Verbe
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Le verbe est l'une des classes grammaticales qui jouent un rôle majeur dans l'organisation de la plupart des phrases (Il existe en effet des phrases nominales dénuées de verbes ) . En mettant en relation, selon des règles morphosyntaxiques propres à chaque langue , les autres éléments constitutifs d'une proposition, le verbe en fait un ensemble signifiant dont il constitue le noyau. Il désigne plus particulièrement l'action ou l'état du sujet. La forme verbale peut se réduire à un radical ou lexème qui lui donne son sens: c'est toujours le cas des langues où il est invariable. Dans celles dotées de conjugaisons, le lexème est susceptible de se combiner à des morphèmes flexionnels ou désinences qui indiquent la ou les personnes grammaticales ainsi que le temps, l'aspect , le mode, la voix ou diathèse . Des verbes auxiliaires et semi-auxiliaires peuvent tenir dans certaines langues le rôle des morphèmes verbaux ou les compléter.
D'un point de vue sémantique la tradition grammaticale présente le verbe comme un mot traduisant un procès, en exprimant soit l'action accomplie (ex: Il regarde un film) ou subie par le sujet (ex: Il a été déçu par ce film), soit l'état (ex: Il est au cinéma) ou les modifications du sujet (ex: Il a changé d'avis).
La nature du verbe
Comme tout autre partie du discours, le verbe peut être envisagé sous trois aspects :
- morphologique : de quelles formes lexicales et grammaticales est-il composé ?
- syntaxique : Quel rôle joue-t-il dans une phrase et quelles relations entretient-il avec les autres constituants ?
- sémantique : À quelle réalité extralinguistique le verbe se réfère-t-il ? Quel point de vue du locuteur sur la réalité peut-il véhiculer ?
Les composants du verbe : radical et affixes
Le verbe est composé d'un radical, auquel s'ajoutent éventuellement un ou plusieurs affixes, porteurs de valeurs grammaticales. Dans la forme (nous) écouterions, écout- est le radical qui renvoie à la racine du mot et constitue la partie sémantique du verbe (le lexème), -e- est une voyelle thématique, -r-, -i- et -ons sont des suffixes de nature grammaticale (les morphèmes) qui indiquent, dans l'ordre, le futur, l'imparfait et la première personne du pluriel (Morphologiquement le conditionnel présent est un futur du passé) . Le changement ou la suppression d'un morphème exprimera un autre temps/mode (écout-ons), une autre personne (écouteri-ez), une autre catégorie grammaticale (écout-eur). La forme verbale (nous) détest-e-r-i-ons renvoie par son radical à une autre lexème, mais appartient par ses suffixes à la même catégorie grammaticale que (nous) écouterions.
Les affixes peuvent aussi être partiellement ou totalement remplacés par un verbe grammaticalisé qui s'ajoute au verbe principal et indique sa personne, son temps, son mode, son aspect, sa voix, cependant que lui- même prend une forme impersonnelle. Ces verbes qui permettent de conjuguer partiellement ou complètement un verbe s'appellent des auxiliaires et se rencontrent dans de nombreuses langues. Le français et toutes les langues romanes recourent ainsi aux verbes être et avoir pour compléter leurs conjugaisons et constituer des temps dits composés ou périphrastiques. Toutes les formes de la majorité des verbes basques sont formées d'un participe et d'un auxiliaire.
Le radical peut être fixe ou se présenter sous différentes formes dues à des évolutions phonétiques ou à des phénomènes d'analogie. Si ces formes sont apparentées, il s'agit d'un radical à plusieurs bases[1]. Ainsi le verbe rester a rest- pour seul radical, alors que le verbe venir a quatre bases : vien- (je viens), ven- (nous venons), vin- (il vint), viend- (je viendrai). Plus rarement, mais il s'agit de verbes très courants, certains verbes recourent dans leur conjugaison à des radicaux différents comme aller (je vais, nous allons, j'irai) ou le verbe être dans de nombreuses langues indo-européennes. Ces variations peuvent se manifester dans un seul et même temps comme les nombreuses modifications phonétiques des langues romanes, qui entraînent des irrégularités dans les conjugaisons, sans exprimer des valeurs grammaticales différentes. Ainsi, en espagnol, les formes pido (je demande) et pedimos (nous demandons) se réfèrent toutes deux au présent malgré la modification du radical.
Il en va tout autrement des différences de radical, spécifiques à certaines langues, qui reflètent des différences grammaticales. Par exemple, les verbes forts des langues germaniques distinguent par l'alternance vocalique d'origine indo-européenne, appelée ablaut, le présent, comme en allemand, ich finde (je trouve) du prétérit ich fand (j'ai trouvé) et du participe passé gefunden . De même, les variations vocaliques de la racine le plus souvent trilittère dans les langues sémitiques, procédure fondamentale de dérivation, traduisent des changements d'aspect- temps ou de voix. Par exemple en arabe : formes actives : عَلّمَ / ʿallama / il a enseigné ; يُعَلِّم / yuʿallim(u) / il enseigne ; formes passives : عُلِّمَ / ʿullima / il a reçu un enseignement ; يُعَلَّم / yuʿallam(u) / il reçoit un enseignement.
