Vers


Kanjis | Hiraganas | Rōmaji | Sens des paroles en français |
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色は匂へと |
いろはにほへと |
Iroha ni ho heto |
Le plaisir est enivrant mais s'évanouit |
Mètre quantitatif
Il n'est possible que dans les langues dont la prosodie comprend des oppositions de quantité (vocalique ou syllabique), comme le latin et le grec ancien. Les schémas métriques se décomposent alors en pieds élémentaires, construits sur l'alternance de positions syllabiques « lourdes » ou « longues » ( ¯) avec des positions syllabiques « légères » ou « brèves » ( ̆). Lorsqu'on « scande » un vers, on établit son schéma métrique et l'on s'efforce de le réciter en rendant ce schéma apparent.
Le mètre quantitatif n'est pas réservé aux langues indo-européennes anciennes (grec ancien, latin, sanskrit) : il se rencontre aussi dans des langues qui, comme l'arabe, connaissent des oppositions de quantité (voir Poésie arabe). Les oppositions de quantité qui subsistaient en français de la Renaissance ont aussi donné lieu à une poésie authentiquement quantitative, illustrée notamment par Jean-Antoine de Baïf. En revanche, c'est par abus de langage qu'on qualifie de pentamètre iambique un vers anglais relevant de la métrique accentuelle.
Comme c'est le cas dans les poésies gréco-latine et sanskrite , les métriques quantitatives ne tiennent en général aucun compte de l'accent tonique.
Principaux pieds élémentaires
Leurs dénominations sont empruntées au grec, qui nous a fourni l'essentiel du vocabulaire d'analyse poétique et rhétorique. On représente la position brève par le symbole ̆, la position longue par le symbole ¯. Dans la métrique grecque et latine, on considère qu'une longue équivaut à deux brèves, ce qui explique certaines des substitutions autorisées (par exemple ¯ ̆ ̆ → ¯ ¯), mais pas certaines autres (par exemple ̆ ¯ → ¯ ¯).
Pieds dissyllabiques
- pyrrhique ou dibraque : ̆̆ ̆̆ ;
- iambe : ̆ ¯ ;
- trochée : ¯ ̆ ;
- spondée : ¯ ¯.
Pieds trisyllabiques
- tribraque : ˘ ˘ ˘ ;
- anapeste : ˘ ˘ ¯ ;
- amphibraque : ˘ ¯ ˘ ;
- bacchée : ˘ ¯ ¯ ;
- dactyle : ¯ ˘ ˘ ;
- amphimacre ou crétique ¯ ˘ ¯ ;
- antibacchée : ¯ ¯ ˘ ;
- molosse : ¯ ¯ ¯.
Pieds tétrasyllabiques
- tétrabraque (ou procéleusmatique) : ̆ ̆ ̆ ̆ ;
- péon (trois brèves et une longue) :
- péon premier : ¯ ̆̆̆ ̆ ̆,
- péon deuxième : ̆ ¯ ̆ ̆,
- péon troisième : ̆ ̆ ¯ ̆,
- péon quatrième : ̆ ̆ ̆ ¯,
- épitrite (trois longues et une brève) :
- épitrite première : ̆ ¯ ¯ ¯,
- épitrite deuxième : ¯ ̆ ¯ ¯,
- épitrite troisième : ¯ ¯ ̆ ¯,
- épitrite quatrième : ¯ ¯ ¯ ̆,
- ionique majeur : ¯ ¯ ̆ ̆ ;
- ionique mineur : ̆ ̆ ¯ ¯ ;
- dispondée : ¯ ¯ ¯ ¯ ;
- diiambe : ̆ ¯ ̆ ¯ ;
- antipaste : ̆ ¯ ¯ ̆ ;
- choriambe : ¯ ̆ ̆ ¯ ;
- ditrochée : ¯ ̆ ¯ ̆.
Quelques mètres quantitatifs
Les vers se décomposent en mesures (ou « mètres »), dont chacune peut comporter un ou plusieurs pieds élémentaires. Ainsi, un trimètre iambique se compose-t-il de trois mesures comptant chacune deux pieds iambiques, un hexamètre dactylique de six mesures comptant chacune un pied dactylique. Du fait des substitutions souvent possibles (– → UU), le nombre de syllabe d'un vers donné, comme l'hexamètre dactylique, est variable (voir aussi sous scansion). De plus, comme dans le mètre syllabique, il existe des césures, localisées par rapport aux pieds. Comme son nom l'indique, une césure penthémimère intervient après le cinquième demi-pied (soit deux pieds et demi). Parallèlement aux termes grecs, il existe une terminologie latine. Un sénaire iambique, ou iambique sénaire, est un vers comprenant six pieds iambiques, et qui grosso modo, équivaut au trimètre iambique grec.
Les poésies grecques et latines, bien que très proches dans leur utilisation des mètres quantitatifs, divergent par certains aspects. On reverra pour chaque mètre à sa page pour une description détaillée :
- vers saturnien (vers national latin) ;
- mètres dactyliques, dont :
- hexamètre dactylique,
- pentamètre dactylique,
- mètres iambiques, dont :
- trimètre iambique,
- sénaire iambique,
- mètre trochaïque ;
- mètre logaédique ;
- mètre anapestique ;
- mètre péonique ;
- mètres anacréontique ;
- mètres éolien.
Cette liste est loin d'être exhaustive.
Regroupements de vers à mètres quantitatifs
Les vers peuvent être regroupés en systèmes. Dans ce cas, la répartition des syllabes longues et brèves se fait sur l'étendue de la strophe et non du vers seul. Par exemple, dans la poésie élégiaque ou lyrique, il est courant d'utiliser le distique élégiaque, strophe composée d'un hexamètre dactylique suivi d'un pentamètre.
