Missouri (rivière)

Missouri | |
![]() Le Missouri à Saint Joseph. |
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![]() Le Missouri et ses grands affluents. |
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Caractéristiques | |
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Longueur | 4 090 km |
Bassin | 1 376 180 km2 |
Bassin collecteur | Mississippi |
Débit moyen | 2 300 m3/s |
Cours | |
Origine | Confluence de la Madison et de la Jefferson |
· Localisation | Montana, États-Unis |
· Altitude | 1 232 m |
· Coordonnées | 45° 55′ 39″ N 111° 30′ 29″ O / 45.9275, -111.508056 |
Confluence | Mississippi |
· Localisation | Près de Saint-Louis, Missouri, États-Unis |
· Altitude | 123 m |
· Coordonnées | 38° 48′ 49″ N 90° 07′ 11″ O / 38.813611, -90.119722 |
Géographie | |
Principaux affluents | |
· Rive gauche | Milk, James |
· Rive droite | Yellowstone, Platte, Kansas |
Pays traversés | ![]() |
Principales localités | Great Falls, Pierre, Sioux City, Omaha, Kansas City |
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Le Missouri est une rivière des États-Unis et le principal et le plus long affluent du fleuve Mississippi.
Géographie
Rivière des États-Unis, le Missouri est non seulement l'affluent le plus long du Mississippi mais, en remontant de part et d'autre de leur confluent, il a fallu des dizaines d'années aux explorateurs pour être certains qu'il était plus long que le Mississippi lui-même : son cours totalise 4 370 km, loin derrière le record du monde du Nil et de l'Amazone. Cependant, si on lui ajoute le Mississippi, on obtient un cours d'eau long de 6 800 km[1] et qui dépasse le Nil en longueur. Son débit varie de 120 à 17 000 m3/s[1].
Il naît dans le sud-ouest du Montana, au confluent de trois rivières : (Jefferson, Madison et Gallatin), qui prennent leur source dans les montagnes Rocheuses. Il traverse les Grandes Plaines de l'est du Montana, du Dakota du Nord, et du Dakota du Sud, marque la frontière entre le Nebraska et l'Iowa, puis entre le Kansas et le Missouri avant d'aller se jeter dans le Mississippi juste au nord de Saint-Louis.
Le Missouri est surnommé « Big Muddy » (en français : Grand boueux, trouble) car ses eaux charrient beaucoup de limon, ce qui est particulièrement visible à son point de confluence avec le Mississippi. Son taux de turbidité est de 2,7 kg par mètre cube[1].
Affluents
La rivière Missouri et ses affluents drainent une vaste portion du territoire américain correspondant à environ un sixième de sa superficie. Les affluents de sa rive droite ont pour la plupart une orientation générale ouest-est et drainent les plaines semi-arides situées à l'ouest du centième méridien appelées communément en anglais les Great Plains (en français les Grandes Plaines). Plusieurs d'entre eux prennent leur source dans les montagnes Rocheuses ou sur leurs contreforts. C'est notamment le cas de la Yellowstone, de la Platte River et de la rivière Niobrara. Les affluents de la rive gauche sont nettement plus courts que ceux de la rive droite, à l'exception notable de la Milk et de la James River. Ils ont pour la plupart une orientation générale nord-sud. Trois d'entre eux, les Milk, Big Muddy Creek et Poplar River, drainent une très petite portion du territoire canadien.

Les noms des principaux affluents que reçoit le Missouri d'amont en aval sont donnés dans le tableau ci-dessous ainsi que leur longueur, la superficie de leur bassin versant, leur débit moyen et la rive qu'ils occupent.
