Jeux olympiques d'été de 1936

Jeux olympiques d'été de 1936 | |||||||||||
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Localisation | |||||||||||
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Pays hôte | ![]() | ||||||||||
Ville hôte | Berlin | ||||||||||
Coordonnées | 52° 32′ 11″ N 13° 00′ 33″ E / 52.536328, 13.00922252° 32′ 11″ N 13° 00′ 33″ E / 52.536328, 13.009222 | ||||||||||
Date | Du 1er au | ||||||||||
Ouverture officielle par | Adolf Hitler Chancelier d'Allemagne | ||||||||||
Participants | |||||||||||
Pays | 49 | ||||||||||
Athlètes | 3 967 (3 632 masc. et 335 fém.) | ||||||||||
Compétition | |||||||||||
Nouveaux sports | Basket-ball, canoë-kayak et handball (en extérieur) | ||||||||||
Nombre de sports | 19 | ||||||||||
Épreuves | 129 | ||||||||||
Symboles | |||||||||||
Serment olympique | Rudolf Ismayr Haltérophile | ||||||||||
Flamme olympique | Fritz Schilgen Athlète | ||||||||||
Mascotte | pas de mascotte | ||||||||||
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Les Jeux olympiques d'été de 1936, Jeux de la XIe Olympiade de l'ère moderne, ont été célébrés à Berlin, en Allemagne du 1er au . La capitale allemande fut désignée pour la seconde fois comme pays organisateur, mais les Jeux olympiques de 1916 avaient été annulés en raison de la Première Guerre mondiale.
Dans le contexte du moment, les JO de Berlin prirent vite une signification très politique, même si personne ne pouvait prévoir les changements politiques qui allaient survenir en Allemagne quand, en 1931, le CIO confia à Berlin et à la République de Weimar l'organisation des jeux. Avec l'instauration du régime nazi en 1933, plusieurs pays demandèrent le boycottage de ces Jeux olympiques et organisèrent des jeux alternatifs, les Olympiades populaires, à Barcelone, dont le déclenchement de la guerre d'Espagne la veille empêchèrent l'inauguration. Les Jeux de Berlin se déroulèrent dans une atmosphère de xénophobie et d'antisémitisme, Adolf Hitler voulait se servir de cet événement pour faire la propagande du nazisme et la promotion de l'idéologie de la supériorité de la race aryenne.
Sur les 49 nations et 3 963 athlètes (dont 331 femmes) qui prirent part à 129 épreuves dans 19 sports, l'Allemagne fut le pays le plus médaillé, avec 89 trophées, suivie des États-Unis avec 56 médailles.
Les jeux seront marqués par le succès du sprinter Jesse Owens, qui gagne quatre médailles d'or, mais l'athlète le plus médaillé est le gymnaste allemand Konrad Frey (6 médailles dont 3 d'or). Au tableau des médailles, les athlètes allemands imposeront leur large domination tout au long des jeux, remportant 89 médailles dont 33 d'or, devant les États-Unis, avec 56 médailles dont 24 d'or.
Élection de la ville hôte
Résultats du choix de la ville candidate | ||||||
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Ville candidate | Pays | 1er tour | ||||
Berlin | ![]() |
43 | ||||
Barcelone | ![]() |
16 | ||||
Total des suffrages exprimés | 59 |
Le Comité international olympique confie l'organisation des Jeux olympiques d'été de 1936 à la ville de Berlin au cours de la 29e session du à Barcelone. La capitale allemande l'emporte face à la candidature de Barcelone par 43 voix à 16. Alexandrie (Égypte), Budapest (Hongrie), Buenos Aires (Argentine), Cologne, Francfort et Nuremberg (Allemagne), Dublin (Irlande), Helsinki (Finlande), Lausanne (Suisse), Rio de Janeiro (Brésil) et Rome (Italie) sont candidats.
Aspects politiques des JO de Berlin
À côté de l'aspect sportif, les JO de Berlin eurent une signification politique très importante dans le cadre de la montée des tensions au sein de l'Europe. Le souvenir de ces jeux reste lui aussi en très large partie politique : il reste un cas d'école exemplaire de la confusion du sport et de la politique et de la propagande par le sport.
