Histoire démographique de la France

Évolution du nombre d'habitants en métropole



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Sources :
- Compilation de données Insee, INED, et Jacques Dupaquier, Histoire de la population française, Paris, PUF, 1988. Les données datant d'avant les premiers recensements napoléoniens sont des estimations qui prêtent à débats. Les dernières recherches relatives à la période de la conquète romaine (Ier siècle av. J.-C.) tendent à établir une population gauloise de 12 à 14 millions d'habitants.
- Insee[2],[3].
Préhistoire
Les premiers hominidés sont attestés dans le sud de la France il y a plus de 500 000 ans, ils donneront naissance à l'homme de Néandertal. Il y a 40 000 ans l’homme de Cro-Magnon arrive d'Afrique via le Proche-Orient et l'Europe de l’Est. La population reste longtemps stabilisée à quelques milliers d'habitants. La fin des périodes glaciaires, au magdalénien, provoque une augmentation des ressources alimentaires disponibles et de la population :
- environ 3-4 000 habitants vers 100 000 av. J.-C. (soit moins de 0,006 hab/km²) ;
- environ 8-10 000 habitants entre 40 000 et 20 000 av. J.-C. (soit environ 0,015 hab/km², ou environ une centaine d'habitants pour un territoire ayant la taille d'un département français) ;
- peut-être 14 000 habitants à partir du magdalénien supérieur (après 17 000 ans av. J.-C.)[4].
Elle augmente brusquement avec le néolithique et la diffusion de l'agriculture, pour atteindre le million d'habitants au début du IIIe millénaire av. J.-C..
Protohistoire
Les premiers Celtes atteignent la France vers -700, apportant avec eux la civilisation indo-européenne.
Antiquité
Il y a environ 6 millions d'habitants au début de la conquête romaine en -200.[réf. souhaitée], entre 4 et 12 millions selon les estimations.
Haut Moyen Âge
À partir du IVe siècle, les invasions conduiront des individus ou des groupes d'individus issus de nombreux peuples à s'installer sur le territoire : Wisigoths en Aquitaine, Burgondes en Bourgogne, Ostrogoths en Provence, Vandales en Corse. Toutefois ces migrations ne représentent en général qu'au maximum quelques dizaines de milliers d'individus chacune, ne bouleversant pas la masse autochtone, sauf dans des régions bien définies, comme par exemple les Alamans en Alsace, les Francs ripuaires en Lorraine, les Francs saliens au Nord de la Seine, les Saxons dans le Boulonnais et le Bessin, les Bretons en Armorique occidentale ou les Scandinaves sur les côtes normandes et dans l'estuaire de la Seine.
Époque médiévale
On estime que vers la fin de l'Empire romain, la population gallo-romaine était d'environ 12,2 millions d'habitants.
Entre le Ve siècle et le VIIIe siècle, elle subit une forte diminution, puisqu'à l'époque de Charlemagne, vers l'an 800 elle est estimée à 8,8 millions. À cette même époque les Celtes chassés d'Angleterre par les Saxons s'installent en Bretagne. La première occupation de berbères musulmans, commencée en 715 par la prise de Narbonne, est repoussée en 759.
En cinquante ans, entre 800 et 850, la chute est vertigineuse, puisqu'on estime qu'au milieu du IXe siècle, sous le règne de Charles le Chauve, elle atteint à peine 5 millions d'habitants. En 838 les Sarrasins saccagent Marseille, razzient des habitants pour les réduire en esclavage et effectueront plusieurs autres razzias semblables jusqu'à l'an 1000, dans un contexte où les cotes italiennes et espagnoles sont encore plus exposées à leurs raids. À la même époque, les Vikings prennent pied à l'autre bout de la France. De nombreux scandinaves se fixent alors en Normandie. Le déclin démographique est stoppé au Xe siècle.
Au début du XIIIe siècle, vers 1200, la population française retrouve à peu près les chiffres qu'elle avait atteint 800 ans plus tôt, à la fin de l'Empire romain[réf. nécessaire]. Louis-Henri Fournet[5], fixe lui ce retournement démographique au XIe siècle : « Pour la première fois dans l'histoire du monde, des densités de trente à quarante habitants par kilomètre carré sont atteintes en France, en Lotharingie, en Angleterre et en Italie[6],[7] ».
Un peu plus d'un siècle plus tard, en 1320, à la fin de la dynastie des Capétiens directs, sous le règne de Charles IV le Bel, la France compte environ 24 000 paroisses (1 paroisse = environ 800 habitants) et atteint pour la première fois le chiffre de 20 millions d'habitants, sur un territoire de 320 000 km² (soit une densité de 62,5 h/km²).
Au milieu du XIVe siècle, après la Grande Peste, au début du règne de Jean II le Bon, on évalue la population française entre 16 et 18 millions d'habitants sur 400 000 km², soit une densité de seulement 45 h/km². Le domaine royal couvre 300 000 km², les grands fiefs environ 100 000 km². La Provence est partagée en 23 vigueries/baillies. Une baillie fait environ seize localités. Elle fait 31 400 km². Sa population est de 375 000 habitants (80 000 feux), soit une densité d'à peine 12 h/km². L'armée compte 25 000 hommes (1,25 % de la population). Entre 1357 et 1453, à la fin de la Guerre de Cent Ans, la population française reste stable autour de 16,6 millions d'habitants. Elle n'en demeure pas moins l'entité la plus peuplée d'Europe, et de loin.
Époque moderne
Le chiffre de 20 millions d'habitants est à nouveau atteint au début du XVIIe siècle, sur un territoire agrandi, donc avec une densité de population de 34 h/km². Alors que 300 000 huguenots sont chassés du territoire, 5 000 jacobites irlandais, et quelques milliers de catholiques Anglais ou Écossais se réfugient dans les ports français. Par ailleurs, des dizaines de milliers d'auvergnats et rouergats, s'établissent en Espagne, souvent une partie de l'année seulement, profitant du Siècle d'Or de ce royaume. Les communautés françaises, entre ces travailleurs et l'exil huguenot sont alors particulièrement nombreuses dans les pays d'Europe, surtout en Angleterre, aux Pays-Bas et dans les états allemands.
Époque contemporaine