Principaux systèmes :
- strophe saphique ;
- strophe alcaïque ;
- distique élégiaque.
Exemple grec ancien
Voici scandé le vers 75 du premier chant de l'Iliade, œuvre écrite en hexamètres dactyliques, comme le demande le genre épique. La césure est penthémimère. L'accent n'a aucune incidence sur le vers et les syllabes d'un pied donné ne font pas forcément partie d'un même mot (les pieds sont séparés par la barre droite, la césure est indiquée par deux barres obliques et les couleurs permettent de relier les syllabes d'un même pied) :
- Μῆνιν Ἀπόλλωνος ἑκατηϐελέταο ἄνακτος
Μῆ- | νιν | |
Ἀ- | πόλ- | λω- | νος | |
ἑ- | κα- | τη- | ϐε- | λέ- | τα- | ο | |
ἄ- | νακ- | τος |
¯ |
̆ |
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̆ | |
¯ |
¯ | |
¯ |
// | ̆ |
̆ | |
¯ |
̆ |
̆ | |
¯ |
̆ |
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̆ | |
¯ |
̆ |
Principaux systèmes :
- strophe sapphique ;
- strophe alcaïque ;
- distique élégiaque.
Exemple latin
Le vers national latin est le vers saturnien, dont on connaît encore mal le fonctionnement. Hormis ce vers spécifique, la métrique latine n'offre que très peu d'originalité par rapport à la métrique grecque[1]. Elle lui a en effet emprunté ce système, de même qu'elle a emprunté nombre de genres littéraires et artistiques à la Grèce. Les principales différences se trouvent dans les règles de scansion.
Voici un distique élégiaque d'Ovide (L'Art d'aimer, livre II, vers 197-198). Il se compose naturellement d'un hexamètre dactylique suivi d'un pentamètre.
- Cede repugnanti ; cedendo uictor abibis ;
- Fac modo, quas partis illa iubebit agas.
Ce- | de | re- | pug- | nan- | ti | ; | ce- | den- | do | uic- | tor | a- | bi- | bis | |||
¯ | ̆ | ̆ | | ¯ | ¯| | ¯ | // | ¯ | | ¯ | ¯| | ¯ | ̆ | ̆| | ¯ | ̆ |
Fac | mo- | do, | quas | par- | tis | il- | la | iu- | be- | bit | a- | gas. | ||||||
¯ | ̆ | ̆ | | ¯ | ¯ | | ¯ | // | ¯ | ̆ | ̆ | | ¯ | ̆ | ̆ | | ¯ |
Mètre accentuel
Dans certaines langues connaissant pourtant les oppositions de quantité vocalique, les pieds et les mètres sont définis par la répartition de l'accent tonique et non la quantité. C'est le cas en anglais : la syllabe accentuée joue le rôle d'une longue, les autres celui d'une brève. L'essentiel de la métrique anglaise, cependant, suit celle de la métrique classique (gréco-latine). Par exemple, le pentamètre iambique, l'un des mètres les plus utilisés en anglais, se présente ainsi (l'accent tonique est signalé par le gras, les pieds sont séparés par la barre droite) :
- Was this | the face | that launch'd | a thou|sand ships
- And burnt | the top|less tow'rs| of Il|ium?
- Christopher Marlowe, Dr Faustus
Samuel Taylor Coleridge est célèbre pour ses imitations en anglais d'hexamètres dactyliques gréco-latins dans son poème Hexameters.
Métrique allemande
Métrique russe
La poésie russe connaît [2] :
- deux mètres binaires : le ïambe et le chorée (ou trochée)
- trois mètres ternaires : le dactyle, l'amphibraque et l'anapeste.
- Exemple de ïambe (ямб) :
- Кого жалеть ? Ведь каждый в мире странник
- Kovo / jaliet' ? / Vied' kaj/dyï v mi/rie stran/nik
- Qui regretter ? Chacun ici-bas est un errant (Serge Essenine)
- Exemple de chorée (хорей) :
- Милый друг, иль ты не видишь
- Milyï / droug, il' / ty nié / vidich'
- Amie chère, ne vois-tu pas (Vladimir Soloviev)
- Exemple de dactyle (дактиль) :
- Тучки небесные, вечные странники
- Toutchki nie/biesnyïe, / vietchnyïe / stranniki
- Les nuages du ciel, les errants éternels (Mikhaïl Lermontov)
- Exemple d’amphibraque (амфибрахий) :
- Я к розам хочу, в тот единственный сад
- Ia k rozam / khotchou, v tot / iedinstvien/nyï sad
- Je veux voir les roses, dans ce jardin unique (Anna Akhmatova)
- Exemple d’anapeste (анапест) :
- Я сказал : виноград как старинная битва живет
- Ia skazal : / vinograd / kak starin/naïa bit/va jiviot
- J'ai dit : la vigne, elle vit comme un antique combat (Ossip Mandelstam)
Il existe en russe trois sortes de rimes :
- masculine (finale accentuée) ;
- féminine (pénultième accentuée) ;
- dactylique (antépénultième accentuée).
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
- Métrique (poésie)
- Poésie
- Vers brisés, Vers rapporté, Vers de mirliton, Vers libre
- Rime
- Scansion
- Strophe
- Cheville, un mot inutile au vers que l'on rajoute pour obtenir le bon nombre de syllabes.
- Quantité syllabique
Liens externes
- Métrique gréco-romaine
- Lexique et bibliographie sur la métrique antique gréco-romaine du groupe DAMON de l'Université de Lausanne
- Bibliographie de la métrique antique gréco-romaine de l'Université de Louvain, à Louvain-la-Neuve
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