Institut national de la recherche agronomique
Institut national de la recherche agronomique (INRA) | ||
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Création | 1946 | |
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Siège | 147, rue de l’Université, Paris | |
Pays | ![]() | |
Organisme | Établissement public à caractère scientifique et technologique - ODAC | |
Rattachement | Ministère chargé de la Recherche Ministère chargé de l’Agriculture | |
Président | François Houllier ([1]) | |
Disciplines | Environnement Agronomie (Agriculture) Alimentation | |
Chercheurs statutaires | 1 828 | |
Doctorants | 1 784 | |
Site web | www.inra.fr | |
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L'Institut national de la recherche agronomique (INRA) est un organisme français de recherche en agronomie fondé en 1946, actuellement présidé par François Houllier (depuis 2012), ayant le statut d’Établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST), et sous la double tutelle du ministère chargé de la Recherche et du ministère chargé de l’Agriculture.
Premier institut de recherche agronomique en Europe et deuxième dans le monde en nombre de publications en sciences agricoles et en sciences de la plante et de l'animal[2], l'INRA mène des recherches finalisées pour une alimentation saine et de qualité, pour une agriculture durable, et pour un environnement préservé et valorisé.
Historique
L'Institut national de la recherche agronomique (INRA) est créé en 1946[3], au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, afin de répondre à la question "comment nourrir la France" alors que la pénurie alimentaire s'étend sur le territoire. La mission de l'INRA est d'associer science et technologie afin d'améliorer les techniques de l'agriculture et de l'élevage en France. L'agriculture de la France ne permet pas de subvenir aux besoins alimentaires du pays. L'agriculture en France est en retard par rapport au développement effectué dans d'autres grands pays.
La production de la France est suffisante pour subvenir aux besoins de la population à la fin des années 1960. L'INRA est encouragé à se développer localement, par la création de pôle régionaux.
Après le manque, la France doit même faire face à des excédents, dès les années 1970. La France devient exportatrice de denrées alimentaires. L'INRA a alors de nouveaux objectifs, en matière de qualité des aliments, ainsi que de la valeur ajoutée. Les recherches de l'INRA s'orientent alors sur la transformation de la matière première agricole, en intégrant un point de vue qualité (recherches en microbiologie) et procédés (sciences de l'ingénierie). Des partenariats entre des PME, des PMI et l'INRA facilitent l'implantation régionale du pôle de recherche.
En 1973, alors que la France est l'un des premiers exportateurs alimentaire, la crise énergétique pousse l'INRA à vouloir développer une agriculture autonome et économe, en réponse à des interrogations liées au développement local et à l'environnement.
Aujourd'hui, les travaux de recherche de l'INRA se consacrent trois domaines, inter-dépendants : l'agriculture, l'alimentation et l'environnement. L'ambition des travaux de l'INRA est de développer une agriculture adaptée aux besoins nutritionnels de l'homme tout en étant compétitive et respectueuse de l'environnement.
Identité visuelle (logo)
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Logo précédent.
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Logo depuis 2013.
Missions
Les recherches menées par l'INRA sont guidées par l'évolution des questionnements scientifiques et orientées par les défis planétaires posés par l'alimentation, l'environnement et la valorisation des territoires, que l'agriculture et l'agronomie ont à relever. Changement climatique, nutrition humaine, compétition entre cultures alimentaires et non alimentaires, épuisement des ressources fossiles, équilibre dans la gestion des territoires sont autant d'enjeux qui positionnent l'agronomie comme fondatrice d'un développement harmonieux sur les plans économique, social et environnemental.
L'INRA produit des connaissances fondamentales et construit, grâce à elles, des innovations et des savoir-faire pour la société. Il met son expertise au service de la décision publique.
Les grandes missions confiées à l'INRA sont les suivantes :
- Produire et diffuser des connaissances scientifiques ;
- Concevoir des innovations et des savoir-faire pour la société ;
- Éclairer, par son expertise, les décisions des acteurs publics et privés ;
- Développer la culture scientifique et technique et participer au débat science-société ;
- Former à la recherche et par la recherche.
Enjeux de recherche
Sols
L'INRA étudie le sol comme écosystème et comme ressource, diversifiée dans l’espace et sensible aux dégradations par les activités humaines. Les recherches analysent les fonctions agronomiques et environnementales. Elles portent prioritairement sur les matières organiques du sol, sur les échanges avec les plantes, l’eau et l’atmosphère et sur le fonctionnement des communautés vivantes du sol. L'INRA est leader européen de la recherche sur les stratégies de gestion durable des sols[4]. Parmi les centres INRA les plus impliqués dans ces thématiques : Versailles-Grignon (matière organique, écotoxicologie), Val de Loire (gestion patrimoniale), Montpellier (symbioses), Dijon (microbiologie des sols, centre de ressources), etc.