Nom | Longueur | Bassin versant | Débit | Rive |
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Jefferson | 124 km | 24 670 km2 | 53 m3⋅s-1 | |
Madison | 295 km | 50 m3⋅s-1 | ||
Gallatin | 193 km | 4 650 km2 | 33 m3⋅s-1 | |
Sun | 209 km | gauche | ||
Marias | 338 km | gauche | ||
Judith | 200 km | droite | ||
Musselshell | 470 km | 7 m3⋅s-1 | droite | |
Milk | 1 173 km | 57 800 km2 | 15,5 m3⋅s-1 | gauche |
Big Muddy Creek | 307 km | gauche | ||
Yellowstone | 1 080 km | 182 300 km2 | 350 m3⋅s-1 | droite |
Petit Missouri | 901 km | 21 500 km2 | 14,5 m3⋅s-1 | droite |
Grand River | 320 km | 7 m3⋅s-1 | droite | |
White River | 816 km | 26 400 km2 | 17 m3⋅s-1 | droite |
Cheyenne | 475 km | 62 000 km2 | 23 m3⋅s-1 | droite |
Niobrara | 692 km | 30 000 km2 | 51 m3⋅s-1 | droite |
James | 1 143 km | 53 500 km2 | 25 m3⋅s-1 | gauche |
Big Sioux | 470 km | 21 800 km2 | 57 m3⋅s-1 | gauche |
Platte | 1 596 km[2] | 230 000 km2 | 198 m3⋅s-1 | droite |
Kansas | 1 196 km[3] | 155 000 km2 | 207 m3⋅s-1 | droite |
Osage | 805 km | 39 600 km2 | 308 m3⋅s-1 | droite |
Débits du Missouri

Le débit de la rivière a été mesuré dans plusieurs localités. Le Missouri roule 144 m³/s à Toston, quelques kilomètres en aval de Three Forks, dans le Montana. À Bismarck, après avoir reçu les eaux de la Yellowstone, il roule 624 m³/s. À Kansas-City après avoir reçu les eaux de la Platte River et de la Kansas River, il roule 1 551 m³/s. Enfin à Hermann, quelques kilomètres avant son embouchure, il roule 2 440 m³/s [4]. Le Missouri double presque le volume du Mississippi à la confluence des deux rivières. Il contribue pour 45 % au débit total du fleuve à Saint Louis en temps normal mais cette contribution peut atteindre 70 % durant un épisode de sécheresse.
Le Missouri draine une vaste plaine au climat en grande partie semi-aride, les précipitations diminuant graduellement vers l'ouest en direction des montagnes Rocheuses. C'est pourquoi, bien que son bassin hydrographique soit nettement plus vaste que ceux du Mississippi supérieur ou de l'Ohio, son débit à son embouchure est plus faible. La tranche d'eau écoulée en une année dans son bassin-versant n'est que de 57 mm contre 203 mm pour le Mississippi supérieur et 511 mm pour l'Ohio.
Localité de la mesure | Altitude | Surface du bassin versant | Débit moyen | Tranche d'eau |
---|---|---|---|---|
Toston | 1 190 m | 37 963 km² | 144 m3/s | 119 mm/an |
Great Falls | 855 m | 60 274 km² | 207 m3/s | 108 mm/an |
Barrage de Fort Peck | 615 m | 148 955 km² | 263 m3/s | 56 mm/an |
Bismarck | 493 m | 482 403 km² | 624 m3/s | 41 mm/an |
Omaha | 288 m | 835 406 km² | 912 m3/s | 34 mm/an |
Kansas City | 215 m | 1 252 850 km² | 1 551 m³/s | 39 mm/an |
Boonville | 172 m | 1 295 811 km² | 1 898 m³/s | 46 mm/an |
Hermann | 147 m | 1 352 230 km² | 2 440 m³/s | 57 mm/an |
Sources : USGS Water Data for the Nation
Le débit du Missouri manque de pondération. Son régime présente un maximum en juin dû aux fortes pluies estivales que renforce la fonte des neiges dans les Rocheuses et un minimum en janvier dû à la rétention nivale. La construction de nombreux barrages sur son cours et sur ceux de ses affluents a contribué à réduire ces importantes fluctuations. Néanmoins des crues historiques peuvent toujours se produire. La crue de 1993 fut à cet égard remarquable. Le débit de la rivière a atteint le 31 juillet 1993 la valeur record de 21 000 m³/s à Hermann. Il faut remonter à l'année 1844 pour trouver une crue d'importance comparable. Cette année-là le débit de la rivière s'était élevé à 20 000 m³/s au même endroit au mois de juin. Des pluies prolongées sur la partie méridionale de son bassin sont responsables de la crue de 1993. Elles ont provoqué notamment le débordement de plusieurs de ses affluents dont les rivières Kansas et Platte.