Tous les types d'affixes sont susceptibles de s'ajouter au radical pour le doter de traits grammaticaux. Les langues romanes recourent surtout aux suffixes, mais les préfixes, complétés ou non par des suffixes ne sont pas rares. C'est le cas de l'augment, voyelle précédant le radical à l'imparfait et à l'aoriste, a- en Sanskrit, ε- en grec ancien et pour certains verbes, en grec moderne : abhavat est l'imparfait de bhavati (il est) ; ἔγραψα / έγραψα (j'ai écrit) est l'aoriste de γράφω (j'écris) . Les marques de personnes de l'inaccompli (présent) de l'arabe sont aussi des préverbes auxquels s'ajoute un suffixe à certaines personnes : أقول /?aqull/ (je dis), préfixe: ?a-, تقول /taqull/ (tu dis, masc.), préfixe : ta- تقولين /taqullīn/ (tu dis, fém.), préfixe : ta- + suffixe -īn, يقول, /yaqull/ (il dit), préfixe : ya-, تقول /taqull/ (elle dit), préfixe : ta-. Certaines langues emploient aussi des infixes et des circumfixes.
Typologie du verbe
Le verbe est la catégorie grammaticale qui présente la plus grande variabilité, n'exprimant que son sens ou y ajoutant les valeurs les plus diverses. Voici l'équivalent en chinois et en turc de la phrase : « Tu ne pourras pas le faire attendre. »
你 不 能 让 他 等你 ní bù néng ràng tā děng ní | ||||||
bù | néng | ràng | tā | děng | ní | |
toi | ne...pas | pouvoir | laisser | lui | attendre | toi |
Onu bekletemeyeceksin | |||||||
Onu | bekle- | t- | e-me- | y- | ecek- | sin | |
lui accusatif | attendre | suffixe factitif | impossibilité | Voy.liaison | futur | 2°pers. sing |
Là où le chinois utilise comme le français trois verbes, mais sans indicateur de personne, de temps ou de mode,le turc recourt à une seule forme verbale composée d'un radical complété de cinq suffixes indiquant une causalité ( ou factitivité ) , une modalité négative ( le suffixe en'est utilisé qu'avec la négation pour exprimer l'impossibilité ) , un temps , une personne.
Globalement, les formes verbales reflètent les caractéristiques propres aux trois types morphologiques de langues :
- Dans les langues isolantes le verbe est invariable et ne se conjugue donc pas. Tel quel, il peut renvoyer à n'importe quel temps. La phrase en vietnamien : Tôi đi chợ mua gạo peut se comprendre je vais au marché acheter du riz, mais aussi je suis allé... ou j'irai. Les verbes đi (aller) et mua (acheter) n'expriment ni temps ni personne (indiquée ici par le pronom tôi). Le contexte peut être suffisamment explicite.
Rien ne le distingue morphologiquement d'un nom ou d'une autre catégorie grammaticale. Il est éventuellement complété par une particule, un adverbe pour préciser, si nécessaire, un aspect, un temps, une voix ou une modalité. L'expression du temps est souvent lexicalisée (comme c'est le cas en français dans Il part l'an prochain) . C'est par exemple le cas des langues chinoises, de la majorité des langues du Sud-Est asiatique - bien qu'elles appartiennent à des familles différentes -, des langues malaises, de certaines langues africaines comme les langues Mandé, l'ewé, le haoussa ou le yoruba. Le verbe aller en vietnamien đi, le verbe partir en ewé dzó se confondent dans tous leurs emplois avec leur racine.
- Les langues agglutinantes connaissent une relative stabilité du radical, mais à celui-ci s'ajoute un nombre plus ou moins grand de suffixes, comme on le voit dans l'exemple turc précédent. Ces affixes ne renvoient qu'à un seul trait grammatical et une caractéristique grammaticale est notée par le même affixe.
- Dans les langues synthétiques on rencontre des verbes couramment regroupés en diverses conjugaisons dont le radical ainsi que les marques d'accord, de temps, de modes, de voix comportent les mêmes variations. C'est le cas des langues indo-européennes.
Les groupes de verbes en français
Il existe un classement traditionnel des verbes français qui répartit l'ensemble des verbes en trois groupes.
- Groupe 1
Les verbes du premier groupe rassemblent tous les verbes ayant une terminaison à l'infinitif en « er » à l'exception du verbe aller. Les verbes du premier groupe ont un seul radical. Exemple : Chanter.