Changement climatique
Face à la survenue progressive d’un changement climatique de la planète, l'INRA s’intéresse particulièrement à l’impact de l’agriculture dans ce processus. Les recherches développent une vision globale et prospective du phénomène et proposent des solutions pour mieux le maîtriser. Elles sont destinées à permettre l’adaptation des pratiques au changement climatique et à savoir anticiper les nouvelles contraintes.
Carbone renouvelable
Le développement des recherches sur les agrocarburants, les bioproduits et les biomolécules répond à un triple enjeu : proposer des alternatives au pétrole, diminuer les émissions de gaz à effet de serre et diversifier les débouchés agricoles. L'INRA mène des études systémiques et multicritères (techniques, économiques, environnementaux et sociaux) avec, comme thématiques prioritaires : la lignocellulose pour les agrocarburants, la chimie verte et les fibres pour les biomatériaux.
Systèmes agricoles à haute performance environnementale
Les objectifs de développement durable exprimés par la société rendent nécessaire la conception de systèmes de culture et d’élevage innovants. Les recherches de l'INRA visent à élaborer de nouvelles manières de produire, d’organiser la production et de gérer l’espace agricole, à différentes échelles, pour concilier compétitivité, qualité des produits, équité sociale et respect de l’environnement, en intégrant chacun de ces paramètres à chaque étape des recherches conduites.
Eau
L’agriculture est la principale utilisatrice des ressources en eau douce au niveau mondial. Les recherches sur l’eau menées par l'INRA ont pour objectif d’élaborer des systèmes de production agricole innovants, de la parcelle au bassin versant, permettant de préserver, d’une part, la quantité et la qualité de la ressource et, d’autre part, les écosystèmes aquatiques.
Biodiversité
La biodiversité est aujourd’hui largement reconnue comme un processus dynamique, influencé par les interventions de l’homme. Ainsi l’agriculture modèle une large partie de notre territoire et le croisement des regards entre écologie et agronomie est riche d’enseignements. L’expertise scientifique collective « agriculture et biodiversité » conduite par l'INRA a mis en lumière les acquis de la science concernant l’impact de l’agriculture sur la biodiversité des espaces naturels, et les services que celle-ci peut rendre à l’agriculture. Elle montre aussi combien le fonctionnement des agro-écosystèmes reste pour une large part à découvrir. Décrire et comprendre la biodiversité à différents niveaux — gènes, espèces, écosystèmes, paysages — ainsi que les interactions entre ces niveaux et les pratiques agricoles, font partie des ambitions de l'institut.
Alimentation et nutrition humaine
Le paysage de l’alimentation humaine a considérablement évolué dans les pays développés au cours des dernières décennies. Il existe dans le monde un contraste important entre les situations de dénutrition et les maladies nutritionnelles dites de surcharge. L'INRA joue un rôle de premier plan dans ce domaine, notamment celui de producteur de connaissances scientifiques et d’animateur de la recherche institutionnelle. Les travaux de recherche, menés au sein de l'INRA, dans le domaine de l’alimentation abordent la thématique avec trois regards : celui du goût, du plaisir et du comportement, celui de la santé et du bien-être et enfin, celui de la sécurité.
Biotechnologies végétales
Les biotechnologies sont aujourd’hui un outil, aussi indispensable que répandu, des laboratoires de biologie et génétique végétale pour acquérir des connaissances sur le fonctionnement des plantes et les interactions plante-environnement. Elles sont porteuses d’innovations variées, potentiellement utiles et nécessaires pour relever les défis actuels et futurs de l’agriculture, voire d’autres secteurs tels la santé ou l’environnement. Faire en sorte que leur développement soit maîtrisé et contribue à la diversification, la durabilité et la compétitivité de l’agriculture nécessite que les recherches en abordent toutes les facettes, y compris les impacts éventuels des Organisme génétiquement modifié (OGM) lorsque ceux-ci sont susceptibles d’être cultivés en champ et intégrés dans la chaîne alimentaire. Les multiples approches mises en œuvre doivent être pluridisciplinaires et, notamment, permettre d’évaluer et comparer les bénéfices, les impacts et les risques des systèmes de production intégrant ou non des cultures OGM.
Maladies émergentes
Les maladies infectieuses animales représentent une menace majeure pour l’homme. Les recherches de l'INRA, dans ce domaine, ont pour objectif de décrypter les relations épidémiologiques entre le monde animal, ou végétal, et l’homme. Pour l'INRA, il est essentiel de développer une approche interactive de ces différents domaines et de les coordonner avec l’observation, l’expérimentation et la pratique clinique. La modélisation permet, en outre, aux chercheurs d’intégrer les multiples données épidémiologiques pour évaluer le risque d’émergence ou de propagation des épidémies.
Organisation
1 828 chercheurs dans le domaine des sciences du vivant, des sciences de la matière et des sciences humaines, 2 427 ingénieurs, 4 249 techniciens et administratifs œuvrent au service d’un dispositif de recherche unique. Par ailleurs, 1 784 doctorants et 1 000 stagiaires et chercheurs étrangers sont accueillis chaque année par l'institut.
