Deucalion fils de Prométhée

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Dans la mythologie grecque, Deucalion (en grec ancien Δευκαλίων / Deukalíôn), fils du Titan Prométhée et de Pronoia (ou de Clymène selon les traditions), est le seul survivant, avec sa femme Pyrrha, du Déluge décidé par Zeus. Ils ont pour enfants Hellen, Amphictyon, Protogénie, Pandore et Thyia.
Réfugiés sur le mont Parnasse, ils reçurent l'ordre de l'oracle de Thémis de jeter derrière eux les os de leur grand-mère afin de repeupler la terre. Comprenant qu'il s'agissait de Gaïa (la Terre), dont les pierres sont les os, ils ramassèrent des pierres et les jetèrent derrière eux : celles que jetait Deucalion se changèrent en hommes, et celles que jetait Pyrrha, en femmes. Cette fable paraît fondée sur le double sens du mot grec laos, qui signifie à la fois pierre et peuple.
Dans la culture
Le mythe de Deucalion est cité par Emmanuel Levinas dès Totalité et Infini, afin de critiquer l'idée aristotélicienne d'une société qui serait créée par la réunion naturelle de plusieurs familles, ou par une appartenance à un genre humain, mais bien plutôt par la rencontre du visage de l'autre qui est par soi signification et expression de l'humanité :
« Le statut même de l'humain implique la fraternité de l'idée du genre humain. Elle s'oppose radicalement à la conception de l'humanité unie par la ressemblance, d'une multiplicité de familles diverses sorties de pierres jetées par Deucalion derrière son dos et qui, par la lutte des égoïsmes aboutit à une cité humaine. »
— Totalité et Infini, p 236
Dans le second de ses deux ouvrages majeurs, Autrement qu'être au-delà de l'essence :
« Tous les autres qui m'obsèdent en autrui, ne m'affectent ni comme des « exemplaires » du même genre réunis avec mon prochain par ressemblance ou par communauté de nature individuations du genre humain ou fragments du même bloc telles les pierres métamorphosées en homme par Deucalion et qui, derrière son dos, devaient s'agglomérer en cités avec leur cœur de pierre[1]. »
Emmanuel Levinas permet de penser la société autrement que comme agrégat d'individus qui prennent sens par leur agrégation. La société ne se construit pas comme une cité où chaque individu constituerait une pierre mais sur une relation de visages. Elle rassemble des cœurs de chair dont les relations - diachroniques - sont irréductibles à une construction synchronisée dans un espace.
Source partielle
Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Deucalion fils de Prométhée » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (Wikisource)
Notes et références
- ↑ Édition Le livre de poche, p. 247.
Articles connexes
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