exception du pouce, toujours complet), ce qui a donné lieu à de nombreuses hypothèses : mutilations volontaires selon l'abbé Henri Breuil (amputations rituelles en signe de deuil ou pratiques profanes pour punir un délit ou marquer l'appartenance)[1], pathologies (lèpre, maladie de Raynaud)[2], gelures (hypothèse invalidée par la présence systématiques de pouces complets), etc. Une signification symbolique est aujourd'hui privilégiée par la plupart des chercheurs (hypothèse d'André Leroi-Gourhan d'un code de chasseurs[3], reprise par Marc Groenen[4], hypothèse de la signature du clan ou de l'artiste selon Michel Lorblanchet[5]), les différentes images étant obtenues en repliant un ou plusieurs doigts. Ces empreintes étaient faites au moyen d'un mélange d'oxyde de fer et de manganèse broyés et de graisse animale, ce mélange étant projeté autour de la main appliquée contre la paroi[6].
De nombreuses gravures figuratives sont également présentes dans d'autres parties de la cavité, accompagnées de signes. Les animaux figurés les plus fréquents sont le cheval, le bison[Lequel ?], l'aurochs, le bouquetin et le mammouth.

Une datation au carbone 14 a été réalisée sur un ossement fiché dans une fissure d'une paroi ornée de mains négatives. Si elle ne donne pas directement l'âge des peintures, cette date proche de 27 000 ans BP indique que la grotte était fréquentée au Gravettien ancien. Les mains négatives datent probablement de cette période.
Recherches et classement

La grotte a fait l'objet de recherches scientifiques dès la fin du XIXe siècle, notamment de fouilles par É. Cartailhac et H. Breuil, Félix Régnault c'est à lui que l'on doit la découverte des empreintes de mains en 1906.
En particulier, de 1884 à 1887, Félix Régnault découvre les « oubliettes », cheminées naturelles remplies d’ossements du début du Quaternaire.
Elle est classée Monument historique en 1910[7],[8].
Tourisme
Les grottes de Gargas sont ouvertes au public[9].
Références
- Foucher Pascal, San Juan-Foucher Cristina, Rumeau Yoan, La grotte de Gargas. Un siècle de découvertes, Édition Communautés de Communes du Canton de Saint-Laurent-de-Neste, 2007, 128 pages.
- ↑ Henri Breuil et Émile Cartailhac ont initialement pensé à des doigts repliés mais ont abandonné cette hypothèse face aux échecs répétés dans leurs expériences pour reproduire fidèlement ces mains.
- ↑ Docteur Ali Sahly, Les mains mutilées dans l'art préhistorique, M.T.E,‎ 1966, 319 p.
- ↑ A. Leroi-Gourhan, « Les mains de Gargas : essai pour une étude d'ensemble », Bulletin de la Société préhistorique française,‎ 1957, p. 114
- ↑ Marc Groenen, « Les représentations de mains négatives dans les grottes de Gargas et de Tibiran », Bulletin de la Société Royale Belge d’Anthropologie et de Préhistoire, vol. 99,‎ 1988, p. 81–113
- ↑ Michel Lorblanchet, Les grottes ornées de la préhistoire. Nouveaux regards, Éditions Errance,‎ 1995, 287 p. (ISBN 2877721124)
- ↑ Claudine Cohen, « La préhistoire en images, l’art pariétal et le thème de la main », séance publique de l’Académie des beaux-arts, 7 mars 2012
- ↑ Le Muséum de Toulouse et l'invention de la Préhistoire, 2010 (ISBN 978-2-906702-18-9)
- ↑ « Grotte de Gargas », base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ Les grottes de Gargas : Nestploria
Voir aussi
Articles connexes
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