Orange (fruit)



L’orange est un agrume, fruit des orangers, des arbres de différentes espèces de la famille des Rutacées ou d'hybrides de ceux-ci. Il en existe donc plusieurs types, principalement issus de l'espèce Citrus sinensis comme les oranges sanguines, et les oranges amères produites par le bigaradier.
Comestible, elle est très riche en vitamine C. C’est le quatrième fruit le plus cultivé au monde.
Botanique
Description

L'orange est, comme son nom l'indique, de couleur orange. Elle possède une peau épaisse et assez rugueuse. Elle se découpe en quartiers comme sa cousine la mandarine. L'orange est un fruit juteux, sucré, excitant et il contient de la vitamine C. On utilise ce fruit pour les salades de fruits, les confitures, ou pour consommer son jus.
Les oranges sanguines tirent leur nom de la couleur totalement ou partiellement rouge de leur chair.Cette coloration est due à la présence d'anthocyane, dont la synthèse démarre chez certaines espèces quand elles subissent un coup de froid. Les anthocyanes de l'orange sont à l'origine bleues mais virent au rouge en présence de l'acidité de l'orange.
Typologie

L'orange appartient au groupe des agrumes, comme le citron, la bergamote et le pamplemousse. Il existe de nombreuses variétés d'oranges parmi lesquelles :
- Bigarade
- Jaffa
- Moro, sanguine.
- Orange maltaise demi-sanguine et maltaise blonde.
- Navel, dont les sous-variétés Washington Navel et sa fille par mutation spontanée nommée Navel Late, la plus réputée pour la dégustation[1].
- Sanguines
- Orange du Portugal
- Valence
- Salustiana, riche en jus (60 %) et sans pépin. Obtenue par mutation spontanée de Citrus sinensis au couvent de Benimuslen, Castellon de la Plana en Espagne.
- Ambersweet
- Orange d'hiver ou orange Raphaela
- Taroco, demi-sanguine.
- Valencia Late avec 55 % de jus.
Histoire


L'oranger (Citrus sinensis) est originaire de Chine. On peut distinguer deux grandes routes de pénétration de ce fruit en Europe. La route méditerranéenne fut empruntée, à l'époque des croisades (XIe siècle-XIIIe siècle), par l'orange amère ou bigarade : transmis par les Perses aux Arabes, ce fruit fut implanté en Sicile, d'où il se diffusa vers le reste de l'Europe. Dans un second temps, au XVIe siècle, les navigateurs portugais découvrirent l'orange douce en Chine, et la rapportèrent en Europe ; son succès finit par évincer l'orange amère.
Jusqu'à la première moitié du XXe siècle, l'orange était un fruit de luxe, et souvent offert comme cadeau de Noël et Saint-Nicolas (Pays-Bas) aux enfants. Sa culture en bac a longtemps été un symbole de pouvoir pour les aristocrates qui lui dédiaient des bâtiments spécialisés : les orangeries.
Étymologie
Le mot orange vient de l'arabe narandj, à l'origine de naranja en castillan, arancia en italien ou encore aràngi en provençal. Pendant longtemps ces fruits remontèrent le Rhône jusqu'à la ville d'Orange, du latin Arausio qui a donné Ouranjo en provençal et Orange en français. Puis elles furent distribuées à partir du port fluvial de cette ville, d'où leur nom de pomme d'Orange, puis d'orange, peut-être aussi par amalgame d’Orange et d’arange[2].
Économie
Production
L'industrie de l'orange représente un chiffre d'affaires mondial de l'ordre de 2 milliards de dollars américains, les premiers producteurs étant le Brésil et les États-Unis (principalement de la Floride).
Pour consommer ce fruit tous les mois de l'année, des oranges dites de contre-saison sont cultivées. Cette production en zone tempérée chaude réduit l'extension des surfaces de production dans l'hémisphère Sud. Le Chili, l'Uruguay, l'Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande s'imposent. Les ventes estivales sont caractérisées par l'étroitesse de l'offre.
L'exemple de l'Uruguay est ici précisé. Lors de l'indépendance algérienne, des producteurs d'oranges français, décident d'émigrer en Uruguay pour y réimplanter leurs cultures fruitières. Après une installation déstabilisante, les cultivateurs francophones découvrent un marché local difficile. Les exportations lointaines sont un impératif, mais nécessitent une organisation rigoureuse de toute la filière : calibrage, conditionnement, équipements, moyens de transport routiers et maritimes. En 1972, des aides économiques insérées dans le plan Citrico commun au pays voisins de l'estuaire de la Plata, Uruguay et Argentine, posent les jalons jusqu'en 1992.
Nueva Palmica en Uruguay produit des oranges, Campana en Argentine produit des citrons. Les deux villes deviennent des pôles de récolte et d'exportation d'agrumes : des usines lavent, calibrent et trient la récolte. Celle-ci est chargée dans des camions réfrigérés qui transportent les fruits aux navires reefer sur palettes et en cartons. Les plates-formes de distribution traitent avec les enseignes de grande distribution. Les rebuts du tri et du calibrage, produisent des desserts et des salades de fruits.