Comparaison de population totale avec d'autres pays et exode rural
Jusqu'en 1795, La France comptait la troisième population au monde derrière la Chine et l'Inde[réf. nécessaire]. Mais durant le XIXe siècle, le taux de natalité en France fut le plus bas d'Europe et la population a donc peu évolué, contrairement à ses voisins comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni où les populations ont plus que doublé. Entre 1795 et 1866, la France métropolitaine était en quatrième position mondiale derrière la Chine, l'Inde, et la Russie.
Classement en Europe
Jusqu'en 1795, la France métropolitaine était le pays le plus peuplé d'Europe, Russie comprise.
Entre 1795 et 1866, la France métropolitaine était en deuxième position derrière la Russie.
Entre 1866 et 1911, la France métropolitaine était en troisième position derrière la Russie et l'Allemagne. Elle devient alors un pays d'immigration d'abord pour les Belges puis pour les Italiens.
Entre 1911 et 1931, la France métropolitaine était en quatrième position derrière la Russie, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. L'exode rural ne touche que tardivement la France par rapport aux autres pays d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord. Ainsi, la France compte 43,8 % de personnes vivant de la terre au recensement de 1906, et 31 % à celui de 1954[8]. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, l'exode rural touche ainsi principalement les terroirs d'exploitation difficile, particulièrement dans le sud de la France ou les régions montagneuses, dont, par exemple, l'Ardèche, qui atteint un pic de population sous le Second Empire, comptant 388 500 habitants selon le recensement de 1861[8]; « comme dans beaucoup d'autres régions où prévalait un système analogue, le déclin des industries en milieu rural entraîna celui de l'agriculture, et réciproquement. En un siècle, l'Ardèche perdit ainsi plus de cent quarante mille habitants, par émigration ou par dénatalité, soit plus du tiers des Ardéchois du XIXe siècle, pour ne plus compter que 245 600 personnes au recensement de 1962 » (A. Frémont, 1997[8]).
Elle a continué à connaître une importante immigration au cours du XXe siècle. Dans les années 1930 est arrivée une première vague venant d'Italie et de Pologne, essentiellement pour des motifs économiques[9]. Puis après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Espagnols et Portugais ont fui les dictatures de leur pays. À partir du début des années 1960, ce sont des migrants venant du Maghreb puis d'Afrique noire, plus récemment de Turquie et d'Asie. Le rapatriement des Pieds-Noirs aura également une grande influence sur la démographie française. Entre 1931 et 1991, la France métropolitaine était le pays comptant la cinquième plus importante population en Europe, derrière la Russie, l'Allemagne la Grande-Bretagne et l'Italie.
Entre 1991 et 2000, la France métropolitaine était en quatrième position derrière la Russie, l'Allemagne et la Grande-Bretagne.
Depuis 2000, la France métropolitaine est en troisième position derrière la Russie et l'Allemagne.
Notes et références
- ↑ Chiffres de la DAES, 2012
- ↑ Insee - Évolution de la population de la France métropolitaine [xls]
- ↑ Bilan démographique 2008
- ↑ Sophie de Beaune « Comment vivaient nos ancêtres », in L’origine des sociétés, Sciences humaines no 9, décembre 2007-janvier-février 2008, p 45
- ↑ Auteur d'un Tableau synoptique de l'histoire du monde pendant les cinquante derniers siècles, Édition SIDES, Fontenay sous bois, 1987/2005, (ISBN 2868610153)
- ↑ (fr) Tableau synoptique de l'histoire du monde pendant les cinquante derniers siècles », Louis-Henri Fournet, Édition SIDES, Fontenay sous bois, 1987/2005, (ISBN 2868610153), page 20.
- ↑ La première partie de l'affirmation de Louis-Henri Fournet (« Pour la première fois dans l'histoire du monde ») est cependant partiellement contredite. Les archéologues de la civilisation maya estiment la densité de population maya de l'ère classique à un chiffre compris entre quatre-vingt et deux cent quatre-vingt-dix habitants au kilomètre carré. Chiffres cités par Jared Diamond, page 190 de son essai Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie publié en 2006 chez Gallimard, (ISBN 2070776727). Il faut aussi citer la ville de Bagdad, considérée comme la première à avoir atteint une population d'un million d'habitant entre les IXe siècle et Xe siècle. Cf. à ce propos (en) Largest Cities Through History
- 1 2 3 Armand Frémont, « La terre », in Les Lieux de mémoire, tome III (dir. Pierre Nora), Quarto Gallimard, 1997, p.3047-3080 (en part. p.3050-3051)
- ↑ http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=56
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