Belette
Mustela nivalis



Belette d'Europe au British Wildlife Centre
Règne | Animalia |
---|---|
Sous-embr. | Vertebrata |
Classe | Mammalia |
Cohorte | Placentalia |
Super-ordre | Laurasiatheria |
Ordre | Carnivora |
Sous-ordre | Caniformia |
Famille | Mustelidae |
Sous-famille | Mustelinae |
Genre | Mustela |
Mustela nivalis
Linnaeus, 1766
Répartition géographique

Statut de conservation UICN
LC : Préoccupation mineure
Statut CITES
Annexe III , Rév. du 22/04/76
La Belette d'Europe (Mustela nivalis), aussi connue sous les noms de Belette pygmée[1], Petite belette, ou tout simplement Belette, est le plus petit mammifère de la famille des mustélidés et constitue également le plus petit mammifère carnivore d'Europe avec une taille d'environ 20 cm pour moins d'une centaine de grammes seulement.
La belette peut facilement être confondue avec une hermine. Celle-ci est cependant un peu plus grosse et la limite des couleurs sur les flancs est moins nette et plus irrégulière chez la belette que chez l’hermine. De plus, l'hermine a le bout de la queue noir, ce qui n'est pas le cas de la belette[2]. En Europe occidentale, la belette garde son pelage brun en hiver et possède systématiquement une tache brune dans le pelage blanc sous la joue.
Description
Les mensurations et la couleur de la robe de la belette varient fortement d'une région à l'autre. Typiquement, la belette mesure de 17 à 27 cm (le mâle étant plus grand que la femelle). La femelle pèse environ 65-90 grammes, contre 90-125 grammes pour le mâle. Elle a un long corps fin, qui lui permet de se faufiler dans un trou pas plus gros qu'une pièce de 2 euros. Son pelage est brun sur le dos et blanc sur les parties inférieures. À l'inverse de l'hermine, sa queue est courte, ne comporte pas d'extrémité noire. Les populations d'Europe occidentale ne deviennent pas blanche en hiver contrairement à l'hermine[3]. La belette affectionne les prairies, les terres arables et les régions boisées. On la trouve en Eurasie (de la côte atlantique européenne à l'Himalaya) et Afrique du Nord ainsi qu'en Amérique du Nord. Elle a été introduite en Nouvelle-Zélande. Elle a une espérance de vie de 3 ans.
Alimentation
La belette consomme principalement de petits rongeurs (campagnols, mulots). Elle complète ce régime par de petits serpents et des oiseaux, parfois des lapins et, rarement, des batraciens. Son physique est idéalement adapté pour poursuivre les rongeurs jusque dans leurs terriers et galeries. Ses courtes pattes, son corps svelte et sa tête étroite lui permettent de se glisser dans les crevasses et fissures les plus étroites, interdisant tout refuge à ses proies. Celles-ci sont tuées d'une morsure dans la région occipitale qui disloque les vertèbres cervicales. La belette peut tuer des proies bien plus grosses qu'elle, comme les lapins, par strangulation et perte sanguine, conduisant à un arrêt cardiaque. En période d'abondance, il est fréquent que la belette ne consomme qu'une partie des proies tuées.
Mode de vie
À la fois diurne et nocturne, la belette mène un style de vie frénétique. En effet, en raison de sa petite taille, ses ressources énergétiques sont très limitées, et elle doit donc se nourrir et chasser régulièrement pour rester en vie (sa digestion s'effectue en 3 heures). La belette doit ainsi consommer chaque jour l'équivalent d'un tiers de son poids pour survivre, et ne peut rester plusieurs heures sans manger.
Reproduction
La gestation dure 5 semaines (35 jours), les dernières portées naissant en septembre. À la naissance, les petits pèsent entre 1 et 3 grammes. Si la nourriture est abondante, la femelle peut mettre bas 2 portées de 4 à 9 jeunes chacune. Le mâle n'intervient pas dans l'éducation des petits. Cette tâche incombe à la femelle, la soumettant à rude épreuve : elle doit en effet mener à bien sa grossesse, produire du lait en quantité suffisante, garder ses petits au chaud et se nourrir elle-même.
Sa réussite tient donc principalement aux effectifs de campagnols ; ce qui peut entraîner d'importantes variations dans la population des belettes.