Production en tonnes. Chiffres 2003-2004[3] | |||||
Pays | 2003 | 2004 | |||
Brésil | 16 902 600 | 28 % | 18 262 632 | 29 % | |
États-Unis | 10 473 450 | 17 % | 11 729 900 | 19 % | |
Mexique | 3 969 810 | 7 % | 3 969 810 | 6 % | |
Inde | 3 070 000 | 5 % | 3 070 000 | 5 % | |
Espagne | 3 112 900 | 5 % | 2 900 000 | 5 % | |
Chine | 1 831 681 | 3 % | 1 892 681 | 3 % | |
Iran | 1 850 000 | 3 % | 1 850 000 | 3 % | |
Italie | 1 962 000 | 3 % | 1 800 000 | 3 % | |
Égypte | 1 740 000 | 3 % | 1 750 000 | 3 % | |
Indonésie | 1 441 680 | 2 % | 1 600 000 | 3 % | |
Autres pays | 14 056 733 | 23 % | 13 884 613 | 21 % | |
Total | 60 410 854 | 100 % | 62 709 636 | 100 % |
Consommation

L'orange de Noël date de la Belle Époque bourgeoise ou de l'entre-deux-guerres des foyers ouvriers et paysans.[style à revoir][réf. nécessaire]
La pomme est le premier fruit consommé en France (part de marché en 2010 : 22,6 %) devant l'orange (12,3 %) et la banane (12,2 %)[4].
Utilisations
Alimentation
Le fruit est consommé frais, mais il est aussi utilisé dans d'innombrables recettes comme le jus d'orange (54 % du marché des jus de fruits), les confitures, les pâtisseries, certains alcools, ou le canard à l'orange...
Informations nutritionnelles
Orange crue | |||
eau : 86,75 g | cendres totales : 0,44 g | fibres : 2,4 g | valeur énergétique : 47 kcal |
glucides : 11,75 g | sucres simples : 9,35 g | protéines : 940 mg | lipides : 120 mg |
oligo-éléments | |||
potassium : 181 mg | calcium : 40 mg | phosphore : 14 mg | magnésium : 10 mg |
fer : 100 µg | zinc : 70 µg | cuivre : 45 µg | sodium : 0 mg |
vitamines | |||
vitamine C : 53,2 mg | vitamine B1 : 87 µg | vitamine B2 : 40 µg | vitamine B3 : 282 µg |
vitamine B5 : 250 µg | vitamine B6 : 60 µg | vitamine B9 : 0 µg | vitamine B12 : 0 µg |
vitamine A : 225 UI | rétinol : 0 µg | vitamine E : 0,18 µg | vitamine K : 0 µg |
acides gras | |||
saturés : 15 mg | mono-insaturés : 23 mg | poly-insaturés : 25 mg | cholestérol : 0 mg |
Les zestes, confitures ou marmelades faits avec des écorces d'oranges traitées avec des produits phytosanitaires peuvent contenir des quantités significatives de résidus de pesticides[5]. Les écorces attaquées par des champignons ou moisissures (moisissure bleue notamment) peuvent également contenir des mycotoxines.
Propriétés
Une étude chez l'homme a montré l'effet anxiolytique de l'odeur de l'essence d'orange diffusée dans l'atmosphère[6]. Les peaux d'oranges, mais aussi de citrons ou de pamplemousses, libèrent communément par pression ou par grattage des molécules de furocoumarines : un contact prolongé ou un frottement avec la peau couplé à une exposition au soleil peut provoquer des rougeurs irritantes et des démangeaisons désagréables. Ce sont ces mêmes gammes de molécules à base "coumarine" qui expliquent l'odeur des essences d'oranges et leurs implications relaxantes[7].
Pomme d'ambre

