Académie des sciences morales et politiques
Académie des sciences morales et politiques | |
![]() L'Institut de France, où siège l'Académie des sciences morales et politiques. |
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Fondation | 1832 |
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Discipline | Philosophie, Morale et sociologie, Législation, droit public et jurisprudence,Économie politique, statistique et finances, Histoire et géographie |
Pays | France |
Ville | Paris |
Langue | Français |
Fondateur | François Guizot |
Président | Chantal Delsol |
Affiliation | Institut de France |
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L'Académie des sciences morales et politiques est l'une des cinq académies de l'Institut de France. Fondée en 1795, supprimée en 1803 et rétablie en 1832 sous l'influence du ministre et académicien François Guizot, l’Académie des sciences morales et politiques est la plus ancienne institution française couvrant le champ des sciences humaines et sociales. Dans l’esprit de Montesquieu, son rôle est de décrire scientifiquement la vie des hommes en société afin de proposer les meilleures formes pour son gouvernement.
Organisation
Les membres de l’Académie sont élus par leurs pairs, selon leurs mérites personnels. L’Académie compte 50 membres répartis, selon leurs spécialités, en six sections :
- I : Philosophie
- II : Morale et sociologie
- III : Législation, droit public et jurisprudence
- IV : Économie politique, statistique et finances
- V : Histoire et géographie
- VI : Section générale, anciennement appelée « membres libres »
À ces six sections s'ajoutent des associés étrangers et des correspondants. En 2013, parmi les associés étrangers figurent notamment le prince Charles, Juan Carlos Ier et Benoît XVI.
L'Académie constitue un organe de réflexion interdisciplinaire. Elle diffuse sur son site internet, les textes des communications qui lui sont présentées, ainsi que des rapports et certains textes écrits par ses membres.
Histoire
Ancêtres des Académies actuelles, les Académies royales furent créées dans la seconde moitié du XVIIe siècle : Académie française (1635), Académie des inscriptions et belles-lettres (1663), Académie des sciences (1666), ainsi que les différentes académies à l'origine de l'Académie des beaux-arts.
La classe des sciences morales et politiques de l'Institut national (1795-1803)
Il n'existait avant 1789 aucune institution spéciale correspondant à l'Académie des sciences morales et politiques. Celle-ci a pour origine la « Classe des sciences morales et politiques » de l'Institut national des sciences et des arts créé par la Convention du 5 fructidor an III (22 août 1795), deux ans après la suppression des Académies royales par la Révolution française (décret de la Convention du 8 août 1793).
L'Institut était alors divisé en trois classes : la première consacrée aux sciences physiques et mathématiques (domaine de l'ancienne Académie des sciences), la deuxième aux sciences morales et politiques, et la troisième à la littérature et aux beaux-arts (domaine des autres Académies antérieures à la Révolution : Académie française, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Académie royale de peinture et de sculpture, Académie royale d'architecture).
La suppression de la classe des sciences morales et politiques (1803)
Par arrêté consulaire du 3 pluviôse an XI (), l'Institut national fut réorganisé en quatre classes : classe des sciences physiques et mathématiques, classe de la langue et de la littérature française, classe d'histoire et de littérature anciennes, classe des beaux-arts. Les membres des trois classes primitives devaient être répartis dans les quatre nouvelles, ceux de la classe des sciences morales et politiques étaient transférés, suivant la nature de leur travaux, soit dans la classes des sciences physiques et mathématiques, soit dans celle de langue et de littérature française, soit dans celle d'histoire et de littérature anciennes.
L'ordonnance du 21 mars 1816, promulguée par Louis XVIII vint reconstituer les anciennes Académies en les rétablissant dans leur nom et dans leurs prérogatives au sein de l'Institut de France conservé mais réformé toutefois cette restauration ne concerna pas le domaine des sciences morales et politique.

La restauration de la classe des sciences morales et politiques (1832)
« Les sciences morales et politiques influent directement parmi nous sur le sort de la société, elles modifient rapidement les lois et les mœurs. On peut dire que, depuis un demi-siècle, elles ont joué un rôle dans notre histoire. C'est qu'elles ont acquis pour la première fois ce qui leur avait toujours manqué, un caractère vraiment scientifique. »
C'est ainsi que François Guizot, ministre de l'Instruction publique du roi des Français Louis-Philippe Ier et historien, argumentait auprès du roi la nécessité de rétablir la seconde classe.
L'Académie des Sciences morales et politiques fut restaurée par l'ordonnance du 26 octobre 1832. Elle était divisée en cinq sections : philosophie, morale (devenue par la suite morale et sociologie), législation, droit public et jurisprudence, économie politique et statistique (complétée plus tard par l'adjonction du mot « finances »), histoire générale et philosophique (devenue depuis histoire et géographie).
Douze académiciens subsistaient de la seconde classe. Ils élurent leurs nouveaux confrères.
Le premier règlement intérieur fixant le nombre d'académiciens de chacune des sections, le nombre de membres libres, d'associés étrangers et de correspondants a connu sa principale modification en 1964, lorsque l'Académie a décidé de supprimer la catégorie des membres libres pour les réunir au sein d'une nouvelle section d'académiciens titulaires, la section générale, composée de dix membres.
Rôle et missions de l'Académie
Travaux
Placée sous la protection du chef de l'État, l'Académie, qualifiée de personne morale publique à statut particulier, remplit ses fonctions par la tenue de séances de réflexion régulières, ordonnées autour de thèmes fondamentaux ou d'actualité.