La question du boycott et les contre-Jeux
Alors que le choix de la ville de Berlin date de 1931, l'arrivée au pouvoir du parti nazi en 1933 et la montée consécutive des tensions internationales va donner à ces jeux une dimension fortement politique.
"En 1936, les organisations juives, le mouvement ouvrier international et plusieurs associations démocratiques et humanitaires appelèrent à boycotter les Jeux du Reich."[1] Les États-Unis menacent l'Allemagne de boycott, mais ne mettent pas leur menace à exécution[2].
Les pays qui décident le boycott organisent des « contre-Jeux populaires » parallèles à Barcelone. Cependant, en plus des difficultés d'organisation, le déclenchement de la Guerre d'Espagne compromet définitivement le projet[3].
Les Jeux olympiques, support de propagande du régime


Pour le régime du IIIe Reich, ces jeux devaient être l'occasion de prouver sa puissance et la « suprématie de la race aryenne », selon la terminologie nazie.
Sur le plan intérieur, les Jeux furent utilisés par le régime nazi pour renforcer l'adhésion populaire envers lui. Ils servirent de support de propagande, dont l'expression la plus connue est le film Les Dieux du stade de Leni Riefenstahl. Ce film en soi est cependant plus un documentaire, sorte d'ancêtre des retransmissions télévisées actuelles (à côté de séquences esthétisantes comme les introductions ou celles dévolues à la gymnastique, à l'escrime et aux plongeons) : Riefenstahl montre en détail les exploits d'Owens, mais aussi, de manière plus étonnante, des défaites allemandes. Tout aussi étonnant est le fait que l'hymne le plus entendu à l'écran est l'hymne des États-Unis et non celui de l'Allemagne. Seule concession réelle à l'idéologie : les athlètes français, britanniques ou du Commonwealth sont peu représentés (malgré la victoire française en cyclisme montrée en détail, la participation française ne fut pas à la hauteur des espérances, en dépit de 7 médailles. Elle revint les mains vides sur les disciplines majeures comme l'athlétisme, la gymnastique et la natation). Au niveau de la politique extérieure, les Jeux olympiques contribuèrent à faire passer momentanément Hitler pour un pacifiste et de rassurer l'Europe quant à ses intentions belliqueuses.
Hitler a le soutien[4] de Pierre de Coubertin qui bien qu'ayant démissionné du CIO en 1925, participa activement à l'organisation de ces jeux[5]. Il en fit le discours de clôture en prononçant ces mots : « Que le peuple allemand et son chef soient remerciés pour ce qu’ils viennent d’accomplir... »[6]. Coubertin admirait « intensément »[7] Hitler, et à la question qu'on lui posait de ce soutien, il répondait : « Comment voudriez-vous que je répudie la célébration de la XIe Olympiade ? Puisque aussi bien cette glorification du régime nazi a été le choc émotionnel qui a permis le développement qu’ils ont connu »[8]. Selon Coubertin, Hitler a ainsi beaucoup fait pour le retentissement des Jeux olympiques.
Organisation
Les Jeux olympiques d'été de 1936 furent organisés par le Deutscher Reichsbund für Leibesübungen (DRL), le Bureau de Sports du Reich. Hans von Tschammer und Osten, le Reichssportführer ou chef du DRL, a nommé Theodor Lewald (de) président et Carl Diem secrétaire général du Comité Organisateur des Jeux Olympiques à Berlin. Diem et Lewald introduisent des innovations originales, comme la cérémonie de la flamme olympique. Pour cacher les traces de l'antisémitisme nazi les panneaux antisémites furent provisoirement enlevés et les journaux mirent un bémol à leurs attaques. De cette façon, le régime exploita les Jeux olympiques pour fournir aux spectateurs et aux journalistes étrangers une fausse image d’une Allemagne pacifique et tolérante[9].
Sites des compétitions


Village :
Les athlètes furent logés au village olympique de Dallgow-Döberitz. Ils eurent à disposition une salle de cinéma, de théâtre, de music-hall et une bibliothèque. Chaque chambre disposa d'une salle de bain et du chauffage central.
Stade olympique :
Le monumental Stade olympique de Berlin d'une capacité de 100 000 places fut construit par l'architecte Werner March. Un virage entier est réservé aux SA. Le stade a accueilli les cérémonies d'ouverture et de clôture, les épreuves d'athlétisme, d'équitation et les finales de handball et de football. Le baseball y fut en démonstration.