Les recherches de l'INRA s’articulent autour de différentes thématiques réparties au sein de 13 départements scientifiques :
- Environnement et agronomie
- Écologie des forêts, prairies et milieux aquatiques
- Alimentation humaine
- Biologie et amélioration des plantes
- Caractérisation et élaboration des produits issus de l’agriculture
- Génétique animale
- Mathématiques et informatique appliquées
- Microbiologie et chaîne alimentaire
- Physiologie animale et systèmes d’élevage
- Santé animale
- Santé des plantes et environnement
- Sciences pour l’action et le développement
- Sciences sociales, agriculture et alimentation, espace et environnement
L'INRA met en œuvre des dispositifs originaux et des bases de données ouverts à la communauté scientifique : observatoires de recherche en environnement, centres de ressources génétiques, plateformes expérimentales, etc.
Implantation sur le territoire
En 2014, l'INRA est présent sur 17 centres régionaux, sur plus de 150 sites, y compris l'outre-mer[5]. Ce nombre diminue depuis quelques années suite aux fusions de centres : 19 centres en 2010[6], 20 en 2009 [7], 21 en 2008[8].
L'INRA entretient des partenariats scientifiques avec les grands instituts de recherche scientifique dans le monde, les universités, l'enseignement agronomique et vétérinaire, et s'engage dans la construction de l'espace européen de la recherche. L’institut développe de multiples collaborations et échanges avec la communauté scientifique internationale dans de nombreux pays en Europe, Amérique, Asie.
INRA magazine
De juin 2007 à décembre 2012, l'INRA a publié 23 numéros de sa revue trimestrielle, INRA magazine. L'arrêt de cette parution vise à « consacrer [les] forces éditoriales au nouveau site Internet »[9].
Lauriers de l'INRA
Créés en 2006, les lauriers de l'INRA récompensent le parcours professionnel de personnels qui se sont illustrés dans les divers domaines de la recherche agronomique : chercheurs confirmés, jeunes talents et ingénieurs ou techniciens exerçant des fonctions d'appui à la recherche.
Dans la catégorie « excellence scientifique », les lauriers ont été attribués :
- En 2006, à Georges Pelletier, directeur de recherche en génétique végétale à l'INRA.
- En 2007, à Jean Dénarié, directeur de recherche au Laboratoire des interactions plantes-micro-organismes (INRA/CNRS).
- En 2008, à Dusko Ehrlich, directeur de recherche à l’Unité de recherche de génétique microbienne du centre INRA de Jouy-en-Josas, département « Microbiologie et chaîne alimentaire ».
- En 2009, à Michel Moreaux, professeur de sciences économiques et ancien directeur du Laboratoire d'économie des ressources naturelles du centre INRA de Toulouse.
- En 2010, à Jean-Paul Renard, directeur de recherche au laboratoire de Biologie du développement et de la reproduction (Unité mixte de recherche de l'INRA et de l’École vétérinaire d’Alfort)
- En 2012, à Francis Martin, directeur de recherche à l'Unité Interactions arbres/micro-organismes de Nancy
- En 2014, à Francois Tardieu, directeur de recherche au LEPSE à Montpellier
Éditions Quæ
Depuis le , l'INRA héberge le siège de la maison d’édition Quae, constituée sous la forme d’un groupement d’intérêt économique (GIE). Elle produit et diffuse les titres issus des recherches de l'INRA, du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), de l'Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement (Cemagref) et de l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Elle compte un millier de titres à son catalogue.
Chronologie
- 1973 : J. Voegele créé un laboratoire des trichogrammes à la station de Lutte biologique d'Antibes (dirigée alors par P. Jourdheuil)[10].
Notes et références
- ↑ Les Échos, 26 juillet 2012
- ↑ D’après les chiffres de l’Institute for Scientific Information (ISI) cités par l'INRA sur son site.
- ↑ « INRA Jalons historiques »
- ↑ « Objectifs du projet Ecofinders »
- ↑ Plus d'informations sur la répartition nationale des Laboratoires INRA Chiffres Carte d'implantation des laboratoires INRA., consultée le 18 février 2013
- ↑ Guide du candidat 2010, consulté le 18 février 2013
- ↑ Guide du candidat 2009, consulté le 18 février 2013
- ↑ Guide du candidat 2008, consulté le 18 février 2013
- ↑ INRA Magazine n°23 (consulté le 18 février 2013).
- ↑ Nicole Hawlitzky, La lutte biologique à l'aide de Trichogrammes, Le Courrier de la Cellule Environnement n°16, avril 1992
Annexe
Articles connexes
- Organisme public civil de recherche français
- Orylag : race de lapin créée par l'INRA
- Pomme Ariane : variété de pomme créée à l'INRA
- Pomme Chantecler : variété de pomme créée à l'INRA d'Angers
- Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad)
- Institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement (Cemagref)
- Consortium national pour l'agriculture, l'alimentation, la santé animale et l'environnement
Liens externes
- Site officiel
- Légifrance - Code rural et de la pêche maritime - Article R. 653-12 - L'Institut national de la recherche agronomique
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