L'orange, ou autre agrume, piquée de clous de girofle et enrobée de poudre d'épices est la version végétale du bijou en métal précieux ciselé contenant l'ambre gris, la civette ou le musc et nommé « pomme de senteur »[8] « pomme d'ambre »[9], pomander[10], pomandre[11] ou pommandre[12]. Portée sur soi dans un sachet suspendu au cou, elle était, au Moyen Âge, censée protéger de l'infection. En ameublement, elle sert aujourd'hui à parfumer et décorer la maison ou, placée dans les armoires, à protéger le linge contre les mites.
Calendrier républicain
- Dans le calendrier républicain, Orange était le nom attribué au 24e jour du mois de brumaire[13].
Notes et références
- ↑ Les variétés d'oranges selon lanutrition.fr
- ↑ Le provençal pour les nuls, 2011, p. 76.
- ↑ Données de FAOSTAT (FAO)
- ↑ Jean-Paul Frétillet, « les petits secrets des pommes », Magazine Ça m'intéresse n° 356, octobre 2010, p. 88
- ↑ Roger F. Albach, Bruce J. Lime, Pesticide residue reduction by the process of preparing whole orange puree ; J. Agric. Food Chem., 1976, 24 (6), pp 1217–1220 DOI: 10.1021/jf60208a025 Publication Date: November 1976
- ↑ (en) Lehrner J, Eckersberger C, Walla P, Pötsch G, Deecke L. Ambient odor of orange in a dental office reduces anxiety and improves mood in female patients. Physiol Behav. 2000 Oct 1-15;71(1-2):83-6. PMID 11134689
- ↑ Notons que les diverses coumarines du foin ont un effet décontractant et reposant similaire, connu depuis des temps immémoriaux. Les éleveurs paysans après les harassants travaux de fenaison, s'assoupissaient facilement, s'étalant sur une couverture placée sur le foin entassé dans la quiétude du labeur accompli.
- ↑ De la « pomme de senteur » à la « pomme d'ambre », p. 83 Le Parfum et la chair, Annick Le Guérer, in Odeurs, Isabelle Balsamo (dir), Terrain : carnets du patrimoine ethnologique n° 47, Paris, Éditions MSH, 2006, 164 p. (ISBN 9782735111305)
- ↑ (en) De la pomme d'ambre à la pomandre p. 44 Tudor costume and fashion, Herbert Norris, Courier Dover Publications, 1997, 832 p. (ISBN 9780486298450)
- ↑ Le pomander à la renaissance, pp. 107-108 Le parfum des origines à nos jours, Annick Le Guérer, Paris, Odile Jacob, 2005, 406 p. (ISBN 9782738116703)
- ↑ La pomandre dans les chapelets et autres bijoux, pp. 160-162 Flore au paradis : emblématique et vie religieuse aux XVIe et XVIIe siècles, volume 9, Paulette Choné, Bénédicte Gaulard, Glasgow, Department of French, University of Glasgow, 2004, 230 p. (ISBN 9780852618097)
- ↑ La pommandre de La Guirlande de lauriers, John Skelton, p. 815 in Patrimoine littéraire européen : anthologie en langue française, volume 6 : Prémices de l'humanisme, 1400-1515, Jean-Claude Polet (dir.), Bruxelles, De Boeck Université, 1995, 940 p. (ISBN 9782804120788)
- ↑ Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 20.
Voir aussi
Articles connexes
- Vin d'orange
- Mandora, croisement entre une tangerine et une orange.
- Hémérochorie
- Jus d'orange
- Soda à l'orange
Bibliographie
- Alain Blondy, Parfum de Cour, gourmandise de rois. Le commerce des oranges entre Malte et la France au XVIIIe siècle, d’après la correspondance entre Joseph Savoye, épicier à Paris, et son fils, l’abbé Louis Savoye, chapelain conventuel de l’Ordre de Malte, Paris, Bouchène/Fondation de Malte, 2003,(ISBN 2-912946-52-2).
Liens externes
- L'Orange : une baie particulière
- [PDF] « L'orange, le jus d'orange, huile essentielle d'orange Importation UE », CIRAD, Revue FruiTrop
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