États et villes traversés
Les plus grandes villes arrosées sont d'amont en aval Great Falls, Bismarck, Pierre, Omaha, Kansas City, Jefferson City et Saint Louis.
Aménagements de son cours

Le Missouri décrit d'amples méandres à travers une large plaine d'inondation dans la partie inférieure de son cours. Son cours n'y est pas fixe mais au contraire change de temps à autre, laissant dans son sillage des lacs en forme de croissant appelés en anglais oxbow lake. Le Big Lake, dans l'État du Missouri, est aujourd'hui le plus grand d'entre eux. Au début du XIXe siècle, la Cour suprême des États-Unis a statué que lorsque la rivière changeait de cours, le tracé de la frontière d'un état devait changer aussi. Cependant, à la fin du XIXe siècle, la cour revint sur cette décision, créant ainsi des bizarreries géographiques. C'est notamment le cas du lac Carter, dans l'Iowa, qui n'est plus aujourd'hui situé sur la rive gauche de la rivière, côté Iowa, mais sur l'autre rive, côté Nebraska.
Au XXe siècle, à la suite de la signature par le président Franklin D. Roosevelt de l'acte de Flood Control en 1944, une série de grands barrages furent construits sur le cours supérieur du Missouri, afin de contrôler le débit de la rivière, d'irriguer les terres arides des grandes plaines et de produire de l'hydroélectricité. Ces barrages ont transformé le cours de la rivière en un vaste système de réservoirs, le plus vaste d'Amérique du Nord. D'amont en aval se succèdent les six barrages suivants: le barrage de Fort Peck dans le Montana, le barrage de Garrison dans le Dakota du Nord, les barrages d'Oahe, de Big Bend et de Fort Randall dans le Dakota du Sud, et le barrage de Gavins Point sur la frontière commune au Dakota du Sud et au Nebraska. Ces barrages ont donné naissance respectivement aux lacs de retenue suivants : le lac de Fort Peck, le lac Sakakawea, le lac Oahe, le lac Sharpe, le lac Francis Case et le lac de Lewis et Clark.
Ces barrages sont dépourvus d'écluses, si bien que les navires de commerce ne peuvent pas remonter la rivière au-delà du barrage de Gavins Point. Le Corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis est chargé d'entretenir un chenal de navigation de 3 mètres de profondeur et de 1 183 km de longueur sur la section comprise entre Sioux City et Saint Louis. 35 % de la longueur du cours du Missouri a été noyé sous les eaux pour former des lacs et 32 % a été canalisé. La rivière ne coule donc plus désormais librement que sur les 33 % restant. L'unique section de son cours de taille significative a ne pas avoir été aménagée est située entre le barrage de Gavins Point et le parc de Ponca State (Nebraska). Cette section est caractérisée par la présence d'îles, de bancs de sable et de rapides qui ont disparu ailleurs. La canalisation d'une partie de son cours, en supprimant des méandres, a réduit la longueur de la rivière de 116 km.
Les digues, les quais et les levées construites sur ses berges ont transformé une rivière au cours vagabond en un cours fixe, plus étroit et plus profond afin de maintenir le chenal de navigation.
La rivière charrie une grande quantité de limon et de sable, mais la vitesse élevée du courant dans le chenal de navigation ne permet pas à ces sédiments de se déposer pour former des bancs si bien qu'il n'est pas nécessaire de draguer la rivière aussi fréquemment que le Mississippi.