Autres sites :
- Stade nautique : natation, plongeon, water polo
- Stade "May Field" : polo, équitation
- Théâtre de plein-air Dietrich Eckart : gymnastique
- Stade de Hockey : hockey sur gazon
- Centre de tennis : basket-ball, escrime
- Salle Cupola : escrime
- Centre nautique de Grünau : aviron, canoë-kayak
- Deutschlandhalle : boxe, lutte, haltérophilie
- Vélodrome : cyclisme sur piste
- Stand de tir olympique : tir
- Champ de manœuvres de Döberitz : pentathlon moderne
- Les régates de voile furent disputées dans la ville de Kiel
Cérémonie d'ouverture

La cérémonie d'ouverture se déroula le 1er août 1936 devant les 100 000 spectateurs du Stade olympique de Berlin qui assistèrent dans un premier temps au défilé des brigades des Jeunesses hitlériennes. Alors que la Marche d’hommage de Richard Wagner fut entonné par l’orchestre, le Chancelier Adolf Hitler pénétra dans le stade sous le salut nazi des spectateurs[10] et rejoint dans les tribunes le Comte Henri de Baillet-Latour, président du Comité international olympique, ainsi que les membres du comité d’organisation.
Un court enregistrement du Baron Pierre de Coubertin fut diffusé dans l’enceinte :
« L'important aux Jeux olympiques n'est pas d'y gagner, mais d'y prendre part ; car l'essentiel dans la vie n'est pas tant de conquérir que de bien lutter[11]. »
Peu après, Adolf Hitler déclara officiellement l’ouverture des Jeux olympiques de Berlin, sans autre discours. La flamme olympique entra dans le stade olympique après un relais de plus de 3 000 athlètes. Le dernier porteur du flambeau fut l’athlète allemand Fritz Schilgen qui alluma la vasque olympique. Pour la première fois, la flamme olympique, à l’instigation du Professeur Carl Diem, est introduite dans une cérémonie d'ouverture de Jeux olympiques. Ce fut aussi le premier grand événement retransmis en direct via la télévision.
Nations participantes

Les invitations sont lancées par le gouvernement présidé par Adolf Hitler par le biais du comité olympique allemand. L'Espagne, qui entame sa guerre civile, déclare forfait le matin même de la cérémonie d'ouverture. Finalement, 49 nations participent à ces jeux de Berlin. Cinq d'entre elles apparaissent pour la première fois : l'Afghanistan, les Bermudes, la Bolivie, le Costa Rica et le Liechtenstein.
L'Allemagne et les États-Unis disposent du plus gros contingent d'athlètes avec respectivement 348 et 310 engagés. La France, la Hongrie et le Royaume-Uni se présentent à Berlin avec près de 200 sportifs chacun.
Afrique | Amériques | Asie | Europe | Océanie |
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2 pays | 12 pays | 6 pays | 27 pays | 2 pays |
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Compétition
Sports et résultats
19 sports et 129 épreuves composent le programme des Jeux olympiques de 1936. Trois nouvelles disciplines olympiques voient le jour : une forme de handball extérieur, le canoë-kayak et le basket-ball. Des compétitions de vol à voile et de baseball sont disputées en démonstration.
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Athlétisme (29)
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Aviron (7)
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Basket-ball (1)
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Boxe (8)
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Canoë-kayak (9)
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Cyclisme (6)
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Équitation (6)
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Escrime (7)
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Football (1)
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Gymnastique (9)
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Haltérophilie (5)
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Handball (6)
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Hockey sur gazon (1)
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Lutte (14)
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Pentathlon moderne (1)
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Polo (1)
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Sports aquatiques
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Natation (11)
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Plongeon (4)
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Water-polo (1)
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Tir (3)
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Voile (4)
Jesse Owens, le héros des jeux
Le sprinteur noir-américain Jesse Owens fut le héros de ces jeux de Berlin en s'adjugeant quatre titres olympiques sur quatre épreuves auxquelles il participa. Le 3 août 1936 sur le 100m, Owens est situé à la deuxième ligne. En quelques foulées, il dispose de tous ses adversaires, et en particulier de son compatriote Ralph Metcalfe pour réaliser le temps de 10"3. Le lendemain, Owens, âgé alors de 23 ans, décroche sa deuxième médaille d'or dans l'épreuve du saut en longueur sous les yeux d’Adolf Hitler. Dans son duel serré avec l'Allemand Lutz Long, il prend l'avantage lors de son dernier essai qui est mesuré à 8 m 06, soit un nouveau record olympique. Le lendemain, l'Américain remporte sa victoire la plus nette sur le 200m en battant de quatre dixièmes (4m environ) Mark Robinson. Enfin, le triomphe de Jesse Owens[12] s'achève le 9 août avec ses partenaires du 4 × 100m américain. Au départ du premier relais, il creuse l'écart sur ses concurrents italiens et allemands. L'équipe des États-Unis remporte la course en établissant un nouveau record du monde en 39"8 qui tiendra vingt ans.
