Tochavim
![]() |
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2011). Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).
|
Le terme Tochavim, (en hébreu : תושבים, résidents; sing. tochav תושב, d'après la racine ישב, « habiter, séjourner, s'installer ») désigne de façon générale les Juifs qui habitaient des terres dans lesquelles arrivèrent en masse les Juifs séfarades expulsés (hébreu : מגורשים, megorachim) de la péninsule Ibérique en 1492 par un édit des souverains Isabelle de Castille et Ferdinand II d'Aragon d'Espagne.
De façon plus particulière, il s'applique aux Juifs autochtones du Maghreb, également appelés Maghrebim (hébreu : מַגּרֶבִּים ou מַאגרֶבִּים). Ceux-ci vivant dans la région occidentale (al-Maghrib, « l'ouest » en arabe) de l'Afrique du Nord.
Histoire
Le Maghreb fut longtemps une terre d'accueil pour les juifs persécutés, ainsi fut-il le cas au VIIe siècle à la suite des fortes persécutions du roi wisigothe Sisebut à l'encontre des juifs d'Espagne[1]. La présence historique et archéologique des Juifs au Maghreb remonte à la période grecque ptolémaïque cependant il s'agit de la Cyrénaïque rattaché politiquement à l'Égypte ptolémaïque[2]. On assiste aux premiers développements à partir des premiers siècles de l'ère commune sous la présence romaine dans les environs de Carthage[3] puis à Constantine[4] , Sétif[5], Tipaza[6], Cherchell, Volubilis et Salé.
Avec l'arrivée de l'Islam, les communautés juives passent de sujets byzantins à sujets musulmans sous le status de dhimmis et connaissent des variations démographiques et économiques au cours des différentes dynasties islamiques. Au XIIe siècle les principaux centres juifs du Maghreb sont Kairouan, Bejaïa, Tlemcen, Tiaret, Fès ou encore Sijilmassa[7]. La situation des Juifs s'aggrave sous les Almohades, la plupart des communautés juives sont forcées à la conversion ou à l'exil et disparaissent[8]. Les Almohades finissent par assouplir leur politique à l'encontre des dhimmis. Les communautés juives se relèvent difficilement et petit à petit. L'arrivée d'un nombre considérable de Juifs fuyant ou chassés d'Espagne, les Megorachim à partir de 1298 jusqu'en 1685 va permettre la renaissance du judaïsme maghrébin[9],[10].
Relations
Au xvie siècle, les rapports des Juifs exilés avec les Juifs autochtones, les Tochavim, et leur influence sur eux sont très variables selon les communautés où ils s'implantent[11]. Ces Juifs autochtones possédaient leur propres minhagim et parlaient le judéo-arabe ou le judéo-berbère.
À Mogador, les mariages entre les deux communautés juives n'étaient parfois pas favorisés comme en témoignent les contrats de mariage juifs marocains qui mentionnaient autrefois le minhag suivi pour la rédaction de la kétouba. Cependant il s'agit d'un cas particulier par rapport au reste du Maroc [12] où la population séfarade s'étant urbanisée, enrichie, et ayant imposé ses reformes religieuses, la plupart des Tochavim choisissent très vite de s'assimiler au cours des siècles. De ce fait aujourd'hui encore la plupart des Juifs d'origine marocaine se considèrent actuellement séfarades.
Les « Juifs troglodytes » de la Tripolitaine méridionale, dont le destin est incertain après 1960, étaient probablement une branche isolée de Maghrebim.
Leurs relations avec les musulmans sunnites ont souffert dans les années récentes, du fait de l'hostilité réciproque engendrée par le conflit israélo-arabe.
Voir aussi
- Juifs berbères
- Megorachim
- Histoire des Juifs en Algérie
- Histoire des Juifs au Maroc
- Histoire des Juifs en Tunisie
- Granas
Notes et références
- ↑ (en) William Marçais, « Algeria », sur Jewish Encyclopedia
- ↑ Flavius Josèphe, « Antiquités judaïques, XIV, 7, 2 », sur site de Philippe Remacle
- ↑ Bernard Allali, « La nécropole juive de Gammarth, Arts et traditions populaires des Juifs de Tunisie », 1994
- ↑ Richard Ayoun et Bernard Cohen, Les Juifs d'Algérie, Paris, JC Lattès, , p. 27
- ↑ Slouschz 1908, p. 283 en ligne, 273 sur papier
- ↑ Richard Ayoun, « Les Juifs d’Algérie. Au-delà des pressions officielles et des lobbies de mémoire », sur École normale supérieure, Lettres et sciences humaines,
- ↑ Histoire des Juis de Tunisie : des origines à nos Jour par Paul Sebag, 1991
- ↑ Ayoun et Cohen 1982, p. 73
- ↑ Richard Ayoun, « A l’arrivée des Juifs espagnols en Algérie : mutation de la communauté »
- ↑ (fr) [PDF] Claude Hagège et Bernard Zarca, « Les Juifs et la France en Tunisie. Les bénéfices d’une relation triangulaire », Le Mouvement social, no 197, avril 2001, p. 12
- ↑ http://books.google.fr/books?id=gu7Ndtx1VCoC&pg=PA88&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false
- ↑ http://www.moreshet-morocco.com/category/mariage-juif-a-mogador-en-francais-et-anglais/
- Haïm Zafrani (1922-2004), Deux mille ans de vie juive au Maroc : histoire et culture, religion et magie. Paris, 1998.
- Slouschz, Hébræo-Phéniciens et Judéo-Berbères, introduction à l'histoire des Juifs et du judaïsme en Afrique, Ernest Leroux, (lire en ligne)
- Portail de la culture juive et du judaïsme
- Portail d’Israël
- Portail du Maghreb