C'est le groupe le plus nombreux. Il est également le plus productif car tous les nouveaux verbes sont forgés sur son modèle (ex : débriefer, réinitialiser, etc) (à l'exception notable de amerrir, alunir)
- Groupe 2
Le deuxième groupe rassemble tous les verbes ayant leur participe présent finissant par « issant », à l'exception de maudire, qui appartient au troisième groupe (maudissant au participe présent).
Ils se terminent tous par ir (phonétiquement).
Exemple : Finir (infinitif), au participe présent : finissant ; Haïr (infinitif), au participe présent : haïssant.
Ce groupe compte plus de 300 verbes[2].
- Groupe 3
Le troisième groupe est très disparate. Il regroupe tous les verbes qui n'appartiennent pas au premier et deuxième groupe. Ce sont notamment tous les verbes avec une terminaison en « ir » qui n'ont pas la terminaison issant au participe présent, « re » et « oir ».
Exemple : Boire, dire, venir.
Groupes de verbes en anglais
Il existe un classement traditionnel des verbes anglais en divers groupes selon les modifications morphologiques opérées sur les radicaux des verbes. Ces verbes font partie des verbes dits irréguliers, cependant même les verbes dits réguliers (dont la conjugaison se fait en -ed) présentent une irrégularité dans leur prononciation de cette particule qui varie suivant les verbes.
- le groupe *eak *oke *oken
- break--broke--broken
- speak--spoke--spoken
- le groupe *i* *a* *u*
- drink--drank--drunk
- sing--sang--sung
- swim--swam--swum
- le groupe *and *ood *ood
- stand--stood--stood
- understand--understood--understood
- le groupe *ow *ew *own
- know--knew--known
- throw--threw--thrown
Les verbes en néerlandais
En néerlandais, tout comme en français, le verbe varie selon la personne, le temps, le mode, et la voix. De plus, selon la manière dont ils forment leur préterit et participe passé, les verbes néerlandais réguliers se font subdiviser en deux groupes principaux : les verbes « forts » (qui ont de l'apophonie dans le radical) et « faibles » (qui obtiennent le suffixe -d(e)(n) ou -t(e)(n)).
Les temps de l'Indicatif à la voix active
L'emploi des temps en néerlandais et l'emploi des temps français ne correspondent pas exactement entre eux. La dénomination des temps est très longue en néerlandais, les grammairiens et enseignants utilisent fréquemment les abréviations.
Voici la liste des temps :
- onvoltooid tegenwoordige tijd (ott) correspond en français au présent ;
- voltooid tegenwoordige tijd (vtt) correspond au passé composé ;
- onvoltooid verleden tijd (ovt) se traduit par l'imparfait ou le passé simple en français. Les grammairiens germanistes appellent parfois ce temps le « prétérit » ;
- voltooid verleden tijd (vvt) correspond au plus-que-parfait ;
- onvoltooid tegenwoordige toekomende tijd : futur ;
- voltooid tegenwoordige toekomende tijd : futur antérieur ;
- onvoltooid verleden toekomende tijd : conditionnel présent ;
- voltooid verleden toekomende tijd : conditionnel passé.
Autre classement de verbes
Les verbes défectifs
Un verbe est dit défectif lorsque sa conjugaison est incomplète : un certain nombre de temps, de modes ou de personnes sont inusités.
Il est important de noter que les verbes qui sont défectifs dans une langue ne le sont pas forcément dans une autre, par exemple pleuvoir est défectif en français mais pas en espéranto où l'on peut dire théoriquement mi pluvas (je pleus) alors que la forme est inexistante en français.
Français
Exemples :
- gésir
- (Sans coup) férir
- (s')ensuivre
- falloir
- déchoir
- seoir
- ouïr
- sourdre et deux de ses dérivés : absoudre, dissoudre
- frire
- traire et quatre de ses dérivés : extraire, soustraire, distraire, abstraire
- issir
- éclore
- émoudre
Accès aux dictionnaires (en ligne)
Anglais
Les verbes dits « défectifs » en anglais sont can, may, must, shall, will, ought, ainsi que dare et need dans certains de leurs emplois : ils ont une conjugaison incomplète, quatre d'entre eux n'ayant que deux formes, un présent et un prétérit (can (could), may (might), shall (should), will (would)), les autres ayant une forme unique.
On les dénomme également « auxiliaires de modalité » en raison de leur rôle d'auxiliaires. Ils ne prennent pas d's à la 3e personne du singulier du présent et ils se conjuguent sans do aux formes interrogative, interronégative et négative (ex : forme affirmative : He can ride a bike - forme négative : He can't ride a bike - forme interrogative : Can he ride a bike? - forme interronégative : Can't he ride a bike?).
Allemand
- regnen
- schneien
Les verbes pronominaux
Essentiellement pronominaux
Pronominaux réciproques
Références
Articles connexes
- Morphologie du verbe français
- Verbe d'état
- Verbe en néerlandais
- Le Train de nulle part : un roman de 233 pages écrit sans utiliser un seul verbe.
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