Les exploits de cet athlète ont d'autant plus de retentissement qu'ils se situent à Berlin en 1936 dans le cadre d’une manifestation olympique servant de propagande aux thèses sur la supériorité de la race blanche sur les juifs ou les noirs[13]. Après la guerre, une légende a prétendu qu'Adolf Hitler avait quitté la tribune afin de ne pas saluer le vainqueur du 100 mètres, Jesse Owens, parce que celui-ci était noir. La raison en est beaucoup plus simple. Le premier jour des jeux, Hitler avait félicité tous les athlètes allemands, ce qui avait eu pour conséquence que le Comité olympique avait demandé, par souci de neutralité olympique, qu'il félicite tous les athlètes ou aucun. Hitler choisit cette dernière option et ne serra plus la main à aucun athlète durant les jeux[14].
À l'encontre de cette légende, Owens précise dans son autobiographie[15] comment Hitler s'est levé et l'a salué :
« Après avoir passé le chancelier, il surgit en me saluant de la main, je l'ai salué en retour. Je pense que des auteurs ont montré un mauvais goût en critiquant l'homme de l'heure en Allemagne. »
Lors de l'inauguration du nouveau Stade olympique de Berlin en 1984, la veuve de Jesse Owens déclara que son mari avait été plus respecté par les autorités nazies que par les dirigeants de sa propre équipe nationale.
Jesse Owens connaitra une fin de carrière sportive moins heureuse en étant radié à vie des Jeux olympiques à l'âge de 24 ans pour professionnalisme.
Autres faits sportifs

En athlétisme, les États-Unis remportent près de la moitié des épreuves. L'Américain Glenn Morris s'adjuge le titre alors qu'il participe à son troisième et ultime décathlon. Sa compatriote Helen Stephens décroche deux médailles d'or au total. Les cinq titres allemands reviennent à des lanceurs. Le marathon bénéficie de repères kilométriques, qui permettent aux concurrents de mesurer leur effort. Tous les trois kilomètres, des points de ravitaillement bien fournis ont été prévus, avec des points chronométriques qui leur donnent l'écart avec leurs prédécesseurs. Ces dispositions permettent de limiter le nombre d'abandons.
L'équipe de France de cyclisme repart de ces jeux avec sept médailles en six épreuves au programme. Robert Charpentier, remporte la course sur route individuelle, le contre-la-montre par équipes et la poursuite par équipes (4 000 m).
En gymnastique, les Allemands Alfred Schwarzmann et Konrad Frey remportent six titres olympiques au total. Dans l'épreuve du deux de couple d'aviron, l'équipe britannique (Leslie Southwood et Jack Beresford[16]) remporte la victoire sur le fil. Âgé de 12 ans et demi, le barreur français Noël Vandernotte, obtient deux podiums en deux et quatre barré et devient le plus jeune médaillé de l'histoire des Jeux olympiques.
En natation, le Japon domine les compétitions (11 médailles au total). Au plongeon, l'Américaine Marjorie Gestring, âgée de 13 ans et 267 jours, devient la plus jeune championne olympique de l'histoire. Les épreuves d'équitation sont toutes remportées par les cavaliers allemands. En sports collectifs, ces Jeux de Berlin voient le sacre des États-Unis en basket-ball, de l'Italie en football, de l'Allemagne en handball et de l'Inde au hockey sur gazon.