Dans les dernières années, ont été étudiés des thèmes tels que :
- État et religion (1994)
- Le rôle et la place de l'État au début du XXIe siècle (2000)
- L'homme et sa planète (2002)
- Regards croisés sur l'Europe (2004)
- La France est-elle malade de sa justice ? (2006)
Conseil
À ce titre, l'Académie a souvent été sollicitée par les pouvoirs publics sur des sujets de société. Très fréquente jusqu'en 1914, cette pratique est devenue plus rare par la suite, en raison de la professionnalisation de la vie publique et de la multiplication du nombre des experts dans les ministères. Toutefois, l'Académie continue à exercer un magistère moral et continue de saisir, quand le besoin s'en fait sentir, les pouvoirs publics. Au cours de ces dernières années, elle a ainsi eu plusieurs fois l'occasion d'émettre des avis, des motions ou des vœux tels que :
- Avis de l'Académie sur le projet de loi constitutionnelle concernant la Charte de l'Environnement (10 mai 2004)
- Recommandations sur les adaptations juridiques du droit d'auteur à Internet (9 juillet 2001)
- Motion sur les réformes des procédures de recensement de la population française (16 octobre 2000)
- Vœu sur la traduction des brevets européens (19 juin 2000)
- Vœu contre la brevetabilité du génome humain (5 juin 2000)
- Avis de l'Académie sur le projet de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe (21 janvier 2013), avis négatif à l'unanimité moins deux abstentions sur le projet de loi[1].
Validation
En distribuant des prix et récompenses tous les ans[2], l'Académie répond à l'exigence de signaler les meilleurs ouvrages publiés sur les thèmes proposés au concours dans les dernières années écoulées.
Elle rend également des avis sur les élections dans les grands établissements d'enseignement et de recherche : École pratique des hautes études, École des hautes études en sciences sociales, Conservatoire national des arts et métiers, Collège de France.
Membres actuels
- Voir aussi la Liste des membres de l'Académie des sciences morales et politiques
- Bureau pour 2015 :
- Président : Chantal Delsol
- Vice-président : Gilbert Guillaume
- Secrétaire perpétuel : Xavier Darcos
Section | Fauteuil | Membre | Date |
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I : Philosophie | 1 | Chantal Delsol | 2007 |
2 | Alain Besançon | 1999 | |
3 | Bernard Bourgeois | 2002 | |
4 | Lucien Israël | 1996 | |
5 | Fauteuil vacant | 2015 | |
6 | Jean Mesnard | 1997 | |
7 | Rémi Brague | 2009 | |
8 | Bertrand Saint-Sernin | 2002 | |
II : Morale et sociologie | 1 | Mireille Delmas-Marty | 2007 |
2 | Jean Baechler | 1999 | |
3 | Jean Cluzel | 1991 | |
4 | Pierre Brunel | 2015 | |
5 | Marianne Bastid-Bruguière | 2001 | |
6 | Jean-François Mattéi | 2015 | |
7 | Xavier Darcos | 2006 | |
8 | Haïm Korsia | 2014 | |
III : Législation, droit public et jurisprudence | 1 | Yves Gaudemet | 2014 |
2 | Bruno Cotte | 2010 | |
3 | Jacques Boré | 1991 | |
4 | Prosper Weil | 1999 | |
5 | André Damien | 1994 | |
6 | Gilbert Guillaume | 2007 | |
7 | François Terré | 1995 | |
8 | Pierre Delvolvé | 2009 | |
IV : Économie politique, statistique et finances | 1 | Fauteuil vacant | 2015 |
2 | Michel Pébereau | 2007 | |
3 | Fauteuil vacant | 2015 | |
4 | Bertrand Collomb | 2001 | |
5 | Jean-Claude Casanova | 1996 | |
6 | Marcel Boiteux | 1992 | |
7 | Yvon Gattaz | 1989 | |
8 | Jean Tirole | 2011 | |
V : Histoire et géographie | 1 | Georges-Henri Soutou | 2008 |
2 | Jean-Robert Pitte | 2008 | |
3 | François d'Orcival | 2008 | |
4 | Emmanuel Le Roy Ladurie | 1993 | |
5 | Philippe Levillain | 2011 | |
6 | Claude Dulong | 1996 | |
7 | Alain Duhamel | 2012 | |
8 | Jean Tulard | 1994 | |
VI : Section générale | 1 | Renaud Denoix de Saint Marc | 2004 |
2 | André Vacheron | 2009 | |
3 | Jean-David Levitte | 2007 | |
4 | Christian Poncelet | 2003 | |
5 | Pierre Mazeaud | 2005 | |
6 | Gabriel de Broglie | 1997 | |
7 | Jean-Claude Trichet | 2010 | |
8 | Thierry de Montbrial | 1992 | |
9 | Jacques de Larosière | 1993 | |
10 | Roger Etchegaray | 1994 | |
Membres associés étrangers | 1 | Javier Pérez de Cuéllar | 1989 |
2 | S.Exc. Joseph Ratzinger, pape Benoît XVI | 1992 | |
3 | S.A.R. le prince Charles, prince de Galles | 1992 | |
4 | S.A.R. le prince Hassan de Jordanie | 2008 | |
5 | Stephen Breyer | 2012 | |
6 | Fauteuil vacant | 2015 | |
7 | Ismail Kadare | 1996 | |
8 | Mario Monti | 2012 | |
9 | Dora Bakoyannis | 2008 | |
10 | Jean Starobinski | 1987 | |
11 | S.M. Juan Carlos Ier, roi d'Espagne | 1986 | |
12 | Jean-Claude Juncker | 2006 | |
Références
- ↑ Avis de l’Académie des sciences morales et politiques sur le projet de loi ouvrant le mariage aux personnes du même sexe
- ↑ Page prix et médailles sur le site officiel de l'Académie des Sciences morales et politiques.
Liens internes
- Société savante
- Liste des sociétés savantes de France
- Liste de sociétés savantes d'histoire et d'archéologie en France
Liens externes
- Site officiel
- Portail de la France