Péritonite
Classification et ressources externes
CIM-10 | K65 |
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CIM-9 | 567 |
DiseasesDB | 9860 |
MedlinePlus | 001335 |
eMedicine | med/2737 |
MeSH | D010538 |
La péritonite est l’inflammation du péritoine. La péritonite est une infection assez grave qui peut déboucher sur la mort si elle n’est pas traitée, car la surface péritonéale est interne ; les conséquences locales et générales sont donc très rapides. L’infection provient d’une suppuration ou d’une perforation du tube digestif permettant à des bactéries d’atteindre le péritoine. En fonction des moyens locaux et généraux de défense, trois évolutions sont possibles : la guérison, l’abcès, ou la péritonite.
Le syndrome péritonéal aigu
Signes fonctionnels
- Douleur abdominale d’installation brutale, dont le siège est fonction de la cause. Dans certains cas, on peut observer une irradiation scapulaire (douleur projetée dans la région de l’omoplate), mais le plus souvent cette douleur n’irradie pas. Douleur très intense, sévère, continue et exacerbée par tous les mouvements.
- Vomissements très fréquents.
- Arrêt du transit intestinal inconstant.
- Diarrhée
- Grande fatigue
Signes généraux
- Fièvre > 38,5 °C, en fonction de la cause et de l’ancienneté de la péritonite.
- Augmentation du pouls, pression artérielle normale ou basse.
- Altération de l'état général.
Signes physiques
- auscultation : abolition des bruits intestinaux normaux.
- inspection : le malade est pâle et figé, avec un faciès péritonéal, il a constamment soif et on n’observe pas de respiration abdominale (soulèvement de l'abdomen lors des mouvements respiratoires).
- palpation : le maître symptôme de la péritonite est la contracture abdominale qui est une manifestation involontaire de la paroi abdominale la rendant rigide (« ventre de bois »), tonique grâce à la musculature abdominale, permanente, invincible et douloureuse ; mais c’est un signe inconstant, la défense péritonéale étant plus fréquente.
- percussion : matité ou tympanisme.
- touchers pelviens : douleur vive et exquise[1] du cul-de-sac de Douglas.
Examens
- biologie : hyperleucocytose et signes d’hémoconcentration.
- radiographie : sur un cliché abdomen sans préparation (si possible en position debout ou assise, au pire en décubitus latéral, le patient étant allongé sur le côté) on pourra observer l’existence d’un épanchement aérique ou pneumopéritoine caractérisé par la présence d’air sous les coupoles diaphragmatiques. On pourra parfois aussi voir l’existence d’un syndrome occlusif paralytique caractérisé par une distension hydro-aérique de l’ensemble du tube digestif et/ou des niveaux liquides dans les anses digestives (images rectilignes horizontales, témoin de l’interface liquide-air et qui ne sont pas visualisées chez le sujet sain en raison du brassage permanent du contenu de l’intestin).
- échographie, scanner : non indiqués pour le diagnostic des péritonites, peuvent cependant apporter des renseignements quant à leur cause.
Formes cliniques
- La périhépatite est une péritonite localisée autour du foie.
Causes
Péritonite primitive
Infection spontanée du péritoine sans perforation d'un organe creux intra-abdominal :
- Infection du liquide d'ascite lors d'une cirrhose
Péritonite secondaire
Il s'agit des causes de loin les plus fréquentes, elles sont dues à la perforation d'un organe creux intra-abdominal :
- appendicite perforée ;
- sigmoïdite perforée ;
- perforation d'un ulcère gastro-duodénal ;
- perforation du grêle lors d'une maladie de Crohn ou d'un infarctus mésentérique ;
- cholecystite perforée ;
- infections gynécologiques compliquées ;
- à la suite d'une plaie pénétrante abdominale.
Traitement
Le traitement est avant tout chirurgical, associé à une réanimation adéquate. Un traitement médical isolé avec uniquement une antibiothérapie reste une exception, dans les cas sans rupture viscérale. (dictionnaire des maladies à l'usage des professions de santé)
Morts célèbres
- Louis-Charles de France, (1785-1795) héritier de la couronne de France
- Henriette d'Angleterre (1644-1670), mais cette dernière est contestée par de nombreux scientifiques.
- Alexandrine Le Normant d'Étiolles (1744-1754), fille de Madame de Pompadour.
- L’écrivain américain Sherwood Anderson (1876-1941) est mort d’une péritonite à la suite de l’ingestion d’un cure-dent tombé dans son verre de martini.
- Piet Joubert (1834-1900), général boer.
- Jack Darragh (1890-1924), joueur de hockey sur glace canadien, vainqueur de quatre Coupes Stanley, mort due à la rupture de l’appendice.
- Jean Lorrain (1855-1906), écrivain français à très forte tendance parnassienne, mort d’une péritonite des suites d’un lavement.
- Harry Houdini (1874-1926), prestidigitateur.
- Agnès Souret (1902-1928), première Miss France.
- Évariste Galois (1811–1832), mathématicien français, mortellement blessé lors d'un duel au pistolet[2]
- Octave Crémazie (1827-1879), écrivain et poète Québécois.
- Vladimir Arnold (1937-2010), considéré comme l'un des plus grands mathématiciens du XXe siècle.
- Christian Benítez (1986-2013), footballeur équatorien[3].
Notes et références
- ↑ « Douleur exquise (méd.) : douleur vive et nettement localisée en un point très limité », dans « Exquis » sur le site du CNRTL
- ↑ Antoine Chambert-Loir, Évariste Galois, révolutionnaire et géomètre, p. 13.
- ↑ (en) Ed Malyon, « Former Birmingham City forward Christian Benitez dies, aged 27 », The Mirror, (lire en ligne).
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