C'est la seule année où le sport automobile a été inscrit aux Jeux (en démonstration à Berlin). Sur les 125 voitures inscrites, les nombreuses voitures allemandes partaient favorites, accompagnées d'une seule voiture britannique, une Singer Le Mans 1500 pilotée par la Britannique Betty Haig, petite nièce du maréchal Douglas Haig. Neuf jours plus tard, elle remportait l'épreuve, devenant ainsi la seule femme de l'histoire à battre des hommes à une épreuve olympique.
Athlète | Pays | Sport | ![]() |
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![]() |
Total |
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Jesse Owens | ![]() |
Athlétisme | 4 | 0 | 0 | 4 |
Konrad Frey | ![]() |
Gymnastique | 3 | 1 | 2 | 6 |
Hendrika Mastenbroek | ![]() |
Natation | 3 | 1 | 0 | 4 |
Alfred Schwarzmann | ![]() |
Gymnastique | 3 | 0 | 2 | 5 |
Robert Charpentier | ![]() |
Cyclisme | 3 | 0 | 0 | 3 |
Guy Lapébie | ![]() |
Cyclisme | 2 | 1 | 0 | 3 |
Giulio Gaudini | ![]() |
Escrime | 2 | 1 | 0 | 3 |
Tableau des médailles
Parmi les quarante-neuf nations qui participent à ces Jeux, trente-deux repartent avec au moins une médaille, comme il est détaillé dans le tableau ci-dessous. Vingt et un de ces pays gagnent au moins une médaille d'or et vingt-neuf remportent plus d'une médaille. L'Allemagne, pays organisateur, arrive à la première place de ce tableau avec quatre-vingt-neuf médailles dont trente-trois en or, vingt-six en argent et trente en bronze[17]. Les États-Unis et la Hongrie prennent les deuxième et troisième places avec respectivement cinquante-six et seize médailles.
Rang | Nation | Or | Argent | Bronze | Total |
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1 | ![]() | 33 | 26 | 30 | 89 |
2 | ![]() | 24 | 20 | 12 | 56 |
3 | ![]() | 10 | 1 | 5 | 16 |
4 | ![]() | 8 | 9 | 5 | 22 |
5 | ![]() | 7 | 6 | 6 | 19 |
![]() | 7 | 6 | 6 | 19 | |
7 | ![]() | 6 | 5 | 9 | 20 |
8 | ![]() | 6 | 4 | 8 | 18 |
9 | ![]() | 6 | 4 | 7 | 17 |
10 | ![]() | 4 | 7 | 3 | 14 |
Controverse

Une controverse nourrie surgit relative au salut olympique de quelques délégations devant la tribune officielle présidée par Adolf Hitler. Le salut olympique s'inspire du salut du Bataillon de Joinville bras tendu puis replié vers le torse ainsi que le justifia Pierre de Coubertin dont les jeux olympiques de 1924 furent les derniers qu'il organisa.
Lors des Jeux Olympiques de 1936, la Grèce qui est toujours le premier pays à faire son entrée sur le stade, fit le salut olympique, ainsi que le Canada, la France et l'Italie. Majoritairement, les autres nations choisirent de découvrir la tête, de saluer militairement ou de ne pas saluer[19].
Les nazis assimilèrent le salut olympique au salut fasciste, et crurent à l'adhésion des délégations à leur idéologie, ce qui déclencha des applaudissements nourris et des levées de saluts fascistes en réponse.
Il est à noter que le salut olympique dit « salut de Joinville » a été modifié 10 ans après les Jeux Olympiques de 1936 mais n'a pas totalement disparu des cérémonies puisque, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Munich, la délégation de Bolivie le pratiquait encore[20].
Médiatisation
- Ce fut aussi l'occasion pour Leni Riefenstahl de réaliser un film d'anthologie sur les Jeux : Les Dieux du stade, tout autant considéré comme un grand classique du cinéma de propagande que novateur par sa façon de filmer les compétitions sportives.
- Ce fut aussi l'un des premiers reportages de l'histoire en télévision[réf. nécessaire].
- La comédie L'as des as (Gérard Oury, 1982) se déroule à Berlin durant les Jeux olympiques. Le héros du film, interprété par Jean-Paul Belmondo, est entraîneur de l'équipe française de boxe et se trouve embarqué à sauver une famille juive, avant de croiser la route d'Hitler.
