Cracheur de feu


Le cracheur de feu est une personne qui, en prenant en bouche un peu de liquide inflammable (eau de feu, pétrole désaromatisé, kerdane, petrane, ou autre) crache du feu qu'il « vaporise » en direction d'une torche. La flamme qui se produit donne l'impression de sortir directement de la bouche du cracheur. Cracher le feu est un des aspects des arts de rue et du cirque. Les bons cracheurs peuvent tenir une flamme plusieurs secondes d'affilée, cracher de véritables boules de feu, etc..
Dangers
Cette discipline est très impressionnante mais également extrêmement dangereuse :
- le premier danger est celui du risque de brûlure par la chaleur du feu ;
- le deuxième danger est celui de l'inflammation. Protection : vêtements ignifugés/ininflammables, protection des cheveux et des yeux, crème grasse autour de la bouche, etc, sont de rigueur ;
- les produits utilisés sont nocifs et ne doivent être avalés sous aucun prétexte. Se rincer la bouche à l'eau plusieurs fois après avoir craché est indispensable.
- la combustion des produits dégage des gaz ;
- les conditions extérieures : la force du vent et sa direction peuvent orienter la flamme et rendre tout craché de feu dangereux pour soi ou le public.
C'est pourquoi les cracheurs de feu professionnels finissent parfois par cesser cette pratique au profit de l'utilisation de lance-flammes dans le cadre de spectacles de feu. La performance est moins impressionnante mais plus saine et plus durable. Cela reste un instrument non réglementaire et fabriqué de manière artisanale, il persiste donc des risques, notamment en cas de fuite ou de mauvaise utilisation.

La torche et ses composantes

Généralement, la mèche au bout de la torche est faite de Kevlar, un produit très absorbant qui résiste très bien au feu. C'est pourquoi ce matériau est privilégié. À l'intérieur du bâton, on installe un petit morceau d'amiante ou un simple tourillon de bois, qui a pour fonction d'isoler le métal du feu en supprimant le courant d'air chaud à l'intérieur du tube afin que le papier agrippant ne fonde pas et que la main du cracheur ne se brûle pas. Aussi, la mèche est trempée dans le Kerdane, essorée, puis allumée.
Produits pouvant être utilisés pour cracher du feu
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Cacao, sucre glace ou farine
Moins efficace que l'eau de feu ou le kerdane, les poudres alimentaires ont la particularité lorsqu'elles sont dispersées d'être inflammables. Les flammes issues de poudre sont toujours dangereuses ; les risques de retour sont plus élevés qu'avec des liquides, car plus légers. Ces poudres sont très difficilement contrôlables et le risque de retour de flamme est élevé. Il ne faut donc pas les utiliser pour débuter. On notera que les brûlures sont aussi plus dangereuses (le sucre en fusion colle à la peau).
Eau de feu

L'eau de feu est un produit qui est moins irritant pour le cracheur car plus raffiné mais qui reste cher. La plupart des jongleurs utilisent du kerdane (pétrole désaromatisé). Il a l'avantage d'être moins onéreux. Son utilisation est spécifique au cracheur. L'eau de feu a la dangerosité d’être quasiment inodore ce qui fait que le cracheur ne sait pas s’il en a encore dans la bouche et l'avale. Il respire sans se méfier de ce produit qui parait plus inoffensif alors qu'il contient bien plus de produits nocifs nécessaires à son raffinage et finit par avoir des séquelles très graves aux poumons.
Le pétrole désaromatisé
Le Kerdane est un pétrole désaromatisé. L'ingestion éventuelle d'une petite quantité de Kerdane dans les poumons provoque une pneumopathie très grave pour le cracheur de feu.
Il est important de se laver les dents après avoir craché, et également de se doucher : en effet le kerdane est un produit nocif pour la peau et les muqueuses, pouvant notamment provoquer rougeurs et éruptions cutanées en cas de contact prolongé. Face au danger imminent que représente la flamme, le cracheur de feu n'est pas toujours conscient de l'extrême toxicité des vapeurs produites par celle-ci. De nombreux cracheurs ont vécu des épisodes de destruction pulmonaire suite à une respiration trop précoce après la pulvérisation. Quoi qu'il arrive, un cracheur inhalera toujours une bonne quantité des vapeurs toxiques produite par la flamme mais il est fortement conseillé de retenir sa respiration après la pulvérisation jusqu'à combustion complète de la flamme produite, afin de minimiser les risques d'inhalation trop importante de vapeurs.
Pour les cracheurs réguliers, il est extrêmement conseillé de faire une radio des poumons régulièrement et de se faire suivre par un médecin.
Paraffine liquide
Certains débutants utilisent la paraffine liquide, un produit moins dangereux et tout aussi efficace. Les seuls désagréments du produit : urticaire et diarrhée. Les symptômes disparaissent au bout de 2 à 4 jours. Un usage abusif peut également développer des allergies au produit. Normalement, ce produit sert à fabriquer des chandelles.
En France
En France, les arts pyrotechniques et notamment les cracheurs de feu sont peu répandus et une méconnaissance entoure leur pratique. La réglementation entourant cette discipline est quasi inexistante et se laisse englobée dans des textes généraux, comme pour les règles de sécurité lors d'une prestation. Deux types d'artistes sont présents dans le monde des arts pyrotechniques : Les professionnels présents en solo, sous forme de troupe ou associer à une structure plus large (cirque, entreprise dans l'événementiel) et les amateurs que l'on retrouve en association le plus souvent. Appartenir à une catégorie ou à une autre ne garantit pas la qualité du show ou la technique acquise par l'artiste, seulement certains ont décidé d'en faire leur métier et d'autres non.
En 2005, l’association BC Concept est créée dans le but de favoriser, développer et promouvoir l'art de cracher le feu et la jonglerie de feu. Elle se développe principalement à Paris mais peut avoir des activités partout en France[1].
Schisterâ, récente association, réunie plus de 20 cracheurs de feu, soit la plus grande association de cracheurs de feu en termes de nombre et assure des spectacles dans l'Est de la France[2].
L’association Nostra Sceïn s'occupe également de promouvoir cette culture « pyro-jonglistique »[3].
Un des plus anciens cracheurs de feu, toujours en activité[4].
Notes et références
- ↑ Site de l’association BC Concept
- ↑ Site de l’association Schisterâ
- ↑ Association de pyroperformances Nostra Sceïn
- ↑ « cracheur de feu »
Liens externes
- Portail des arts du spectacle
- Portail du monde chinois