Histoire
Louis Jolliet et Jacques Marquette
Les premiers Européens à voir la rivière Missouri furent les explorateurs français Louis Jolliet et Jacques Marquette, qui peu de temps après admirèrent les pétroglyphes Piasa sur les falaises au-dessus du fleuve Mississippi à Alton dans l'Illinois et reconnurent le confluent de la rivière Missouri et du fleuve Mississippi.
Jolliet et Marquette donnèrent le nom de Missouri à la rivière que les Amérindiens Illinois appelaient "Oumessourita" prononcé "OO-Missouri" [5], (signifiant "ceux qui ont des pirogues ou canots"[6]).
Étienne de Veniard, sieur de Bourgmont
Au tout début du XVIIIe, un autre explorateur français, Étienne de Veniard, sieur de Bourgmont, arpente la région du haut bassin du Mississippi et la vallée du Missouri. Il rédige alors deux documents.
- En 1713 : le premier s'intitule "Description exacte de la Louisiane, ses ports, ses terres, ses rivières et les tribus indiennes qui l'occupent" Il y mentionne le commerce possible et les avantages de créer une colonie française dans le territoire de la Louisiane française.
- En 1714 : le second s'intitule "La route à suivre pour longer la rivière Missouri"
C'est grâce à ses descriptions géographiques, que le cartographe français Guillaume Delisle établira, dès le début du XVIIIe siècle, les premières cartes de cette région.
Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, fondateur de la Louisiane, regretta que le gouverneur de la Louisiane française, Antoine Laumet de La Mothe, sieur de Cadillac, ait déclaré Bourgmont « hors-la-loi » à la suite d'une attaque meurtrière d'un fort français par des autochtones, alors qu'il aurait mérité d'être décoré de l'Ordre de Saint-Louis.
Vente de la Louisiane française
Dès 1763, le Traité de Paris incite les Espagnols à revendiquer le Missouri car, au XVIe siècle, Hernando de Soto avait remonté le Mississippi.
En 1803, la Vente de la Louisiane par la France napoléonienne aux États-Unis rapporta pour un peu plus de 23 millions de dollars au budget de l'État napoléonien.
La rivière a joué un rôle considérable dans l'expansion des pionniers américains vers l'ouest du pays. La Louisiane continua à être explorée, notamment par l'expédition Lewis et Clark, qui naviguèrent sur le Mississippi et le Missouri pour trouver un passage vers l'Océan Pacifique. À la fin du XIXe siècle, le Missouri était le principal moyen de transport de marchandises et de passagers avant l'extension des lignes de chemin de fer. Les bateaux à vapeur, dotés de roues à aubes, permettaient de remonter le cours d'eau suffisamment loin pour rejoindre les colonies retirées du Dakota et du Montana.
À partir du début du XXe siècle, le cours supérieur du Missouri fut contrôlé par une série de barrages, qui servirent à l'irrigation et à la production d'électricité hydroélectrique.
Bibliographie
- (fr) Pierre Carrière, article « Mississippi et Missouri », dans Encyclopædia Universalis, corpus 15, 2002, ISBN 2-85229-550-4, pages 236-237[1]
Voir aussi
- Inondation du Midwest américain de 1993
- le Mississippi
Notes et références
- 1 2 3 4 P. Carrière, article « Mississippi et Missouri », dans Encyclopædia Universalis, 2002
- ↑ longueurs cumulées de la Platte (499 km) et de la North Platte (1 097 km)
- ↑ longueurs cumulées du Kansas (270 km) et de la Republican (716 km)
- ↑ (en) « USGS Water Data for the Nation », U.S. Geological Survey (consulté le 15 décembre 2009)
- ↑ McCafferty, Michael. 2004. Correction: Etymology of Missouri. American Speech, 79.1:32
- ↑ American Heritage Dictionary: Missouri
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