Les petits naissent nus, aveugles et sourds. Totalement dépendants de leur mère, leurs yeux ne s'ouvrent qu'au bout de 4 semaines. Sevrés dès l'âge de 8 semaines, ils peuvent tuer leurs proies et ils quittent le nid entre 9 et 12 semaines.
Dangers
Les dangers principaux qui menacent la belette sont la perte d'habitat, le manque de nourriture, les parasites (notamment l’ascaris), l'empoisonnement (notamment par les pesticides qui ciblent ses proies) et les prédateurs (renard, chat, chien, chouette, rapaces, et bien entendu, l'homme). En Suisse, cette espèce paraît avoir fortement régressé dans les zones de plaine intensément cultivées[4].
En France, la belette est toujours sur la liste des animaux classés nuisibles (malgré un court retrait en 2008)[5], et ce malgré son rôle démontré dans la régulation des populations de rongeurs.
Nom
Son nom de petite belle se retrouve sous des formes voisines (petite femme, petite fiancée, etc.) dans bon nombre de langues : donnola en italien, donicela en galicien, doninha en portugais (les trois signifiant « petite femme »), comadreja en espagnol (« petite marraine »), kaerell (dérivé de kaerr, « beau ») en breton, Schöntierlein, (belle petite bête) dans certaines régions d’Allemagne. « Belette » s’emploie aussi en français pour désigner affectueusement une jeune fille ou une femme charmante. En grec moderne, « belette » se dit « νυφίτσα » (nifítsa), qui est une évolution de « νυμφίτσα » (nimfítsa), hypocoristique de « νύμφη » (nímfi), la nymphe, et « zyrda » en Afrique du Nord.
Populations
Selon l'UICN, la belette est classée Préoccupation mineure (LR/Lc LOWER RISK/Least Concern) [6]. Elle a été introduite en Nouvelle-Zélande où elle est considérée comme invasive[7].
Notes
- ↑ « ITIS Standard Report Page: Mustela nivalis »
- ↑ http://mrw.wallonie.be/dgrne/ong/refuges/hermine.html
- ↑ sauf exception en Scandinavie, et dans les hautes Alpes Suisse: Marchesi P. & N. Lugon-Moulin (2004). Mammifères terrestres de la vallée du Rhône (Valais, Alpes vaudoises). Coll. Les richesses de la nature en Valais. Rotten Verlag Visp, Monographic SA, Sierre : 208 pp.
- ↑ Marchesi P., T. Maddalena, M. Blant & O. Holzgang (2004). Situation des petits carnivores en Suisse et bases pour un programme de monitoring national. Rapport final Faune Concept, par le bureau Drosera SA, Sion. OFEV & SGW/SSBF, Berne : 66 pp. + 4 annexes
- ↑ Arrêté du 30 septembre 1988 fixant la liste des animaux susceptibles d'être classés nuisibles (modifié par l'arrêt du 18 mars 2009)
- ↑ (IUCN 2007)
- ↑ (GISD 2007)
Voir aussi
Articles connexes
- Liste d'espèces susceptibles d'être classés nuisibles en France
- Galanthis
Bibliographie
- Marie-Charlotte Saint-Giron & François Montou, La Belette, Éveil éditeur, coll. « Approche », Saint-Yrieix-sur-Charente, 1998, 72 p., ISBN 978-2-84000-016-7.
Références taxonomiques
- Référence Mammal Species of the World : Mustela nivalis (en)
- Référence Fauna Europaea : Mustela nivalis (en)
- Référence ITIS : Mustela nivalis Linnaeus, 1766 (fr) ( (en))
- Référence Animal Diversity Web : Mustela nivalis (en)
- Référence NCBI : Mustela nivalis (en)
Liens externes
- Référence Brainmuseum : Mustela nivalis (en)
- Référence UICN : espèce Mustela nivalis Linnaeus, 1766 (en) (consulté le 16 mai 2015)
- Référence CITES : espèce Mustela nivalis Linnaeus, 1766 (+ répartition) (sur le site de l’UNEP-WCMC) (fr+en)
- Référence Fonds documentaire ARKive : Mustela nivalis (en)
- Référence GISD : espèce Mustela nivalis (en)
- Portail des mammifères