Galerie d'images
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La vasque olympique dans les rues de Berlin.
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Statues olympiques à Berlin.
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La cloche olympique de Berlin (The olympic bell).
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Tableau des résultats des Jeux Olympiques de 1936, affiché dans le stade, de nos jours.
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Tableau des résultats des Jeux Olympiques de 1936, affiché dans le stade, de nos jours, deuxième partie.
Notes et références
- ↑ Jean-Marie Brohm, 1936, Les Jeux olympiques à Berlin, André Versaille éditeur, 2008.
- ↑ « Le CIO et les JO de Pékin : l'Analyse de Jean-Julien Ezvan », Le Figaro, 1er avril 2008.
- ↑ Le Monde, supplément livres, 4 août 1996.
- ↑ Voir le discours préparatoire avant l'évènement de P. de Coubertin, alors président honoraire du CIO : « Dès aujourd'hui, je veux remercier le gouvernement et le peuple allemands pour l'effort dépensé en l'honneur de la onzième Olympiade » Archives radio, Paris, INA cité dans M. Méranville, Sport, malédiction des Noirs, Calmann-Lévy, 2007. Consultable sur Google Books. Allocution tenue à l'occasion d'émissions de campagne publicitaire en faveur de Jeux
- ↑ J.-M. Brohm 1936 : Les Jeux olympiques à Berlin André Versaille éditeur, 2008. Consultable ici : http://www.andreversailleediteur.com/upload/args/joberlinnew.pdf voir p. 16 par exemple
- ↑ Michel Caillat, Le Sport, éditions Le Cavalier bleu
- ↑ Daniel Bermond.Pierre de Coubertin. Perrin. 2008. p. 362
- ↑ http://cajo.wordpress.com/category/pierre-de-coubertin/ et http://rleb07.free.fr/opinions/coubertin.html
- ↑ Retour sur les Jeux de Berlin
- ↑ Berlin, un soir d’août 1936, Sportvox 28/07/07
- ↑ Citations de Pierre de Coubertin, ambassade de Grèce
- ↑ Biographie de Jesse Owens sur le site du CIO
- ↑ Jean-Philippe Lustyk, « JO de Berlin 36, la grande illusion », sur France5 (consulté le 17 mars 2015)
- ↑ (en) Rick Shenkman: Adolf Hitler, Jesse Owens and the Olympics Myth of 1936. In: History News Network, 13. Februar 2002 (également in Rick Shenkman: Legends, Lies and Cherished Myths of American History. Morrow, New York 1988)
- ↑ L'Histoire de Jesse Owens, autobiographie, 1970
- ↑ Biographie de Jack Beresford sur le site du CIO
- ↑ Tableau des médailles des jeux de 1936, site du CIO.
- ↑ Salut olympique et salut nazi, Historia, Mensuel n°803 daté octobre 2013
- ↑ http://www.youtube.com/watch?v=GePNydI9gX4&feature=related
- ↑ http://www.youtube.com/watch?v=N_FHTefgH8M&NR=1.
Voir aussi
Articles connexes
- Jeux olympiques
- Jeux olympiques d'été
- Stade olympique de Berlin
- Carl Diem (inventeur de relais de la flamme olympique, instauré en 1936)
- Les Dieux du stade (film)
- Olympiades populaires (contre-jeux organisés en Espagne)
Liens externes
- (fr) La page des Jeux olympiques de Berlin sur le site officiel du CIO.
- Rapport olympique des jeux de 1936
- United States Holocaust Memorial Museum - Online Exhibition: Nazi Olympics: Berlin 1936
- United States Holocaust Memorial Museum - Library Bibliography: 1936 Olympics
Bibliographie
- Alexandre Najjar, Berlin 36, Plon, 2009. ISBN 978-2-259-21082-9.
- Jean-Michel Blaizeau, Les Jeux défigurés Berlin 1936, Éditions les Indes savantes, 294 pages, 350 photos, 2012.
- Fabrice Abgrall & François Thomazeau, 1936 : La France à l’épreuve des Jeux olympiques de Berlin, Alvik, 2006.
- Jean-Marie Brohm, Jeux olympiques à Berlin, Bruxelles, Complexe (« La mémoire du siècle »), 1983.
- Daphné Bolz, Les arènes totalitaires, CNRS, 2007.
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